‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 154 sur 364 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Histoire et ftecliercfie des Antiquités de la ville de Paris, par U. Sauvai, avocat au Parlement, 1733. Sur les Foires, on consultera, outre Sauvai indiqué ci-dessus ; Loret, la Foire Saint-Germain (dans

Ces deux foires avaient chacune un caractère dillércnl, qui résultait un peu de leurs clientèles respectives. Ainsi, la foire Saiiit-(ierinain, où fréquentaient l'aristocratie et les étudiants, brillait d'un plus vif éclat que la foire Saint-Laurent, située dans un quartier plus démocratique et plus bourgeois. Mais qu'il s'agît de la foire de carême ou de la foire d'été, il était évident que le spectacle forain devait, tôt ou tard, tenir lieu de berceau à un nouveau genre dramatique. A la fin du xvu" siècle, il y avait, en effet, une sorte de divorce entre les mœurs réelles et celles qu'on affichait en façade. La tragédie classique se mourait, et la comédie laissait le spectateur froid; on demandait moins d'abstractions et plus de vérités contingentes : <( La comédie, écrit M. Barberet, se sentait attirée vers la ville et les champs, vers le monde des bourgeois, des artisans et des paysans. La noblesse elle-même, qu'une sorte de réaction et de libertinage inclinait aux vulgarités delà vie plébéienne, la poussait dans cette voie. De là l'ancien théâtre italien, de là Dancourt, de là le théâtre de la Foire*. »

Jusqu'en 1697, les foires ne donnent guère tisile qu'à des danseurs de corde, à des acrobates, à des marionnettes et à des montreurs d'animaux savants'. Cependant, une troupe célèbre de vingt-qualre baladins, dirigée à la foire Saint-Germain par les frères Alard, avait eu l'idée d'encadrer ses cabrioles de petites scènes dialoguées, dans le genre de nos entrées de clowns. Ceci se passait en 1678, et le divertissement farci d'acrobaties, dont Charles et Pierre Alard régalaient le public, s'appelait les Forces de l'Amour et de la Magie, (c C'est, dit M. Albert, le premier type littéraire des comédies foraines. » Ingénieux mélange de gymnastique, d'escamotage et de comédie nai-ve, la pièce présente deux faces révélatrices, l'une de sa modeste origine, l'autre des ambitions que réalisera l'avenir. Mais une pareille innovation ne pouvait se produire sans éveiller les susceptibilités de la Comédie française, qui engage alors contre les forains une guerre sans merci. D'un autre côté, les Forces dt l'Amour et de la Magie ne contenaient pas seulement du parlé; quelques lazzi, quelques couplets lestement troussés, s'y étaient glissés, et voilà que l'Opéra, à son tour, va prendre ombrage des maigres fredons qui retentissent sur les tréteaux. Fort de son privilège, il autorisera bien « les sauts accompagnés de quelques discours », mais à la condition expresse qu'on n'y chantera, ni dansera ailleurs que sur la corde'.

Ainsi, le spectacle forain se trouve en quelque sorte placé entre l'enclume et le marteau, entre la Comédie et l'Opéra. Pour ne mécontenter personne, il sera donc assez naturellement amené à adopter un caractère mixte, à mélanger la déclamation et la musique.

La jalousie de la Comédie française s'accentue à l'égard des Forains, à partir du moment où, les comédiens italiens ayant quitté Paris (12 mai 1697), les bateleurs de la foire se transforment en acteurs".

les poésies burlesques) (1646), la Gazette du même, du 27 août 10C3 ; llancourt, la Foire Saint-Germain (1696), et Hurtaut, Dictionnaire historique de la ville de Paris, 111 (1779). .Nous ne signali-rons que pour mémoire la Foire Saint-Ovide, qui se tenait place Vendôme, du 15 août au 15 septembre.

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