‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 172 sur 364 · Zeitsihrift (le 17. M. G., mai 1803, p · texte numérisé non relu

Zeitsihrift (le 17. M. G., mai 1803, p

4. Sur la Querelle des Bouffons, oo consultera à la Bibliothèque

la musique française. Ainsi naissait et se propageait une grande agitation, pendant laquelle l'Opéra s'avisa de mander la troupe italienne de Banibini et de la faire débuter, le 1'='' août 17o2, par la fameuse Serva padrona. Cette fois, le public alla d'un seul élan à cette musique si simple et si pure, et, pendant les vingt mois que dura leur séjour, les Boulions italiens ajoutèrent à l'œuvre de Pergolèse le Glocatore d'Auletta et divers auteurs, parmi lesquels il conviendrait, selon M""^ G. Calmus, de compter Leonardo Vinci \ la Finta Cameriera de Latilla, la Scallra Gorernutrice de Gocchi, le Cinese riinpalriato de Selletti, la Ziwjara de Hinaido da Capua, le Berloldo in Corte de Ciampi, etc.

Tout Paris, raconte Housseau, se divisa en deux partis, plus échauffés « que s'il se fût agi d'une affaire d'Etat ou de religion ». C'est ce qu'on a appelé la Guerre des Bouffons ou Guerre des Coins, parce que l&s partisans de la musique française se tenaient sous la loge du roi, tandis que les défenseurs de la musique italienne se rassemblaient sous celle de la reine*.

Ces opéras bouffons, que la troupe de Cosimi venait de révéler au public parisien, étaient pleins d'ariettes,

natioDalc le Recueil de Mémoires coté Z 334, Réserve. — Nous avons étudié riiislorique et l'eslliétique des BoiilTons dans une série d'articlespubliés dans la 5. /. M, (juin-juillet 1912) et ensuite, en tirage à part, sous le titre de la Grande Saison italienne de (75:'; les Bouffons.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

c'est-à-dire d'airs gais, vifs et courts, que J.-J. lloussoau, dans sa Lettre sur la Musique française, liédarM inapplicables à notre lanfjue; et bien haut, il proclamait, en guise de conclusion, que, non seulement les Français n'ont pas de musique, mais encore qu'ils n'en peuvent pas avoir.

On essaya, cependant, de les imiter, et J.-J. Rousseau tout le premier s'y appliqua. Après le départ des HoulTons, Favart se mit à traduire les pièces italiennes dont le succi''S s'était aflirnié si décisif. Avec sa femme, il engagea Beaurans à transporter en français la Serra padrona, et nous eûmes ainsi la Servatite maltresse. Mais l'astucieux Monnet allait faire mieux : il allait jouer un tour au.\ partisans des Boulions el, du même coup, démontrer l'inanité des pronostics de Rousseau à l'endroit de la musique française.

11 s'aboucha avec Dauvcrgne et Vadé, qui, en moins de quinze jours, mirent sur pied un ouvrage destiné à confondre les Boulfonnisles. C'est ainsi que les Troqiicurs furent joués, le 30 juillet ITo.l. Monnet avait pris soin de dissimuler le véritable auteur de la pièce, qu'il annonçait comme l'œuvre d'un musicien italien résidant à Vienne. Les BoulTonnistes les plus déterminés l'ayant applaudie, Monnet se donna le malin plaisir de dévoiler sa supercherie'.

En fait, la partition des Troqueurs ressemble beaucoup aux opéras-bouffes italiens, dont elle s'inspire manifestement; mais elle s'éloigne du genre pasticcio parce qu'elle contient plus de musique originale que de musique empruntée. Les Troqueurs marquent une date importante dans l'histoire de l'opéra-comique : (i Pour la première fois en France, écrit M. Font, un poète avait écrit un livret d'opéra-comique, et un compositeur une partition'^. »

Autoine Dauvergne^ était fils d'un joueur d'instruments du nom de Jacques Dauvergne, et naquit à Moulins, le 3 octobre 1713. Peut-être fut-il premier violon du concert de Clermont-en-Auvergne, mais il résida certainement dans cette ville, puis il entra, vers 1740, à la musique de la chambre^, et, quelque temps après 1^1744), à l'Opéra. En 1732, il avait donné son premier ouvrage dramatique, les Amours de Tempe, paroles de Cahusac; mais, dégoûté par les tracasseries qu'il subissait à l'Opéra, il entra en relations avec Monnet, directeur de l'Opéra-comique, et composa les Ty'ogweHrs pour ce théâtre. Possesseur de la moitié de la charge de compositeur de la chambre du roi sur la démission de François Bebel, et survivancier de ce dernier pour la charge de maître de musique de la chambre (1755)°, Dauvergne quitte l'Académie royale. Il cherche à remettre en musique d'anciens opéras et, à l'insligalion du conile d'Argenson, procède de la sorte à une réfection d'Enre et Lavinie, qui a du succès (17o8)°.Avec Joliveau et Caperan, il prend l'entreprise du Concert spirituel pour 0 ans, en 1762, compose des Motets pour ce Concert et y bat la mesure'. Choisi, en 1703, par Mesdames comme maître de composition, il obtient, l'année suivante, la survivance de la charge de surin-

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