‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 193 sur 364 · Traité abrégé vec une exphrattn IIP demonstiali · texte numérisé non relu

Traité abrégé vec une exphrattn IIP demonstiali

3 II porle le privilège de 1682, et est intitulé Livre tic musiquedtdii a la Très Sainte Vierffe,

4. Livre de musique pour l'orgue, composé par Gigault, organistedu Saint-Esprit.

D. Voir Archives des maîtres de l'orgue, loco cit., et l'article précitp. Un Organiste au dix-septième siècle, Nicolas Git/ault. Cesdeux ligures étaient déjà employées par Frescobaldi eu 1637.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

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C'est la tradition de l'école d'orgue du xvii' siècle que représentent encore les organistes André lUiison et Louis Marchand.

André Maison', élève de Titelouze, était organiste (le l'abbaye Sainte-Geneviève, à Paris; il forma d'excellents élèves, dont Nicolas Clérambault, et laissa deux Livres d'orgue qui parurent, respectivement, en 1687 et en ITH. Le second contenait des Nods-. Ces deux livres d'André Uaison témoignent d'une solide science contrapontique, en même temps que d'une parfaite entente des jeux de l'orgue. André Raison mourut veis 1716, et fut remplacé à l'abbaye de Sainte-Geneviève par Dornel.

Louis Marchand ' était fils d'un maître de musique lyonnais, et fut baptisé le 2 février 16i)9 en l'église Saint-Nizier de Lyon; il est inexact qu'il ait occupé une place d'organiste à Auxerre de 1603 à 1698, puisque,depuis 1689, il habitait Paris, où il épousa Marie- Angélique Denis', fille d'un facteur de clavecins. Organiste chez les Jésuites de la rue Saint-Jacques, il chercha par des procédés indélicats à déposséder Pierre Datulrieu de l'orgue de Saint-Barthélémy. En 1696, il donne sa première œuvre, qu'il intitule Grand Dialogue^ , et alimente les Recueils d'airs sérieux et à boire édités par Ballard de nombreux airs de sa composition. Il avait déjà une grande réputation qui lui valut, en 1(;99 les orgues de Saint-Benoit et des Cordeliers, et quatre ans plus tard (1703), l'orgue de Saint- Honoré dont il se démit en 1707, probablement à cause de ses démêlés avec sa femme et du procès qu'il avait perdu contre elle. Marchand collectionnait, pour ainsi dire, toutes les orgues de Paris elles élèves affinaient de, toutes parts auprès de lui; en 1704, les Jésuites de la rue Saint-Anloine prenaient « cet habile homme » pour organiste; le 28 juin 1708, « l'illustre M. Marchand » obtenait le brevet d'organiste de la chapelle royale, où il remplaçait Guillaume-Gabriel .Mvers, dont les Livres d'orgue contenant des pièces des huit tons de /'/?!//i5e avaient paru de 166b à 167o, et signalaient leur auteur parmi les meilleurs contrapoiitistes de l'époque^. Marchand quitta la chapelle royale en 1714 et se mit à voyager; peut-être, suivit-il un de ses admirateurs, le prince Emmanuel de Portugal ; en tout cas, il se rendit en Allemagne et séjourna à Dresde en 1717; c'est là qu'il aurait eu avec J.-S. Bach un duel au clavecin resté célèbre". A son retour en France, Marchand ne reprit que l'orgue des CorJeliers et mourut le 17 février 1732. On l'enterra au cimetière des Saints Innocents.

t. Sur André Raison, voir Archivas des maîtres d'' l'ortfur, t. II.

i. Les Noéis étaient fort à la mode; leur allure n'évitait point une certaine trivialité, dont s'indignait l'AUenaand Nemeitz dans son Séjour ,lr Paris (17i7).

3. Archives des maiires de l orgue, t. III. — A. Pirro, Louis Marchand (1069-1732), dans e Ilecueil de la Sociélé inlerimlionale de musique, oct.-déc. 1904, et Tribune de Saint-Gervais (1900). — Voir aussi Tilon du Tillet, le Parnasse français, p. 058.

i. Ce Grand Dialogue existe en manuscrit h la Bibliothèque de Versailles et a été édité dans le torae VIII des Archives des maîtres de

Hameau disait de Marchand qu'il était incomparable dans le maniement de la fugue, et Du Mage, en lui dédiant son Livre d'orgue, annonce qu'il s'est efforcé de l'écrire « selon la savante école de l'illustre .M. Marchand, son maître >>. En Allemagne, Marchand était apprécié comme un habile harmoniste. Bach connaissait son œuvre et lui faisait des emprunts. M. Pirro cite, notamment, un motif de fugue de Marchand qui a servi à Bach dans un de ses concertos brandebourgeois''. Il existe dans les recueils manuscrits de Brossard une Règle pour la composition des (iccords à trois parties, due à Marchand, qui y distingue trois espèces d'accords : 1° les accords consonances, 2" les accords dissonances, 3» les accords faux.

On a de lui, outre de nombreux petits airs et un opéra, Pi/rawe et Tliisbé, écr'il sur des paroles de Morfontaine , des Pièces cho'tsies pour l'orgue de feu le Grand Marchand, livre l", œuvre posthume, et deux Livres de clavecin, datés respectivement de 1702 et de 1703.

Daquin nous apprend que Marchand sacrifiait au goût du temps; c'est, en elfel, ce que révèle l'étude de ses compositions pour clavier, car son style commence à se séparer nettement de celui de ses devanciers. En dépit de ses connaissances techniriues, Marchand ne se complaît plus, en effet, à enlrelacer des mélodies pour en tisser une riche polyphonie. Aussi bien dans ses pièces d'orgue que dans ses pièces de clavecin, il cherche seulement l'accouplement de deux ou trois voix; il tend manifestement vers l'écriture en trio que nous trouverons si répandue dans toute la musique instrumentale de la première parlie du xviu» siècle. Sous sa main, la vie polyphonique se dessèche petit à petit, et se résume en des mouvements harmoniques d'où, trop souvent, l'expression est absente. On pressent déjà le règne de la mélodie alfadie et du formalisme vide qui caractériseront la seconde école française d'orgue; mais, ainsi que le remarque M. Pirro, sa musique est d'une grâce toute française, avec une pointe de délicate sensualité*.

Parmi les élèves de Louis Marchand, il convient de citer Du Mage', qui, en qualité d'organiste à Saint Quentin, dédia au chapitre de cette ville un Livre d'orgue portant la date de 1708'° et dont la lecture présente un vif intérêt; Du Mage se rattache encore à cette école d'orgue qui n'a point perdu le sentiment de la musique d'église.

Un autre contemporain de Marchand, l'organiste Guilain, jouissait d'une brillante réputation au début du xviii" siècle, et le Mercure de mai 1702 l'appelait

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