SOPRANO
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H est des contrepoints où la mélodie thématique est reproduite, soit par fragments, soit en entier, par une ou plusieurs voix, à l'unisson, ou à l'octave, ou à la quarte, ou à la quinte, voire à tout autre intervalle, par mouvement semblable, ou contraire, par mouvement rétrograde; en valeurs identiques, ou diminuées, ou augmentées, etc., etc. Ces mélodies, ainsi disposées, sont régies par les règles de l'imitation stricte, de l'imitation canonique. Et les vieux maîtres excellèrent dans ces artifices de composition, dont ils ont laissé mille et mille exemples de la plus rare ingéniosité.
L'imitation se présente alors comme le principal moyen d'action de la polyphonie; c'est elle qui relie, accorde, dirige et maîtrise le discours des voix concertantes. Par les répétitions de ses dessins, elle multiplie la puissance mélodique des thèmes, comme, par ses dispositions symétriques, elle est l'ordre lumi-
CONTRALTO
neux dans la variété et la complexité des accents polyphoniques et polyrythmiques. L'iiniliiliiin est une source de joie pour l'espril, et d'enchantement pour l'oreille, à qui plaisent les formes harmonieusement cadencées et harmonieusement enchaînées les unes aux autres; elle est souvent un très puissant moyen d'expression par le fait même qu'elle reproduit, qu'elle prolonge, et développe, un thème qui, de lui-même, peut déjà être émouvant.
La pièce de Le Jeune « S'ébahit-on » présentait dans sa vcpliqun de charmantes imitations libres. Voici une chanson de Clément Janequin qui comprend une imitation stricte, un canon à l'octave entre le Ténor et le Soprano, qu'accompagnent les discrètes lignes de la Basse et du Contralto. A lire cette page, ce gracieux joyau d'art, qui croirait qu'il est conçu en une forme que beaucoup d'entre nous regardent comme difficultueuse, et contrainte, et lourde?
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IIISTOIRE DE LA ilUSin/'E
XV/» SIÈCLE. - FRANCE V2r,
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1270 EXCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONXAinE DU COSSERVATOIIiE
Je pourrais olfrir nombre d'exemples de compositions basées sur les imitations, libres ou strictes. Qu'il me suffise de rappeler les messes et les motets du xv!"^ siècle, ces nobles formes d'art où nos maîtres franco-belges, et leurs disciples de toutes les Écoles, prodiguèrent des trésors d'invention heureuse et d'expression.
Parfois, cependant, le contrepoint se réduisait au rôle simple et effacé d'accompagnement d'une mélodie. Tel ce psaume de Goudimel où la voi.x principale, le choral liturgique, chanté par le Ténor, est, sauf çà et là aux retards de cadences, soutenu note contre note par les autres voix.
Claude Goudimel : <- X toi, mon Dieu, mon cœur monte. »
toi mon es
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HISTOIRE DE LA MUSIQUE
Hon . te n'aii.ront voi . re . ment Ceux qui des .
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eau. se les en . nui . ent.
Voici, encore de Goudimel, le même psaume : la 1 concerlent, usant d'imitations libres; le cliant liturmélodie principale, transportée au soprano, s'accom- | gique domine dans un ensemble prestigieux, pagne de contrepoints en style fleuri; alors les voix
Claude Gocdimbl : u A loi, mon Dieu,
SOPRANO (Chant choral)
CONTRALTO
-mis. Hon
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
.ment, qui du
rement Et sans cau.se les en.nui
La siiiiult.Tnéili- du chant et des paroles eu toutes les voix, (|ue je iiomine conlrrjjoiiti si/ltaii'iue, ne s'employait pas seulement dans l'accompagnement d'une mélodie dotmée. Les compositeurs en usaient parfois dans les œuvres sans thème oblieé. Cette
manière nous est restée; elle est courante dans le clioral moderne. Il faut avouer que les vieux maîtres de la Henaissance nous ont laissé, en ce genre, certains modèles que nous ne surpassons point. Témoin cette jolie bluette de maistre Clément Janequin :
CONTRALTO
Clément Janeocin : ■. Ce moijs de maij. •■ . 1. .. 1 , . . J . , t
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HISTOIRE DE LA MUSIQUE
Ce moys de may, je vesti . ray.
" Il est des compositions où le style fleuri d'imitations alterne avec le style syllabique. Il en résulte des oppositions fort remarquables. L'ingéniosité (d'un maître peut tirer de là de charmants ou de puissants
effets. La Mùjnonne de Guillaume Costeley en offre un délicieu.x exemple. Du même maître, voici un morceau d'un travail non moins achevé, d'une expression non moins exquise :
127fi ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
GoiLLAUME CosTELBY : « Alloiis ttu lerd hoccuge.