‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 139 sur 364 · J. Tiersot, Gluck, p · texte numérisé non relu

J. Tiersot, Gluck, p

4. Il convient toutefois de remarquer que, dans la Semiramide rj nosciuta, on constate, de-ci, de-Iâ, une tendanc mentale (Cf. l'ouvrage de M. Reissmann). l)c pli génie en Tauride témoigne d'intentions dcscripti

Marie-Antoinette que « vraiment ce serait superbe » ^. Dans cette nouvelle tragédie lyrique, Gluck s'en tenait à l'ancien livret de Quinault, dont, selon Marx, il anima seulement les inexpressives poupées''-

Armide utilise un grand nombre de morceaux des opéras italiens de Gluck. L'ouverture reproduit celle de Telemacco, sujet assez analogue, puisqu'il met en scène les artifices d'une magicienne semblable à Armide. Au !"■ acte, Gluck emploie le deuxième mouvement de l'ouverture de Tetide, dans l'air d'Hidraot : « Pour vous, quand il vous plaît; » le II" acte présente sous la forme du duo : ■■ Esprits de haine, » la cinquième version d'un thème datant de 1744 [Sofonisba), et que le musicien avait déjà employé quatre fois. Toute la scène de la Haine (1II« acte) se hàtit au moyen de fragments provenant de Tigrane", d'Ippolito, de Telemacco, et le sublime monologue : « Oh ciel! quelle horrible menace! » utilise un rythme obstiné des seconds violons extrait de Paride e'< Elena. Enlin, dans les actes suivants, prennent place des fragments de ÏInnocenza giustificata, d'Antigono^, etc.

Mais Gluck ne s'est pas seulement souvenu ici de lui-même; il s'est encore souvenu de V Armide de Lulli : (( En guise d'hommage à Lulli, écrit M. Gevaerl, Gluck, à certains endroits de son Armide, rappelle soit un rythme, soit un ton, soit un dessin mélodique employé à l'endroit correspondant de l'œuvre de son prédécesseur'". » On peut citer notamment : c( Dans un jour de triomphe, » au I"' acte, et : « Venez, venez, Haine implacable, » au III"^.

L'ouverture d'Armide débute par une phrase en forme de marche, à laquelle succède une deuxième idée relativement peu intéressante et rappelant encore le style de Sammartini. Le ton de l'ouverture est celui d'ut majeur, et la forme est toujours celle d'une Honate.

Au point de vue de la construction tonale, le III" acte, celui de la Haine, apporte l'exemple de l'extension à tout un acte du système employé pour la scène lyrique. Ici, Gluck établit son acte en suivant les lois tonales qui régissent la symphonie. Il commence en sol majeur et termine dans le même ton, après avoir mis en œuvre une série de tonalités logiquement enchaînées. C'est ainsi que l'invocation de la Haine par Armide fait apparaître le ton de fa majeur plus déprimé que le Ion initial, et qui s'assombrit encore en mineur, marquant par là les regrets et les hésitations de la magicienne. L'arrivée de la Haine s'accompagne du surgissement de la tonalité de la majeur, qui s'adoucit en mineur dans la bouche d'Armide, et redescend en ré majeur pour

de n de Gluck l,Eevue des Beu.

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