blavcl avait là pour collègue le violoniste Pagin
7. Voir Luynes, Mémoires, IV, p. liS; VI, p. 42i; et XI. p. 207 Sur le prince d'Ardore, consulter notre article : Un diplomate musicien an dix-huitième siàelc. Le Prince d'Ardore {Courrier musical, l" mars 1913J.
■NCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
certainement auprès ilu f^rand Frédéric, tlûtiste luimême, qui tenta vainement de le retenir.
Ses œuvres de flûte marquent un réel progrès sur les compositions de Jacques Holteterre, d"Anne-Danican Pliilidor (1712) et de Pierre Philidor (2 livres, 1716, 1717).
L'œuvre I, écrite pour deux flûtes traversières sans basse, porte la date de 1728; ce sont des Sonates à quatre mouvements bien équilibrées pour les deux instruments. Dans l'œuvre 11, Sonates rnclces de pièces pour la flûte traversière avec la basse (1732), Blavet fait preuve, à la fois, d'une virtuosité accomplie et
d'une excellente musicalité; il a saisi, on ne peut mieux, le caractère spécial de son instrument, et excelle à le produire dans des mélodies graves et douces, comme les Siciliennes, en même temps que dans les traits brillants. >'ous citerons, tout particulièrement, la première sonate de ce deuxième livre, dédiée à la duchesse de Bouillon, véritable petit chef-d'œuvre d'esprit et de grâce. Blavet donne aux divers mouvements de ses sonates des titres pittoresques et expressifs : l'Insinuante, la Lutin, etc. Voici les débuts d'un Allegretto qu'il appelle les Tendres Badinages :
Citons, encore, avec Daquin, un fUUiste qui avait un grand renom, Lucas. D'après notre auteur, « Lucas était admirable pour accompagner, et personne ne pouvait lui disputer le prix'. » Il se fit entendre en 1726, au Concert spirituel.
A côté de Blavet et de Lucas, Jean-Jacques Naudot fait bonne figure. Protégé par le comte d'Egmont, Naiidot a laissé un nombre considérable d'ouvrages, dont cinq livres de Sonates pour la flûte traversière avec la basse, des Sonates pour deux flûtes avec la basse et sans basse, des Sonates et des Pièces pour les musettes, vielles, hautbois, violons, des Sonates de
vielle et de basse, enfin de véritables compositions symphoniques, sous le titre de six Concertos en sept parties, pour la Uûte, trois violons, alto et deux basses (op. XI-). Les Sonates de Naudot (1726-1740) comprennent trois, quatre ou cinq mouvements; le Rondeau y figure fréquemment; le style est simple, peu chargé d'ornements, mais de rythmique vive et piquante. Dans les Concertos (s. d.), au contraire, qui se construisent sur le type ternaire B, A, B, les airs lents sont généralement tissés de broderies, de fleurtis et de points d'orgue, avec des traits rapides dans le genre de celui-ci :
De plus, Naudot affectionne beaucoup la Sicilienne k 6/8.
Ce serait ici le cas de signaler Montéclair^, qui a laissé pour la Uûte une littérature assez importante. Après sa Sérénade ou Concert de 1697, destinée aux violons, flûtes et hautbois, il donna six Concerts pour la flûte traversière et la basse, et six Concerts à deux flûtes, qui furent réédités en 1720; enfin, \m Recueil de brunettes où la flûte dialogue avec le violon. On sait, en effet, que, de même qu'elle entrait dans la symphonie d'accompagnement des Cantates, la flûte, en raison de son caractère tendre, langoureux, s'appliquait très bien à accompagner les Brunettes. Nous en trouvons la raison dans les Observations sicr la musique d'Ancelet'.
Les brillantes qualités de Naudot se rencontrent chez un flûtiste allemand qui vint habiter Paris vers 1741, et dont Quantz et Cafflaux parlent avec éloges, Braun le cadet. Il laissa des Concertos pour flûte (op. IX et X), des Sonates (1728) et des œuvres en trio.
Les musiciens qui écrivent pour la flûte sont, du reste, légion dans la première moitié du xyiii» siècle; une nombreuse littérature prend naissance, qui réalise les combinaisons instrumentales les plus variées, soit que la flûte seule s'associe à la basse (Sonate de flûte