Sur M I "^ . Il l:i première partie de ce travail
4. Voit ':'■ 1 I '1- fh'utschen LitteraturfwvioladaGamba im 16 uini • '.. ' ,;,ii: I. i:io5.
5. Cf. Jl. Iironrt, l,->: Cnncerls en France, p. 101. l'Opération de la taille se trouve dans le cinquième livre, n- 108 et 109.
était célèbre à cet égard, et, aussi sa fameuse Opération de la Taille^, dont le canevas littéraire explique point par point les intentions imilatives. Au reste, la plupart des titres qu'il a attribués à ses compositions (/(( Désolée, la Mutine, la Pointilleuse, la Bourrasque, etc.) se rattachent à la même esthétique. Il a écrit le Tombeau de son maître Sainte-Colombe». C'est là une pièce des plus curieuses, où le Tombeau abandonne sa forme primitive d'Allemande pour adopter un dispositif beaucoup plus libre. La composition de Marin Marais vise, avant tout, à l'expression et présente un caractère élégiaque nettement marqué. On peut louer, enfin, une pièce de son deuxième livre, consistant en un Carillon, pièce dont la forme était chère à la plupart des musiciens de ce te mps.
A côté de Marin Marais, dont le fils Roland Marais devait, en 173b et 17.38, donner deux livres de Pièces de viole, Louis Caix d'Ilervelois jouissait d'une grande réputation, que partagea une famille de violistes dénommée de Caix tout court, et dont deux membres, François de Caix et de Caix l'aîné, enseignèrent la viole aux princesses royales''.
De Caix d'Hervelois a laissé six livres de Pièces de viole (1708 à 17ol), dont le sixième est écrit pour i< par-dessus de viole à cinq et six cordes». — A rencontre de Marais, il adopte la forme Suite, et son quatrième livre (1740) contient même des Sonates.
Antoine Forqueray' a composé aussi des Pièces de viole qui méritent mieux que l'oubli. Né en 1672 et
^ette pièce i été publiée par M Bienet dans son deuxième arti- I lis Tomtieaui en musique .. {Hevue mmicale, 1903, p. 031) . di. Iil-iurencip Lis île Caixet les de Caix d He, uetois {Gmde al, I7ct24jiilllcl 111(1
jC nom de ret iid^l rni t tussi Forcroix, Fotlcroix, Four-
ett \oirsurlili I l lislmqunay par J -B Pro-
nit {lîii ist ! I ' i) notre arlule Deux Vio-
lekh,'. A. , (Bull, Un fia mus de la S.
, dCci mbre 1 lOb et jiimiLt l j, il Les I oi gueiaij, çii l hor-
riisTornp: de la musique
XVII' ET XVIII' SIÈCLES. - FRANCE ir.27
fort habile violiste, il fut maître de musique du régent; attaché au service du prince de Contiet ordinaire de la musique du roi, depuis le 31 décembre 1689, Antoine Korqueray, au dire de Daquin, égalait Marais ; iNemeitz et Marpurg parlent de lui avec éloges. Il mourut à Mantes, le 28 juin 17ij. Ses Piixes de viule, dédiées ;i M"" Henriette de France, ne parurent qu'en 1747; elles sont précédées d'un Avertissement et doigtées, et constituent des pièces en trio, écrites pour deux violes et le clavecin; le livre de Forqueray contient cinq Suites divisées en cinq, six et sept morceaux portant les noms des personnages auxquels l'auteur en avait adressé l'hommage, ou bien ceux des localités où elles furent exécutées pour la première fois. On y relève les noms de Hameau, de Couperin, de Guignon, de Bournonville, etc.
Le fils d'Antoine, Jean-Baptiste Forqueray (1609- 1782), devint, comme son père, ordinaire de la chambre, musicien du prince de Conli, professeur de la princesse Anne-Henriette; il joua au Concert spirituel avec le fameux Blavet, et fut un des derniers virtuoses de la basse de viole, que le violoncelle tendait de plus en plus à supplanter. Ce fut lui qui publia les pièces de son père, en y ajoutant un arrangement pour le clavecin (1747).
On attribue généralement l'introduction du violoncelle en France à un musicien florentin, d'origine allemande, qui vint se fixer à Paris vers le début du xviii» siècle, et fut attaché à la musique du duc d'Orléans et à l'Opéra, à Jean-Baptiste Stiick, dit Baptlslin ou Batistin, dont nous signalons plus loin les Cantates.
Bientôt, une école de violoncelle se forme en France et produit des artistes remarquables, dont les œuvres
Air' gracieux
ne lardent pas à éclipser les faibles compositions pour la viole publiées par Charles Dollé (1737) et par Boismortier (1723-1734).
Rertaut ou Berteau, né à Valencieimes en 1700, mort à Angers vers 1771, peut, à ce titre, être considéré comme le véritable fondateur de l'école du violoncelle. D'après M. Grard, Berlaut aurait voyagé en Allemagne pendant sa jeunesse et aurait travaillé la basse de viole avec le Bohémien Kozai/.; mais il ne tarda pas à abandonner la basse de viole pour le violoncelle. Le premier, il se sert du pouce en guise de sillet mobile, et se fait entendre en 1739, au Concert spirituel, dans un Concerto de sa composition. On ne connaissait de lui, jusqu'à présent, qu'une petite pièce en sol majeur que Duport a insérée dans sa. Méthode, et une Sonate en la mineur recueillie par J.-B. Bréval. Ces deux pièces constituent un excellent exercice pour l'archet, et l'emploi du pouce s'y montre jusqu'au deuxième mi sur le la'. Mais on peut trouver un certain nombre d'airs de Bertaut dans un Recueil d'airs choisis pour le violoncelle établi par Cupis le jeune, après 1760; nous en donnons plus bas un spécimen.
Bertaut jouissait d'une grande réputation auprès de ses contemporains. « Personne aujourd'hui, écrit Daquin, ne peut se flatter d'avoir plus de l'eu que M. Bertaut. » Les « Airs de Bertau n que Cupis a insérés dans son Recueil sont des Menuets, des Airs gracieux, des Airs gai/x. L'exemple (Bj montre de quelle faron l'artiste passait du pizzicato au col' arcu. Déjà, dans son deuxième livre de Pièces de Viole (1701), Marin Marais écrivait un Rondeau à demi pincé et à demi à coups d'archet.
Il existe enfin, en manuscrit, au Conservatoire, trois Sonates et un Air varie pour le violoncelle de Bertaut, toutes pièces écrites très haut, en clef de so/, et témoignant d'une virtuosité déjà remarquable.
A la même époque, Jean Barrière donne quatre livres d'intéressantes Sonates de violoncelle et basse continue, dont le premier est annoncé par le Mercuic de novembre 1733. Jean Barrière s'était rendu en Italie vers 1736, pour y entendre Franciscello et y travailler avec lui. Ordinaire de l'Académie royale de musique, il mourut en 1751. Un autre violoncelliste de ce nom figure en 1773 parmi les artistes du Concert spirituel-.
I. Méthode de Bréval, p. i6i. C'est un vivacc i 2/i. Voii rent Gritlet, les Ancêtres du violon et du violoncelle, H. et Vidal, loco cit., II. —Consulter également E. Grard, B loncelliate. Bibliographie valenciennoise, t. VII, p. 230.
Les vingt-quatre Sonates de Barrière. comportent généralement quatre mouvements et présentent de nombreuses formules ornementales, des arpèges, des passages en double corde d'une exécution diflicile. Ou le considérait un peu, de son temps, comme le Leclairdu violoncelle. Barrière emploie le « pouce », et ses sonates offrent quelques exemples de cet artifice technique. Si la Méthode de Cupis, (pii était élève de Bertaut, reste muette à l'endroit du « pouce » (1768), du moins celle que le violoncelliste Tillière liublia en 1774 en donne-t-elle la théorie jusqu'aux registres les plus élevés. Tillière avait, du reste, composé des Sonates qui ne manquent pas de valeur.
Ancelet, dans ses Observations sur la Musique et les
Cf. Grard, loco
Musiciens', cite, parmi les violoncellistes de son temps, Edouard, Barrière, Patoir ou Patouart, Labbé, Martin, Chrétien, Bertaut et Davesne , auxquels nous ajouterons Olivier Aubert, auteur d'exercices et de sonates pour le violoncelle.
Patoiiiiït plail musicien à la Comédie française- et a laissé im livre di' Siniiilea qui jouissait d'une excellente répulalioii; lioisgelou rapporte qu' « il jouait avec goùl et ne cherchait point à étonner par trop de difficultés ».
Jean- Baptiste Chrétien', né en 1727, avait été élève de Campra aux papes de la musique du roi. En 1717, il entrait à l'orchestre du Théâtre des Petits Cabinets'', et fut pourvu, en octobre 175o, de la charge de joueur de viole de la chambre, en remplacement d'Itbier; après avoir donné un divertissement intitulé Ivis ou l'Orage dissipr (17:;2) aux concerts de la cour, et quelques morceaux symphoniques au Concert spirituel, il mourut le 29 mars 1760, à Versailles. Enfant ]irodige, Chrétien était connu dans sa jeunesse sous le nom du « petit Chrétien ».
Janson aîné, auquel nous devons d'assez médiocres sonates, fut, lui aussi, un enfant prodige, puisqu'il débuta au Concert spirituel à l'âge de treize ans, en mars 17o5.
Déjà, à l'exemple de Barrière, les violoncellistes cultivaient la virtuosité; Baur, dans ses deux livres de Sonates, inaugure, à l'imitation de ce que Mondonville pratiquait sur le violon, l'emploi des sons harmoniques. Duport l'aîné (Jean-Pierre), musicien du prince de Conti, publie quatre livres de six Sonates chacun, où l'usage de la double corde et des positions élevées indique un artiste en pleine possession de son instrument. Duport l'aîné avait dans le jeu une vigueur extrême, attaquant les cordes avec la plus grande énergie et les faisant résonner comme si elles eussent été de métal. Sa réputation s'étendit du reste à l'étranger, et, lors d'un voyage qu'il fit à Berlin en 1773, le grand Frédéric le nomma son premier violoncelliste et lui confia l'éducation musicale du prince royal, ainsi que la direction de l'Opéra».
Son frère cadet, Jean-Louis Duport dit le jeune, était né à Paris le 4 octobre 1749; lui aussi fut un violoncelliste de talent, élève de Bertaut, et de son aîné; il acquit une manière très personnelle, que caractérisaient une grande pureté et beaucoup de charme, et, après avoir débuté, en 1768, au Concert spirituel, il entreprit des voyages artistiques à travers l'Europe et mérita les compliments de Voltaire, chez qui il se fit entendre à P'erney. De retour en France, il se vit recherché au Concert spirituel et à la Loge olympique. Le prince de Guéménée, le baron de Bagge et la société des Enfants d'Apollon se l'attachèrent également, mais, au moment où la Révolution éclata, Duport, appelé par son frère à Berlin, s'en fut remplacer celui-ci auprès du roi de Prusse. Il a laissé des Concertos, des Nocturnes et