‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 178 sur 364 · Ilédouiu, loco cit · texte numérisé non relu

Ilédouiu, loco cit

3. A. Font, loco cit., p. 319. Mais il ( et déplorait que Sedaine se fût adressi VIll, p. 307-308).

4. Voici le jugement que Grimm porto sur cet ouvrage : -< L'auteur s'appelle Monsigny. il a des chants agrraldc?, la tournure presque française; il n'a pas li vigueur de l'iiitiilnr. mais il plait. Si ce compositeur avait 6lé quelque tcntps a IVcol'' ru iL.ilie, il aurait fait des choses charmantes. » Grimm ajoute rpiil ,i l'crasc souvent uu chant simple par de mauvais accompagnements ", et que son trio : « Pauvre petite chariti^', » peut être considéré connnc son chef-d'œuvre. [Corr.

abandonna l'anonymat. En treize ans, il enrichit le théâtre de Rose et Colas (1764), du Déserteur (1769), de la Belle Arsène (177;;) et de Frlix (1777), et sa faible fécondité s'explique par la crainte qu'il avait de se mesurer avec Grétry. Dans Rose et Colas, ïa.ccoTd entre le dialogue, l'aclion et la musique est si intime qu'on

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5. Ici, Grimm se raoj signy, affirme-t-il, n'est pas musiciea; ses partitions sont remplie fautes et de choses de mauvais goût, mais il a des chants agréables. » {Loco cit., V. p. 191.) Le Roi et le Fermier était tiré d'un conte anglais, le Roi et le Meunier de Mons/ield, de'DodsIev, imité lui-même de l'espa!;nol.

r.. J. Tiersot, Histoire île la chanson populaire en France, p. 523.

7. La Helle Arsène, i" air d'Arsène. Cité par M. Tiersot, Histoire de la chanson popidaire.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

croirait l'ouviage sorti des mains d'un seul auteui''. I.c ton s'élève dans le Drsericur et atteint au pathéliciuft. Cette partition, qui est restée au répertoire, est trop connue pour que nous insistions sur son r.omplo. Qu'il nous suffise de remarquer, d'abord, que l'instrumentation, comme portée parle sujet, est en réel piofirès sur celle des œuvres précédentes, et que le rôle d'Alexis se dessine avec une force, avec une unité singulières, dont on rencontre peu d'exemples avant Monsipu}-. Il y a vraiment là mieux que i'es- ([uisse d'un caractère musical. Les adieux d'Alexis à Louise : « Adieu, chère Louise, » sont du pathétique le plus vrai, le plus simple et le plus touchant. Voilà ce que les Encyclopédistes appelaient de l'art natui-v\. lit toujours la tendance populaire, soit vers l'imitation des tonalités grégoriennes (« Tous les liommes sont bons »), soit vers la ronde à 6/8 si typique de la musique française au xvni« siècle (" Je ne déserterai jamais »).

Nous ajouterons que Monsigny, dans le fameux duo de la prison, emprunte à Philidor un effet employé par ce dernier au cours de Tom Jones, et s'essaye, non sans bonheur, à faire un peu de contrepoint-.

L'air « L'art surpasse la nature « de la Belle Arsène fut longtemps célèbre, et on l'utilisa à plusieurs reprises'.

Friix ou l'Enfant trouvr montre le talent de Monsigny en sa pleine maturité. Cet opéra-comique a été regardé comme le chef-d'œuvre du musicien et témoigne de grandes qualités dramatiques. Monsigny s'est surpassé en écrivant un excellent quintette, <( Finissez donc, Monsieur le militaire, » l'admirable trio <c Nous travaillons''» et l'air « Qu'on se batte, qu'on se déchire. » C'est, remarque M. Lavoix, de la musique plus parlée que chantée, mais parlée avec le cœur".

En même temps que Monsigny, et avec plus de science musicale que le tendre mélodiste du Drsnteuv, Gossec a tàté de l'opéra-comique, mais sans s'y attarder. Son talent ne semblait pas, du reste, devoir le fixer à la Comédie italienne. Gossec n'était pas bien doué pour l'opéra-comique, où il faut de la grâce, de la sensibilité et de l'entrain.

Nous signalerons, cependant, ici les œuvres qu'il a données à la Foire et à la Comédie italienne. 11 débuta par un petit opéra-comique en un acte tiré par le comédien Audinot d'un conte de Voltaire, le Tonnelier (28 septembre 1761). Quatre ans plus tard, la Comé-

1. Grimin en Irouvail la musique très médiocre. « Cet auteur, écrivait-il de Monsigny, ne sait point du tout écrire, et ses partitions sont barbares. » [Con: litt., V, p. 472.)

i. Voir Blaïc de Burv, le Déserteur {Revue des Deux Mondes, 1" jan. vicr 1844.)

3. Chouquet, Histoire de la musique dramatique en France, p. 145.

4. Monsigny a expliqué lui-même comment le tableau de Greuze, la Uénédiction du père de famille, lui inspira cette scène.

.T. 11. Lavoix, loco cit., p. 158.

t). F. llellouin, Gossec et la Musique frartcaise à la fin du dix-huit,ème sn'cle. p. 122 et suiv.

7. I,a bibliographie de Grétry est fort importante. En voici un aperçu :

Grétrii, .Mémoires ou Essais sur la Musique, 1789 (ou l'auteur, à l'exemple de Rousseau, dans ses Confessions, a tracé son autobiographie) ; La Vérité, 3 vol., an X. — Société académique dos KuTants d'Apollon, Hommage à Grétry, 1809. — Méliul, Sur Grétry, Académie des Beaux-Arts. 1813. — Baillot, lYolice sur Grétry. 1814. — Joacliim Le Breton, Notice historique sur la vie et les ouvrages de A.-E,-M. G., 1814. — Flamand-Grétry, l'Ermitage de J.-J. Rousseau et de Grétry, 1820. — De Gerlachc, Essai sur Grétry, 1821. — Flamand-Grétry, Cause célèbre relative à la consécration du cœur de Grétry, 18i4. — Essai sur la musique de Grétry (Revue musicale, 1831, p. 28). — Van Hulsl, Grétry. ISiJ. — Biedcnfcld, Die komische Oper dcr Italiener, der Deulsch,;, und der Franzosen, 1848. — L. de SagUer, Grétry, 18G9. — K. Kognard, Grétry, 1869. — Cil. Piot, Sur la correspondance de Grétry avec Vitzihumb. 1875. — Comte H. de Livry, Recueil de lettres écrites à Grétry (s. d.|. — Ed. Grégoir, Grétry {A.-E.-M.).

di.' italienne rrpiésentait le Fait.r Lonl {il juin ITf.LI), puis les Pécheiii'x |2:! avril 1766), qui remportèrent un succès l'oit honorable. En 1767, apparurent Toinon cl ToinetU (20 juin) et le Doubla Drguisement (28 sept.). De ces divers ouvrages, seules les partitions du Tonnelier, des Pfcheurs et de Toinon et Toinette ont été conservées". Ce sont de petites pièces, conçues dans le modèle alors en faveur, et consistant en séries d'ariettes, tantôt sentimentales, tantôt mutines. Gossec y pèche par quelque froideur, mais le symplionisle se retrouve dans l'art ingénieux avec lequel il tire parti du maigre orchestre de l'Opéra-comique; attentif à rechercher les oppositions de timbres, il sépare nettement les instruments à vent du quatuor.

Si Gossec ne pouvait guère revendiquer les qualités qui conviennent à un musicien d'opéra-comique, s'il manquait de grâce, de pathétique et de vivacité, son rival Grétry possédait à un degré éminent toutes ces qualités.

André-Ernest-Modeste Grétry' naquit le 11 février 1741 à Liège, où son père François était premier violon de l'église Saint-.Martin. Elevé à la campagne, chez sa grand'mère, Grétry eut devant ses yeux d'enfant le spectacle de la vie calme, des mœurs douces et simples dont Greuze s'était fait le peintre attendri. Choriste à l'église Saint-Denis de Liège, il travaille avec un certain Leclerc, s'enthousiasme des œuvres de Pergolèse, puis prend des leçons de l'organiste Rene- Uin et du sévère Moreau, maître de musique de Saint- Paul. Le chanoine de Harlez, qui s'intéressait à lui, l'envoie terminer ses études à Rome, où il habite au Collège liégeois. Avant de quitter Liège, Grétry avait écrit sa première œuvre importante, une messe*. A Rome, Grétry ne semble goûter qu'à l'opéra buffa; il devient fanatique de Pergolèse, de Galuppi et de Piccinni, dont la Cecchina excite son enthousiasme. Elève de l'abbé Casali, maître de chapelle de Saint-Jean de Latran, il ne témoigne pas beaucoup d'intérêt à la partie scientifique de l'art, compose, sous la direction de son maître, de la musique sur le Psaume C\ (1762), puis s'en va se faire recevoir de VAcadémie des philharmoniques de Bologne, et écrit les Vendanr/cuses pour le théâtre Aliberti. Le succès fut considérable, et Grétry reçut les félicitations de Piccinni.

Entraîné en Suisse par un musicien de ce pays, du nom de Weiss, Grétry quitte Rome le l""' janvier 1767, après un séjour de huit ans dans cette ville, et

Rr.n:;i'' r,,- '. - I .m:-! M'Iik- il ili' m 1 1- iin.li..^ | . m I \.' nL^mie royale de [;,.|^.i,|,, t ! I ■• :!■ ' - I - i: . : ' . u 7,- Lettres iné-

griijjh'' .n ,/,',/• /;,. ii-j. I ^v ;. ■ II. .Il' I iii/nii, /, ■• l,h;'s de Grétry et ses Visions d'avenir [Guide musiral, mai, juin, juillet 1907); Grétry [les .Musiciens célèhres, 1907). — R. Rolland, Musiciens d'autrefois, 1908, p. il~-i'-l.

11 convient d'ajouter à ces ouvrages les travaux de critique suivants :

Lettre à M. de Voltaire sur les opéras philosophi-comiques (1769).

— Lettre de .M"" le Hoc à M. le Hic à propos de la Fausse .Magie (mi).

— Dcssalcs-Résis. PoL'le el .Musicifn (.s',../(iiiie et Grétry) [Revue de Pnris, 13 août 1>. . ii-til 1 N/ , '.. tv musicien [Revue de Paris, février i-<, M I : , 1. 1 ^ ,0. — Cil. Nuilter, Weiur Opéras recul lit: ' ' /./>■ musica;?, I, 230, 263). -V. Wilder, X..:,r,;.l,. /„,,, ;..,.;,„, l/,r,'„„./,j.

On consultera aussi les Mémoires <\e Bachaumont, tomes III, IV, V, VI, Vir, VIII, IX, X, XIV, XV, XVI, XVIII, XX, XXI, XXII, XXV, .VXVI, XXVllI, XXX, XXXII.XXXin, XXXVI et la Correspondance littéraire de Grimm, tomes VIII, IX, X, XI, XII. XIII, XIV, XV et XVI, ainsi que l'article consacré par Jal à Grétry dans son Dictionnaire critique, p. 037. De plus, l'éililion des Œuvres de Grétry, publiée par le gouternement belge ft commencée en 1884, contient déjà environ 40 volumes in^». précédés chacun d'un commentaire critique des mieux documentés. On consiilliTa enfin le Catalogne du musée Grétry, récemment publié.

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