‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 168 sur 364 · A. Ilc.llianl. la Foi, i. T. IX. Pièce jouùo à · texte numérisé non relu

A. Ilc.llianl. la Foi, i. T. IX. Pièce jouùo à

ENCyCLOFÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.XXAinE DU CONSERVATOIRE

intimement à l'élément spectacle et à l'élément mer- ; veilleux. Parfois aussi, elle précise son expression en s'associant étroitement à l'action. Nous allons citer quelques exemples qui mettront en lumière ce rôle multiple de l'oichestre.

Au moment où, dans la Foire de Guibray, Arlequin s'avance en dansant, « on entend un bruit de timbales et de trompettes' »; dans la Princesse de Carizine, les danses joyeuses d'Arlequin s'accompagnent dune symphonie de violons et de hautbois-.

S'agil-il de faire apparaître Pallas? Les trompettes et les timbales entoureront de leur musique l'arrivée de la déesse^. C'est encore l'orchestre qui annonce la descente de Cybèle dans la Graiid'Mère amoureuse'', et celle de l'Amour dans le Remouliir d'Amour''. La Foire des Fèes'^ met en présence la Fée doyenne et la Fée Amphionne, à laquelle la Fée doyenne demande de faire l'ouverture de la Foire. On entend alors le son des timbales, des trompettes et des hautbois, cependant que la Fée Amphionne chante une cantate de Mouret : « Venez, rassemblez-vous, chalands. » Cette cantate, fort développée, comporte de très nombreux épisodes symphoniques. Ainsi, le personnage mythologique, le personnage de féerie, surgit dans un nimbe sonore qui le caractérise. De même, le personnage symbolique ou métaphysique s'accompagnera presque toujours d'une intervention de l'orchestre. C'est ce qui se produit au moment de l'entrée en scène d'un « Plaisir », dans les Arrests de l'Amour; on entend alors résonner « une symphonie douce ». C'est ce qui se produit encore dans le Mariage du Caprice et de la Folie''. Là, lorsque Iris va frapper à la porte du temple du Caprice, trompettes et tim-

bales retentissent bruyamment, et l'orchestre ne manque pas de souligner l'entrée en scène d'êtres métaphysiques comme la Nature et la l'olie. Des personnages sont-ils amenés d'une façon originale, inusitée, sur quelque machine, par exemple, la symphonie s'associe à leur entrée en scène. On en trouve un bon exemple, au moment où Pierrot et Jacquot apparaissent sur un char comique dans ['Industrie^. Le sentiment combatif qui règne dans l'Opt-ra-Comiqiie assiégé^ se traduit par la marche des Dragons, battue sur le tambour et reprise par l'orchestre. Il est même des cas où l'orchestre devient pittoresque, où l'exotisme s'elTorce de le pénétrer; de semblables tendances s'observent dans quelques pièces orientales telles que la Princesse de la Chine '». Là, on adjoint à l'orchestre habituel des instruments spéciaux et on essaye, bien timidement, il est vrai, de faire un peu de couleur locale. 'Voici, par exemple, undéfilé durant lequel « l'orchestre joue une marche triste, accompagnée par des clochettes et des tambours chinois ». 11 ne s'agit de rien moins, du reste, que de conduire le Prince au supplice, et puisqu'on est en Chine, les

I clochettes s'imposent de toute nécessité. On retrouve ces clochettes un peu plus loin, où elles accompa-

I gnent un sacrifice de Bonzes".

Il ne faudrait pas croire, toutefois, que l'exotisme

! musical soit bien caractérisé à la Foire; il n'y est pas plus marqué qu'à l'Opéra, et revêt les mêmes dehors arbitraires et conventionnels que dans la tragédie lyrique. Voici un exemple qui permettra d'en juger : c'eslV Air chinois qui figure à la table des airs du

, tome 1 du Théâtre de Lesage, sous le n" 157 :

Ho là He Ho - la ch

et dont la chinoiserie apparaît plutôt approximative. De même, un « Calender », dans les Pèlerins de la

Mecque, p

■étend chanter en turc une chanson com-

posée par Mahomet.

Quoi qu'il en soit, la symphonie de l'opéra-comique se propose encore un but descriptif, tout comme celle de l'opéra. Les scènes pastorales, les tempêtes, les ports de mer, revendiquent sa participation. Aussi l'orchestre jouera-t-il une Musette, à l'occasion du débarquement des Pèlerins et des Pèlerines de Cythère, dans le Remoideur d'amour ^^. Les paysanneries, qui deviennent très fréquentes et que s'assimilera l'opéra-comique moderne, entraînent rexécution d'une musique appropriée dans laquelle dominent les instruments pastoraux et les airs champêtres. La série des pièces paysannes s'ouvre, en 1726, avec VObslaclc favorable, et les Biaise et les Lucas font retentir la scène de leur langage spécial : « Morgue ! Je nous gaussons, » etc. Dans la Pénélope modernc^^ , le vaudeville du premier acte est précédé par une Musette chantée par une fileuse et par un air chanté

t. Scène iv, p. 102.

». Sctae vin, p. 128.

3. Le Jurjement de Paris (foire Sainl-Lauroiil), 1718, t. III, scène vu,

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