‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 155 sur 364 · Barberet, Lesaqe et le Théâtre de la Foire, p · texte numérisé non relu

Barberet, Lesaqe et le Théâtre de la Foire, p

5. On sait, en particulier, qu'uu singe fameuï, le singe de Brioché, s'y distingua,

G. Font, loco cit., p. 52, Depuis le 21 octobre ICSO, les acteurs de l'Hôlel de Bourgogne et ceux du théâtre Guénégaud, réunis en une seule troupe, avaient le monopole des pièces ou comédies récitées.

7. On sait que l'expulsion dos Italiens résulta de l'annonce, Taite par eux, d'une pièce intitulée la Fausse Prude, qui visait directement M»* de

Alors, ce ne sont que condamnations, appels au Parlement, chicanes de toute nature'. Les Forains reçoivent l'interdiction déjouer des pièces, mais ils sarrangent aussitôt pour ne représenter que des scènes détachées, qui se voient interdites en 1704.

En février 1707, les comédies, colloques et dialogues tombent sous les prohibitions de la puissante compagnie. Seulement, il reste les monologues, et les pauvres persécutés ne manqueront pas de saisir cette échappatoire. Lorsque deux interlocuteurs sont en présence, l'un parle tout haut, tandis que l'autre répond à voix basse; c'est ce que les bateleurs appellent II l'art de parler seul inventé par la Comédie française 2 >'. Mais le subterfuge ne donne point satisfaction à celle-ci; elle accumule procès-verbaux et requêtes; elle fait démolir les loges des Forains et les réduit à la pantomime. Alors, ils se vengent en parodiant les gestes de ceux qu'ils appellent plaisamment les Romains, et, en même temps, ils s'efforcent d'agrandir, dans leurs spectacles mutilés, la place attribuée aux danses, aux jeux et aux chansons.

Restait à s'assurer contre l'hostilité de l'Opéra; c'est ce que firent, en 1707, Alard et la veuve de Maurice Von der Beck'; ils s'abouchèrent avec le directeur de l'Académie royale de musique, Guyenet, et demandèrent l'autorisation de chanter dans les divertissements.

Guyenet, qui était fort mal dans ses affaires, ne laissa pas échapper l'occasion qu'on lui offrait de se procurer quelque argent; il vendit à Alard et à la veuve Maurice « le droit de faire usage, sur leur théâtre, de changements de décoration, de chanteurs dans les divertissements, et de danseurs dans les ballets (17(18) ».Tout semblait donc aller au mieux, mais les Comédiens français ne devaieut pas tarder h se retourner contre Alard. Le 17 avril 1700, sur requête de la Comédie, défense est faite à l'Opéra « de donner la permission aux danseurs de corde et autres gens publics dans Paris, de chanter des pièces de musique entières ni autrement, de faire aucun ballet ni danses, d'avoir des machines, même des décorations, même de se servir de plus de deux violons ». Guyenet s'exécute, et signifie à Alard l'interdiction qu'on venait de lu( adresser*.

Que faire? C'est alors que les Forains inventent d'abord le système des cartons, sur lesquels étaient inscrits les rôles, cartons que les acteurs tiraient de leurs poches, au fur et à mesure des besoins, et qu'ils exposaient aux yeux des spectateurs. On lisait ainsi ce qu'ils ne pouvaient déclamer.

Comme ce système était aussi encombrant que défectueux, on ne tarda pas à lui en substituer un autre. En 17U, les acteurs d'Alard, dans une pièce intitulée Femme juge et partie, abandonnèrent complètement le procédé des cartons. Au moment voulu, deux enfants, habillés en Amours et suspendus en l'air, laissaient descendre du cintre des pancartes portant le nom du personnage en scène et le couplet qu'il aurait dû prononcer; l'acteur n'avait plus alors

Mainlenon. (Cf. rinlroduction de la réédition des Mémoires de Monnet, par H. d'Alm6ras, p. 22.)

1. Toutes ces querelles ont été résumées par M. Campardon dans son Théâtre de la Foire, t. Il, p. iïo cl suiv,

2. On lira, dans l'Appendice .|ui termine l'ouvrage de M. Barberet (p. 232, 233), la déclaration d'un commissaire de police qui constate,

ou d'une aelrice qui parlent sans adresser la parole à personne, et l'autre d'un acLcur ou d'une actrice qui parlent et adressent la parole à d'autres, sans qu'on leur réponde ».

3. Moritz ou Maurice Von der Beck était élève de Charles Alard.

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