Acte II, scène vu
Cet extraordinaire effet de chromatisme rappelle celui que Rameau avait employé dans le chœur des Spartiates de Castor et Polhix'.
Au 111" acte, alors que Clytemnestre croit assister au cruel sacrifice , l'orchestre s'associera aux angoisses de la mère; il s'arrêtera, comme suffoqué, et une figuré, vraiment palpitante dans son réalisme brutal,
frémira comme de la chair humaine torturée.
Enfin, à ce même 111° acte, l'air fameux de la colère d'Achille ne produit tant d'elfet qu'en raison des contrastes de timbres que Gluck a savamment ménagés entre l'air d'Iphigénie qui précède et que soutiennent seulement le quatuor et les cors, et les rugissements d'Achille qui déchaînent les flûtes, les hautbois, les hassons, les cors, les trompettes et les timbales, en un mot, toute la masse instrumentale appliquée à dessiner un vigoureux thème guerrier-. Notons, au point de vue instrumental, la première introduction, à l'orchestre, de la grosse caisse, dans le délilé de l'armée grecque qui termine l'ouvrage'.
Gluck s'est rarement livré à la musique descriptive*, et lorsqu'il l'a fait, il a généralement obéi à une intention comique ou ironique, comme dans la Rencontre iini>rcvw, par exemple. Mais, sans s'attacher à des elfets strictement imitatifs, il procède parfois à de véritahles tianspositions symboliques, utilisant une peinture matérielle pour marquer plus fortement une situation psychologique. Telle nous apparaît l'intervention de l'orchestre au l'"' acte d7phigcnie en Aulklc, dans l'air d'Agamemnon : <i En vain vous promettez de nous être propice, » où, semble-t-il, pendant que le roi adresse ses plaintes à la Déesse, des rafales de vent bouleversent la symphonie. Par les dessins puissants qui se soulèvent dans la masse instrumentale, le Chevalier a, sans doute, voulu donnei' une transcription plus énergique de l'ardente prière du souverain.
Avec Armide''', Gluck abandonne les fables de l'antiquité grecque pour mettre en musique une sorte de drame romantique tiré de la Jérusalem délivrt'e du Tasse, et situé dans « le monde irréel et charmant des conteurs médiévaux ». Il avait commencé à y travailler à Vienne, en 1775, et l'opéra était achevé au mois de juillet 1777. Les répétitions commencèrent aussitôt, et le Chevalier déclarait à la reine
iplc (le la persistance de l'esthélique du l'usage de la suite ctiromatîque des-
ivcrture d'Jphi-
i. On peut voir xv.i. siuclc, en ce ccndante.