Milmoires de J. Monncl, 11. p
2. A. Font, loco cit., p. 264. Sur les Troqueurs, voir plus loin.
3. Sur Dauvergne, voir La Borde, Essai sur la Musique, III, p. 378 el suiv. — Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de ta France. — Nérée Uesarbres, Deux Siéctes à l'Opéra (1808), p. 25. — Campardon, fAcadt}iiiie royale de musique au dix-tiuitième siècle, I, p. 18i et suiv. — A. Pougiii, .Vonsigny et son temps {Ménestrel, 23 mars 11)07). — Du Uoiirede Paulin, la Vie et les œuvres d'Antoine Dauvergne HHl). — I. de la Laurencie, Deux imitateurs français des Boudons, Blavet et Dituvergne {.\nnée musicale, \^\î). Consulter aussi les Mémoires .le Bacliaumonl, tomes I, III, IV, VI, VII, XIII, XV, XVI (addilion), XX, ,\X1V (add.i et XXVlll ; et Grimm, Correspondance littéraire, \.omiii\\\, ,V, V, VI, VIII.
tendant de la musique du roi, veut prendre l'Opéra en 1766, de concert avec Joliveau, mais se laisse supplanter par Trial et Berton. Dauvergne devait occuper à trois reprises successives le poste de diiecteur de l'Académie de musique : 1° de 1700 à 1776; 2" de 1780 à 1782; 3" de 1786 à 1790. En 1771, il reprit le Concert spirituel, en même temps qu'il faisait le service de surintendant de la musique du roi". Au commencement de la Révolution il su retira à Lyon et mourut dans cette ville, le 23 pluviôse an V.
Outre sa musique instrumentale et ses Motets^, Dauvergne a remis en musique uu grand nombre d'opéras. Citons, avec Enée et Larinle (I7;;8), Canenle (1700), Alpftre et Aréthuse (1762), lu Vé)iitieiine (1768), Caltirhoc (1773)'". De plus, il composa quelques pièces nouvelles : les Fêtes d'Euterpe, ballet en quatre actes, avec, comme entrées, la Si/hille, la Coquette trompée et le Rival favorable (8 août 1738) ; Hercule mourant, tragédie lyrique en trois actes, avec Marmoiitel (3 avril 1761); Po/i/xène(ll janvier 1763), avec Joliveau; IrPrix de la valeur, opéra-ballet, avec Joliveau {l" octobre 1771), etc.
La Borde trouve sa musique très'bonneet déclare ses chants agréables et souventd'une grandebeauté". Ses fameux Troqueurs (30 juillet 1753), sans afficher une originalité aussi éclatante que les historiens de la musique l'ont prétendu, méritent cependant de retenir l'attention. Le duo fameux : » Troquons, troquons, » et l'air de Lubin, « Margot, morbleu, » relèvent tout à fait de l'esthétique des Bouffons italiens. Dans l'ensemble, les Troqueurs constituent une œuvre de transition entre la comédie en vaudevilles et ariettes et le futur opéra-comique en ariettes; ils préparent la ruine des vaudevilles et l'avènement des ariettes. C'est un de nos premiers opéras-bouffes.
De son côté, Favart, après avoir traduit les intermèdes italiens, se mettait à les imiter; il les parodiait, c'est-à-dire qu'il employait leur musique sur d'autres paroles. De la sorte, Ninette à lacour devenait une simple parodie de Bertolde à la cour de Ciampi (12 mars 1756), la musique du maestro italien passant presque tout entière dans l'opéra-comique français.
Mais les parodies n'empêchaient pas les traductions de persister, et les triomphes remportés par M™° Favarl à la Comédie italienne devaient encourager ce théâtre et, en même temps, l'Opéra-comique, à persévérer dans la voie où tous deux s'étaient engagés à la suite des Bouffons. C'est ainsi qu'on donna, à la Comédie italienne, le Maître de Mimique (31 mai 1755), d'après celui de Pergolèse, et que les deux théâtres représentèrent, chacun la même année, une traduction dL&\di7Jn(iara(laBohémienné); puis vinrent il Paratnjo de Jomelli sous le nom de la Pipée (19 janvier 1750), et ilCinese {le Chinois) de Selletti, déjà joué depuis deux ans par l'Opéra-coraique'^.
Là, /<,' Diable â quatre {19 août 1756) allait aux nues; le livret en était de Sedaine; quant à la musique, elle se composait d'un entassement d'airs connus, parmi lesquels l'ancien et célèbre Rossiijnolet du bois, et d'airs nouveaux, ariettes parodiées et empruntées
4. C'est ce qui résulte de sa lettre du 27 juin 1780 à M. de La Ferlé.