i. Ticrsot, loco cit., p
10. .Mémoires, de Monnet, t. I,cli. vu (carton AA des papiers de Favart, à l'Opéra, cité par M. Font, loco cit., p. 121, en note). A l'orches. trc, était attaché un copiste de musique.
It. Voir, sur tous les détails do cotte suppression, l'introduction delà réédition des Mémoires de Monnet par H. d'Alméras, p. 3G et suiv.
12. J. Bonnassies, les Spectacles forains et la Comédie française, p. 51. Monnet payait lî.OOO livres pour les trois premières aanées, et 15.000 livres pour les trois dernières.
comédie-vaudeville, el examiner de quelle façon il traitait ce genre.
La pièce s'ouvre par une exposition rapide et «laire; puis, vient une intrigue solidement nouée, ne se dispersant jamais, et mettant en scène des personnages à la fois villageois et ingénus, et dont la seule raison d'être consiste dans le plaisir qu'ils se donnent. Ces personnages sont, par définition, des amoureux, mais l'amour qui les possède n'a rien de l'amourpassion et n'entraîne jamais d'incorrectes catastrophes; il est un prétexte à dissertations galantes et lardées, à équivoques tracées d'une main légère et ipii n'insiste pas.
Ces personnages chantent des couplets habilement
répartis dans le dialogue, couplets qui occupent une place prépondérante, et qui interviennent toutes les fois qu'un sentiment se fait jour, ou que la situation frise l'équivoque. Nous voilà donc assez prés de l'opéra-comique.
L'œuvre de Favart ne comprend pas moins de huit cents fredons; dans cet énorme répertoire, Favart pi'atique le plus judicieux des choix, et s'entend à merveille à approprier les timbres aux situations et à la condition des personnages. S'agit-il d'un paysan balourd, on chantera {le Coq de village, 174.3), sur un timbre très expressif, très caractéristique, d'une allure embarrassée : « Mon berger, je ne puis sans vous » :
d'un p
gras, Ac coinpa gne
Voyez comme ces blanches appuyées sont pesantes '. S'agit-il, au contraire, de rendre la vivacité du caquet d'une commère, ou bien de traduire une querelle de ménage, Favart choisira des timbres plus agités, à figuration plus leste et plus diversifiée, en même
temps que le vers se raccourcira, entre-choquant ses rimes en un amusant tintamarre. Voici un exemple de ces fredons alertes. 11 est tiré des Ikiteliers de- Sainl-Cloiid (1743) :
on. Hors de sai son,
quoi bon?
chante M"° Thomas, en querellant son mari. L'accumulation des croches répétées à la tonique et à la sous-dominante, qui fournissent deux intonations à la colère de la mégère, est d'un effet excellent. Aussi, Parfaict peut-il dire avec raison : « Le choix des airs dans les pièces où on fait usage du vaudeville est un des endroits par lesquels M. Favart s'est principalement distingué-. » Amenée à ce point par Favart, la comédie vaudeville préparait le terrain pour une nouvelle forme lyrique. Elle avait affiné l'éducation du public, rendu, désormais, apte à apprécier un genre de ton plus relevé; ses progrés ouvraient sa succession. Ce fut l'opéra-comique qui la recueillit.
Justement, et comme à point donné, un événement musical venait révolutionner Paris et allait, sinon déterminer, du moins hâter la substitution des ariettes aux vaudevilles. Le 4 octobre 174-6, la Comédie italienne représentait la Serva pndrona de Pergolèse; bien que le grand public ne fût pas préparé, cette représentation causa dans le monde delà critique une sensation considérable, et lorsque l'Opéra voulut reprendre, six ans après, un opéra de Destouches, Omphale, Grimm publia son premier pamphlet contre