‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 207 sur 364 · AIR · texte numérisé non relu

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Son contemporain François Du Val est aussi un des fondateurs les plus remarquables de notre école de violon. Né dans la seconde moitié du xvii« siècle, et musicien du duc d'Orléans, il s'initia aux sonates de Corelli qui se répandaient à Paris; en janvier 1744, il entrait aux vingt-quatre violons, et mourut en janvier 1723^.

Du Val n'a écrit que de la musique deviolon. Sept livres de Sonates sont sortis de sa plume, de 1704 à 1720; six de ces livres sont des Sonates à violon seul et basse continue, le septième contient des Sonates à deux violons et basse continue du type « en trio ». C'est à Du Val que revient l'honneur d'avoir publié, le premier en France, des Sonates de violon seul (1704). A l'inverse de Uebel, Du Val adopte, en principe, le cadre à quatre compartiments instauré par Corelli, mais son inspiration demeure bien française ; on s'en aperçoit dans les qualifications pittoresques qu'il donne a ses pièces, iArcldlulh. le Tourbillon, la Guitare, etc., un peu à la manière de Couperin. C'est un brillant et ingénieux rythmicien, fort habile dans le fugato, et aussi un intéressant harmoniste. Sans doute, son harmonie oscille généralement de la tonique h. la dominante et se lisse d'accords de sixte, mais il module audacieusement pour son époque. Déjà, en elTet, le cadre de la tonalité s'est élargi et s'étend non seulement de la dominante supérieure à la dominante inférieure, mais encore il incorpore le relatif et ses deux dominantes, de sorte qu'une tonalité donnée établit des rapports entre six éléments.

1. On voil par là en qu'il faut penser de la légi^nde qui attribue ^ Jean-Marie Leclair l'inventioD en France de la double corde.

-1. Outre son opéra d'Uli/ssf, sur des paroles de Henri Guichard, Rebel a encore écrit des airs sérieux et à boire qui parurent dans les Jtccueils de Christophe Ballard, de 1695 à 1700.

3. Sur Du Val, voir notre article du^ercure mu^jcaZ du l"juîni903.

4. Mersenne, Harmonie univr.rseïle, Traité de» iiisti-umcnfs à cordfs, p. 1S3. »< Le violon, dit Mersenne,... imite et contrefait toutes sortes d'instruments comme les voix, les orgues, les vielles, la cornc-

Du Val manie habilement les arpèges et la double corde; comme beaucoup de violonistes de son temps, entre autres Jakob Walther, il se complaît aux effets de sonorité imitalifs qu'on pouvait tirer du violon, effets tant admirés par Mersenne'-. Son quatrième Livre vie Sonates contient une « variation dans le goût' de la trompette »; il affectionne tout spécialement la forme Rondeau, à laquelle il donne une souplesse et une variété charmantes, et conserve fréquemment les noms des airs de danses qu'il entremêle de qualifications telles que : lentement, gai, gracieusement, etc.

Quand il adopte trois mouvements, il les répartit généralement de la manière suivante : vite-lentement-vile; cependant, on trouve des sonates à trois mouvements vifs. Le dispositif à quatre mouvements comporte la même alternance de vitesses, avec une introduction lente.

A celte époque, les violonistes hésitent encore entre le type Suite et le type Sonate. Joseph Marchand", par exemple, que nous trouvons aux vingtquatre violons en 1706, compose, l'année suivante, des Suites de pièces mêlées de sonates pour le violon et la basse qui sont bien l'indice d'une période de transition. On peut faire la même constatation sur les œuvres de Jacques Huguenet» et de Charles La Ferté', œuvres un peu sèches et un peu incertaines, mais dont la rythmique présente de sérieuses qualités. La première sonate de La Ferté débute par un beau prélude dans la manière française. Signalons encore les Sonates d violon seul et basse continue de

ther se sont abondamment livn

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