‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 189 sur 364 · TROISIÈME PARTIE LA MUSIQUE DE CHAMBRE, DE CONCERT ET D'ÉGLISE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE LA MUSIQUE DE CHAMBRE, DE CONCERT ET D'ÉGLISE

Le xviii" siècle français a produit une abondante littérature instrumentale et vocale pour la chambre, le concert et l'église, et le temps n'est plus où les historiens de la musique en France ne voyaient celle-ci qu'à travers le théâtre. C'est en foule que cantates, sonates et pièces de clavecin viennent satisfaire la passion toujours plus grande que les amateurs et les personnes de qualité manifestent à l'égard de l'art des sons. De toutes parts, disait Hubert Le Blanc dans son style imagé, les musiciens s'embarquent à voiles déployées sur la mer immense des sonates, et le Mercure signalait, en 1713, cette production musicale sans cesse croissante : " Les cantates et les sonates naissent ici sous les pas; un musicien n'arrive plus que la sonate ou la cantate en poche; il n'y en a point qui ne veuille faire son livre et être buriné et ne prétende faire assaut contre les Italiens et leur damer le pion -. » Héritier du glorieux passé instrumental que lui a légué le siècle précédent, où brillèrent tant de virtuoses du luth, du clavecin, de l'orgue, de la guitare et de la viole, les Gaultier, les Mouton, les Gallot, les Cham-

au-dessous d'eux. Mais se clouer trois ou quatre ans sur un clavecin pour parvenir enOn à la gloire d'être membre d'un concert, d'être assis entre deui violons et une basse de violon de l'Opéra, et de brocher, bien ou mal, quelques accords qui ne seront entendus de personne, voilà leur noble ambition. » (Lecerf de la Viéville, Comparaison de la musique française et de la musique italienne, 4* Dialogue, p. IOUOd.) Voir aussi, sur le goût que la société manifestait pour la musique à cette époque, les J/c?no/rc5 de Dangeau.VII, p. 320.

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIliE DU CONSERVATOIRE

bonniéres, les Hardel, les d'Anglebert, lesGouperln , les Le Bègue, les Thomelin, les Dumonl, les Corbet, les de Visée, les Sainle-Colorabe, le xvm« siècle, fortement pénétré à ses débuts d'iniluences italiennes, et soumis plus lard à des influences allemandes, verra la musique de chambre et de concert se développer sous la forme de la Suite, de la Sonate, de la Symphonie, du Motet à grand chœur, de la Cantate, etc. Nous nous proposons ici de dresser un inventaire sommaire de la production musicale en P>ance, en ce qui concerne la chambre, le concert et l'église, depuis la fin du xyii» siècle jusqu'à l'époque où Gluck vient réformer, avec le retentissement que l'on sait, notre tragédie lyrique, et où les symphonies d'Haydn et de Mozart sont jouées au Concert spirituel. — A cet effet, nous examinerons successivement les œuvres des organistes et clavecinistes, des instrumentistes à archet et à vent, les motets et les cantates, en suivant, autant que possible, dans chaque catégorie, l'ordre chronologique.

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