‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 235 sur 364 · CLARINETTES · texte numérisé non relu

CLARINETTES

1. La cIironoIoi;ie des œuvres instrumentales de Gossec n'est pas très facile à établir avec précision. La liste qu'en donne Eitncr dans son Quelleit Lexikon présente le plus grand désordre. Gossec a dressé lui-même la liste de ses œuvres I à Xlll qu'il a fait graver sous le titre de son œuvre .XIV (17691. Cf. Cucuel, Etudes, p. 39 et suiv. Nous ajouterons que les rEuvres II et 111 se placent entre 1753 et 1756; elles n'ont pu être retrouvées.

2. Voir L. de la Laurencie et G. de Saint-Foiï, Contribution à l'/i toire de la symphonin française vers I7â0 {Aiini-e musicale, 1911).

3. 11 en est de même de la Symptionie concertante, écrite pour de violons principaux, alto ou violoncelle obligé, et orchestre d'acco pagnement. Les Trois Grandes Sijmplionies constituent l'œuvre VIIl

M ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIQNNAinE DU CONSERVATOIRE

/usTo/Ri': m: la musique

XVII' ET XVIIIo SIÈCLES.

FRANCE 1545

Les six symphonies de l'iruvre V ont déjà une allure tout à fait analogue à celle des petites synililioiiies d'Haydn. Elles comprennent quatre mouvements : Allcfjro Andante ou Adagio Menuet, Prrsto.

Nous signalerons surtout la premirre, en fa majeur. L'Allégro de début à qualro temps est construit sur deux lli("mes :

Thème

présentés l'un dans la force, l'autre très piano. Gossec nuance cerla des contrastes marqués de forte et de piano.

. traits, comme les Mannheimistes, avec

Sa mélodie est brève, de souffle court; il abuse des batteraenls des instruments à cordes, et fait étal de formules qu'on retrouve, du reste, chez la plupart des symphonistes de la fin du xvm" siècle (Higel, Davaux, (îuénin, etc.).

L'a'uvre VI, qui comporte six symphonies, dont les trois premières avec hautbois et cors, et les trois dernières en quatuor (vers 1763), présente (Symphonie VI, /(( majeur) un Allegro staccato avec grands écarts d'octave trrs caractéristiques de la manière de Gossec.

Venons-en à la Chasse, qui détint longtemps la célébrilé, et à laquelle Mébul a demandé l'idée de son ouverture de la Chasse du jeune Henri'. Les Chasses furent, au demeurant, des plus fréquentes durant

Allegr

le xvni" siècle, et Cartier en a rassemblé, dans son Art du violon, une sorte d'anthologie dont il a puisé les éléments chez les violonistes italiens, français et allemands.

La Chasse de Gossec, en ré majeur, est écrite pour deux violons, altos, deux hautbois, deux clarinettes, deux cors, deux basson et basse, et se compose de quatre mouvements, dont trois à 6/8. Ellefutexécutée pour la première fois, au Concert spirituel, en mars 177i, mais a pu être composée un peu avant celte époque. Elle émerveilla les auditeurs par son caractère pittoresque; V Allegro du début, " tempo di caccia », représente l'aboiement des chiens et la galopade des chevaux :

Gossec y emploie les instruments à vent de façon plus indépendante et plus libre que dans ses autres compositions. Ceux-ci dialoguent avec le groupe des cordes et possèdent déjà une personnalité bien définie.

La dernière symphonie, la Symphonie en dix-sept parties, composée en 1809 {fa maj.), constitue le chefd'œuvre du musicien, parvenu alors à une véritable maîtrise dans le genre instrumental. Elle comporte, outre l'orchestre des pièces précédentes, deux trompettes. « Tous les thèmes qui la composent, écrit M. Hellouin, sont intéressants, développés avec tact et habileté... Il avait eu grandement le temps de s'assimiler les symphonies d'Haydn-. »

Gossec a, du reste, écrit une grande quantité de musique instrumentale, dontsio; Trios pour deux violons, basse et cors (op. IX), six Symphonies à grand orchestre (op. XII), trois Symphonies à grand orchestre

1. Chez Méliul le développement est beaucoup plus hahilc. Ou retrouve chez Gossec l'hallali des cors en ré qui termine l'ouverture de Mébul. Il est à remarquer que plusieurs œuvres analogues apparurent a partir de 1775, Chasse de Ch. Stamitz, Chasse de G. Cramer.

Page 1