M. Brenet, la Jeunesse de Rameau (R'm. mm. ital
3. Tome 11 des Œuvres complètes de Rameau. Voir coramentain de M. Cil. Malherbe, et Scliering, Geschichte des Instrumental Iwn tcrts, p. 167.
actif dans la présentation.des thèmes; dans le premier Concert, par exemple, c'est lui qui propose le thème du dernier mouvement intitulé le Vcsinet, et dans le travail de la composition, lise place sur le même rang que ses compagnons, tantôt faisant silence, lorsque le rôle d'accompagnement est assuré par un autre instrument, tantôt soutenant d'harmonies et de batteries les mélodies exposées par les cordes.
Les titres des pièces évoquent, soit des souvenirs topographiques, comme La Livri, Le Vrsinet, soit des protecteurs tels que la La Pouplinièrc, la La Borde, ou bien encore ils soulignent un hommage adressé à quelque artiste, comme la Cupis, la Forqueray, la Marais''.
Rameau a introduit en France un genre de batteries que l'école française de clavecin n'avait point encore pratiqué, l'exécution des accords brisés au moyen des deux mains employées alternativement et sautant sur le clavier. En voici un exemple :
Dans la pièce qu'il appelle les Trois Mains, véritable étude de croisement des mains, le déplacement continuel de la main gauche, au-dessus et au-dessous du chant, donne réellement l'illusion de l'emploi d'une troisième main. Son exécution était, du reste, admirable, et M. Méreaux dit justement qu' « au point de vue du mécanisme de l'instrument. Rameau a dépassé de beaucoup ses prédécesseurs. La formule technique, le dessin instrumental, les ressourcesetlebriode l'exécution, la nouveauté des traits, sont de belles
4. Une des Pièces en concerts de Rameau porte le litre singulier de la Coulicam. M. Brenet (loco cit., 1903, 2° art.) a donné l'explication de ce titre. Rameau était en relations suivies avec les Pères Jésuites. Or l'un d'eux, le P. Du Cerceau, ûl paraître, d'abord sans nom d'auteur, en 1728, puis sous son nom, en 1740, les aventures de Thamas Kouli Khan, soplii de Perse. Deux tragédies mettant en scène le même personnage, Thomas Kouli-Klian, furent publiées par la suile. La pièce de Rameau se rattache à cet épisode.
HISTOIRE DE LA MUSJ{)Ul
conqiirli'S qu'il fit faire au clavecin' ». Comparé à Krançois Couperin, il n'a pas, dans ses mélodies, le charme et la délicatesse qui s'observent che-i le vieux niaitre, mais il l'emporte sur lui par la clarté de son harmonie, par une hardiesse et une fierté qui ne sont qu'à lui et qui impriment à son style une frappante personnalité.
La clarté de l'harmonie de Rameau provient, ainsi que nous l'avons déjà vu-, de la force et de la précision avec lesquelles cette harmonie affirme le sentinKîUldela tonalité. Dans les Pù'cesi/ec/drecÏH, comme dans les Pièces en concerts, on retrouve la mélodie constituée au moyen des notes de l'accord du ton; ainsi, la Giijiic en Hondcaii du deuxième livre laisse la main dioite déployer des renversements ou des positions initiales de l'accord de mi majeur. Le fameux Itapjicl ilcs Oiseaii.v s'établit sur l'appel si, mi. que la main gauche complète en faisant entendre la tierce, sol, de l'accord du ton {mi mineur). Les deux premières notes entendues, notes caractéristiques, sont donc la dominante et la tonique.
Dans les Cyclopes {ré mineur), on remarque une série d'arpèges assis sur le ré tonique; dans la Poule, le thème initial n'est autre que l'accord tonique déployé : sol, si |i, ré. On pourrait multiplier les exemples.
Les Pièces en concerts affirment le sentiment tonal avec autant de précision. Ainsi, la Co»/icam présente, à la partie de violon, trois renversements successifs de l'accord d'M< mine\ir;\a Potiplinière charge la basse d'arpéger l'accord de la majeur, pendant que le violon frappe, en redoublant, la dominante et la tonique- Dans la Rameau, il y a un départ brusque de la viole qui, sur une pédale de tonique, dessine un déploiement de l'accord de si |', tandis que le violon expose le premiei' renversement de cet accord et insiste sur la dominante, fa^.
Parmi les contemporains de Hameau qui composèrent de la musique de clavecin, deux musiciens méritent d'être cités ; ce sont Joseph-Nicolas-Pancrace Royer' et Du Phly.
Royer, qui à la charge de maître de musique des Enfants de France devait joindre, en 1747, la direction du Concert spirituel, a laissé en 1746 un Livre de clavecin qu'il dédia à Mesdames. Deux pièces de ce livre, la Zaide et la Sensible, se rapprochent assez <lu style de Rameau pour qu'on ait pu les attribuer à ce maître.
Du Phly était un excellent claveciniste. Né à Dieppe, il prit des leçons de d'Âgincourt à Rouen, et vint se fixer à Paris vers 1730; il y publia quatre livres de Pièces de clavecin qui jouirent d'une grande réputation; dans le troisième livre, Du Phly ajoute au clavecin un violon d'accompagnement. La Victoire et la Villcroij de ce claveciniste ont été attribuées à Rameau, ainsi que la Vanloo et un menuet de son troisième livre.
Nommons encore l'organiste Antoine DorneP, titulaire, en 1706, de l'orgue de Sainte-Marie-Madeleine en la Cité, et, plus lard, de l'orgue de l'église royale et abbatiale de Sainte-Geneviève; ses Pièces de clavecin,
semble