Cf. Barbcrel, loco cit., p
2. Le timbre des Trembleiira d/sia est toujours très ingénieusement .ijusto dans le théilre de Lesage. Voici deme icmplcs de son adaptation aux situalious; nous les empruntons à la Grand' Miire amoureuse (l'Jli). Au 11» acte, scène ir, lorsque Cybele dit à Atys et à Sang.iride :
o Venez chercher le supplice, » ce timbre s'ajuste très bien aux paroles nouvelles. Un peu plus loin, lorsque les Apothicaires ont poursuivi Atys avec leurs seringues, et lui ont donne la Phrétiésie, Atys tout ému chante sur l'air des Trembleurs : « IJuelle vapeur m'environne! » La Graitd'M'jre ajnoureuse est une parodie de lAtf/s de Lulli.
elle incombait le soin de traduire clairement, non | seulement les sentiments simples, gaieté, amour, i tristesse, etc., mais encore des sentiments plus com- j plexes, et il y avait souvent une grande ingéniosité dans le choix de tel ou tel vaudeville. Intentions rythmiques et tonales, sens de l'imitation et de la | raillerie, tout un ensemble de finesses et de subtilités s'exprimait par des moyens presque élémentaires. i
Ces moyens obéissaient à des règles essentielles, i fondées sur l'analogie et le contraste : « Par l'analogie, explique M. Barberet, on arrive à des effets plus justes, el, dans ce cas, la musique renforce les paro- ! les; par le contraste, au contraire, on arrive à des effets plus piquants, souvent comiques, on touche à la parodie, à la caricature'. » Aussi, le même auteur ; peut-il écrire : « Avec Lesage, la valeur musicale commence à entrer en ligne de compte dans le succès et dans l'appréciation d'un opéra-comique^. »
Les couplets à fredons, sous la main de Lesage, se morcellent, se coupent, s'émiettent en dialogues justes et vivants; les chanteurs se passaient de l'un à l'autre, avec la plus grande aisance, des fragments de fredons, el on eu venait à s'exprimer le plus facilement du monde par ce procédé.
On conçoit donc l'attachement que le théâtre de la Foire conservait ù l'égard de ce vieux matériel mélodique si expressif et si plastique. Aussi, faisait-on quelque difficulté à admettre los airs nouveaux que, peu a. peu, les compositeurs attitrés de rOpéra-comique cherchaient à introduire parmi les fredons. A*ce point de vue, la pièce des Couplets en procès, jouée en 1730 à la foire Saint-Laurent, présente le plus vif intérêt. Nous y voyons, en effet, le Menuet et la Munetle. couplets nouveaux qui, associés au Cotillon, à la Contredanse, au Tambourin et à la Loure, viennent s'opposer aux vieux airs figurés par Flon-fion, le Mitron de Gonesse, Marotte mignonne, Pierre Bagnolet, la Belle Digitedon, le Traquenard, Grisélidis, etc.^.
Flon-flon et les vieux fredons demandent à être maintenus dans la possession où ils sont de débiter leur marchandise à l'Opéra-comique, et cela, contre les nouveaux aij-s qui.les ont fait assigner à la Basoche du Parnasse pour avoir à « vider les lieux ».
C'est maître Grossel qui plaide pour les vieux couplets, tandis que les airs nouveaux sont représentés à la barre par M" Couffin. Or voici ce que déclare M'= Grossel :
ic Pour bien apprécier les Airs nouveaux, ils ne sont bons, à l'Opéra-comique, qu'à délasser l'esprit de l'attention qu'il a donnée aux vieux couplets qui sont chargés de l'essentiel : Je veux dire, du soin important d'exprimer les passions. »
Mais un Zoii-:on
Un Ha, t'oyez donc.
Qui ctiante une pensée,
Bien sensée, Est toujours de saison '.
). Barbei-cl, luco cit., p. 94.