‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 205 sur 364 · Voir Mércaux, Jal, loco cit., et Eilner, III, p · texte numérisé non relu

Voir Mércaux, Jal, loco cit., et Eilner, III, p

2. Armand-Louis Couperin épousa Elisabelii - AnloineUc filancliet dont il eut deux fils, organistes tous doui, et une fille.

3. Labat, les Organistes du dix-liuitième siècle. — M. Brenet, tes Concert.'! en France, p. 26i. — La Jeunesse de Hameau {/1ii<i.ita mwiicale itnliana. 1902, p. 659). Balbaslre prenait, le 13 décembre 1758, un privilège de quinze ans « pour des œuvres instrumeolales de

d'orgue ». Ajoutons qu'il a composé quatre Sonates en quatuor pour le clavecin, deux violons, une basse et deux cors ad libitum, qui prouvent sa parfaite entente de rinstrumeiilation. On y voit apparaître la Romance, comme mouveni(mt lent.

Bien que l'école française de clavecin et d'orgue, orientée désormais presque exclusivement vers la virtuosité et l'elTet, conserve, par malheur, très nettement ce caractère brillant et un peu factice, les influences étrangères, et notamment celle de Philippe-Emmanuel Bach, ne sont pas sans pénétrer de divers cotés notre littérature musicale.

C'est ainsi que J.-P. Legrand, organiste de l'église Saint-Cosme et de l'abbaye de Saint-tJermain des Prés, après avoir publié une Sonate dans le goût purement français, fait paraître, en 1763, un recueil de Six Sonates écrites dans le style du maître allemand. Un autre organiste, Virbès*, titulaire de l'orgue de Saint- Germain-l'Auxerrois, donnait aussi, quatre ans plus tard, des SoHa<es de clavecin qui, sans rappeler la manière de Philippe- Emmanuel, présentent quelques particularités intéressantes; de ces six sonates, en effet, quatre se terminent par deux Menuets, et on peut voir là une conséquence de l'évolution de la forme Suite'^en Sonate, le Menuet, dans la Suite, succédant le plus souvent au Rondeauon au mouvement tranquille.

Au reste, à partir de 1760, la littérature étrangère du clavecin commence à inonder Paris, et ce ne sont partout que sonates allemandes et pièces italiennes. Citons les Sonates de Vondradschek (1739-1760), les Concertos du même (1763), une collection de vingt Sonates de « varii autori » (1760), trois ouvrages de Wagenseil (1761), six Sonates de Pellegrino (1761), six Sonates de Honaver (1761), des Concertos de Lorenzini, Wagenseil, etc. En 1763, Valentin Rœser fait connaître \'Art de toucher le clavecin de Marpurg, et, au mois de février de cette même année, paraissent, chez Bordel, deux Livres de Sonates de clavecin du jeune Mozart. Plus tard, les compositions d'Eberhard (1769) etdeF.-Th. Schumann (1778) continuent à renforcer le courant de musique étrangère qui circule dans la capitale.

Ajoutons qu'à côté d'œuvres originales destinées au clavecin ou au piano-forte, de nombreux auteurs travaillaient à transcrire pour ces intruments les ariettes à la mode. Dès 1762, Clément annonçait un Journal de clavecin, composé sur les ariettes des comédies, intermèdes et opéras-comiques qui avaient le plus de succès". Comme la harpe, le violon et la llùte, le clavecin se trouvait, de la sorte, posséder une importante littérature de transcriptions.

Avec l'abbé Gravier, organiste de la métropole de Bordeaux, qui publie en 1762 Six Sonates pour le clavecin, s'affirme la décadence du style de clavecin et d'orgue. Ce ne sont plus alors, à côté de traits et d'artifices de virtuosité, que mélodies aussi plates que pleurardes, soutenues mécaniquement par des batteries ou des triolets. En voici un exemple, que (Gravier intitule Plainte :

sa composition » (M. Brenet, la Librairie musicale en France de 1653 à nOO, Itecueil de ta Soc. int. de musique, avril 1907).

4. Virbès clait l'inventeur du clavecin à marteaux, qu'il fit présenter par son fils au Concert spirituel, en 1769. Il travailla aussi à la construction d'un clavecin susceptible d'imiter quinze instruments dil'. férents. Le privilège relatif à ses sonates est du 2 décembre 1767.

5. Le Journal du clavecin paraissait tous les mois, chez l'éditeur Le

\'CyCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAinE DU CONSERVATOIRE

Ce dispositif d'accompagnement, consistant en l'emploi continu, par la main gauche, d'accords brisés en croches ou en doubles croches, avait été imaginé vers 1740 par Domenico Alberti, et ne tarda pas à se répandre dans toute l'Europe, sous le nom de Basse d' Alberti.

Nous trouverons encore un exemple de l'emploi de la Basse d'Alberti chez un autre claveciniste, fort réputé alors à Paris et qui, comme Legrand, eut la bonne fortune d'approcher le jeune Mozart, au moment de son premier séjour en France. Jean-Godefroy Eckard n'était pas Français, mais il passa à Paris la plus grande partie de son existence et remporta dans cette ville de vifs et nombreux succès. Né en 1734, à Augsbourg, il débarquait à Paris à peine âgé de 24 ans, et se mettait, pour gagner sa vie, à peindre des miniatures. Il amassait, ainsi, de quoi faire graver, en 1763, un recueil de SixSonates qu'il dédiait à Gaviniès et dans lesquelles la multiplicité des indications de nuances révèle des compositions destinées surtout au piano-forte.

Les sonates d'Eckard' témoignent d'un emploi constant de la Basse d'Alberti, mais elles ne témoignent pas que de cela. Elles contiennent, enelfel, à eôlé de passages de virtuosité (croisements de mains très fréquents), de vraie et de bonne musique. Eckard s'est complètement assimilé le style de Philippe-Emmanuel Bach, et ses trois premières sonates surtout reproduisent avec une grande fidélité les divisions et les procédés de développement du père de la sonate moderne. Léopold Mozart, qui l'admirait beaucoup, trouvait sa musique difficile. A son recueil de 1763, Eckard ajoutait, l'année suivante, des Variations sur le Menuet d'Exaudel et deux autres petites Sonates.

Il eut une grande influence sur les premières œuvres de Mozart, où on constate de nombreuses traces d'imitation des sonates de 1763^.

Nous ne citerons que pour mémoire le Livre de sonates de Philibert Cardonne (1763) et les insipides productions de Moyreau, pour arriver à Nicolas Séjan, habile organiste, dont l'exécution à la fois solide et brillante jette un dernier éclat sur le forma-

1. Voir farlicle de M. Th. de Wyzewa, la Jeunesse de Mozart, dans la Bévue des Deux Mondes du l-' décembre 1903. Le privilège relatif à CCS sonates est du 31 dC-cembrc 1763.

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