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ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOtliF
On retrouve dans la figure descendanle (A) les mêmes intervalles que dans celle que Beethoven a confiée au basson, lors du Divertissement de sa sixième symphonie' :
La théorie de l'imitation de la nature, prise dans un sens matériel et immédiat, l'incite aux etl'ets descriptifs, lîruits d'oiseaux, galopades, chant du coucou dans la scène du Tableau parlant où Isabelle chante : " Ils sont passés, ces soirs de fêle, » rentrent dans l'esthétique classique du xvni" siècle; parfois, ces imitations sont puériles : une gamme rapide représentera un coup d'œil ; dans les Deux Avares, on entendra grincer une poulie, etc. Le plus amusant, c'est que Grétry lui-même condamnait de pareilles niaiseries; s'y abandonnait -il, c'était c< parce que
esprit (latte infiniment la nation française' », et qu'il les jugeait sans doute spirituelles, tout en déclarant que « quoiqu'il y ait du mérite à bien rendre ces différents elFets, le plus souvent ils me font une sorte de pitié^ ».
Venons-en maintenant à l'instrumentation. Assez maigre, en général, elle est toujours réalisée dans un but dramatique, et rarement avec une intention symphonique. Aux yeux de Grétry comme à ceux de Lacépède, les instruments sont des manières de personnages dont l'intervention se lie intimement aux modalités de la situation. Chacun d'eux possède un caractère sentimental. Le basson est lugubre, la clarinette pathétique, la llùte tendre et amoureuse, le hautbois champêtre et gai, les timbales et les trompettes héroïques*. A ce point de vue, [il n'y a que des éloges à adresser à Grétry pour la perspicacité et la finesse avec lesquelles il distribue sur le canevas dramatique les touches colorées et expressives de son instrumentation.
Voici, par exemple, de quelle façon douloureuse l'alto soutiendra les lamentations de Colinelte" :
Ah! Monseigneur!
Grétry n'emploie les trombones que dans ses grands opéras. Au reste, l'orchestre de la Comédie italienne n'en comprenait point, et la plupart de ses opéras-comiques comportent seulement le quatuor, les hautbois, les cors et la flûte; il oppose, parfois, d'amusante façon , les timbres des instruments à archet et ceux des instruments à vent, associe l'alto au basson dans le Tableau parlant, et recourt à des instruments accessoires pour souligner le pittoresque et la couleur locale (mandoline, guitare, dans le Rival confident, cimbales et triangles dans la marche des Bohémiens de la Fausse Magie).
Grétry a su tirer des instruments à vent des effets particulièrement originaux et pénétrants. Nous citerons, dans cet ordre d'idées, le célèbre morceau du Tableau magique de Zcmire et Azor (111° acte). Zémire a demandé à Azor de revoir son père : la toile du fond s'éclaire, et laisse apercevoir, à travers une gaze brillante, Sander et ses deux filles, pendant que deux cors, deux clarinettes et deux bassons, placés dans les
1. Grimm qualifiait la musique rapsodie » et prolendait que le h lidor en avaient fourni des