‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 237 sur 364 · M. Brenet. la Musiqw ■'racrrr sous tottis XIV, p · texte numérisé non relu

M. Brenet. la Musiqw ■'racrrr sous tottis XIV, p

3. kri. Motet du Diclini'in, '• ■,.> i/,i;,-. H est assez piquant ilo

eonstater que Jean-Jacq , I I i - aie. eoinme l'annonciateur

'les idées qui devaient s V^|i - !■ 1/ .,';' /ïro;irio de Fie X.

4. Sur Charpcntiei-, ion : i . ,'. uni ICOO; — le/ouivini </'■ Trceoi/x, novembre 17" I 1 1 1 ' 1 1 \ n'-\ tUv ''!'■■> '-fT : — Clément et de la Porte, .-1'' ' ' , - lU : ' ' Mirhel \:reael,M.-A.CI,arpf^„l, / ' ■• w, pu. et suiv.) et /,e5 Musiciens t/- ^ ^' ' <;- . /■ .1 i ', j-. !J3

p. 313, lilO*, p. 493, l'oOS, p. 43i, et Bulletin mensuel de lu Société internationale de musique, mai 1905.

majesté de celui à qui ils s'adressent, et l'égalilé d'âme de ceux qui les prononcent. Quoi que puissent dire ceux qui les prononcent, toute autre expression dans le chant est un contresens. H faut n'avoir, je ne dis pas aucune piété, mais je dis aucun goût, pour préférer dans les églises la musique au plain-chant'. ■>

Un des maîtres qui, avec du Mont et Lulli, transportèrent dans la musique religieuse le sentiment dramatique, est Marc-Antoine Charpentier*.

Né à Paris, postérieurement à I6.i4, Charpentier, qui appartenait à une famille de peintreg, entendit à Home les compositions de Carissimi, et cela détermina sa vocation. On prétend que sa mémoire lui permettait de transcrire les oratorios du maître italien, après une seule audition. Ce qu'il y a de certain, c'est que Charpentier travailla auprès de Carissimi, et qu'il copia de sa main la.. Jcplité du musicien romain. Une fois de retour à Paris, il entra au service de M"» de t'iuise^, pour la musique de laquelle il se mit à composer, en même temps qu'il collaborait avec Molière. 11 écrivait ainsi de la musique nouvelle pour la Comtesse d'Escarbagnas, pour le Mariage forcé et le Malade imaginaire (1673). Cette collaboration de Charpentier aux représenlations du Théâtre -Français continua après la mort de Molière; successivement, il compose de la musique pour l.ircé |16"a), pour Vliirunnn (1675), les Fous (lirrrlissnnts (1680), la Pierre philosophale (16811, VAmlnutnilr ,1e Corneille (1682). Kn 1684, il refait la Cs.'/W,/ de Lulli, et donne, en 168d, des intermèdes pour Venus et Adonis.

Lors du concours de 1683, à la suite duquel Lalande obtint une des quatre places de sous-inaître de la chapelle par quartiers, Charpentier tomba malade et ne put continuer les épreuves. Le roi l'avait cependant distingué et pensionné. 11 entra alors au service des Jésuiles de la maison professe (vers 1684), et se mita travailler pour les tragédies musicales que les Pères faisaient représenter au collège de Clermont. A cette époque, presque tous les couvents étaient, ainsi, des centres d'activité musicale, et les concerts donnés par les Théatins jouissaient, en particulier, d'une grande réputation.

Chez les Jésuites, Charpentier collabora à nombre de tragédies spirituelles, parmi lesquelles nous citerons : Clisso>ius (1683), Celse martyr (1687), David et .Jonathas, Saiil (1688), toutes tragédies latines, auxquelles s'adjoignaient des ballets, tels que le Ballet des Saisons (1688) et Orphée (1690) \

Enfln, Charpentier s'essaya dans un genre plus profane, et doima à l'Opéra, le 4 décembre 1693, la tragédie de Médée, dont Thomas Corneille avait fourni le pauvre poème, et dans laquelle il avait cherché à se libérer du cadre lulliste. Philippe d'Orléans le prit alors comme maître décomposition, et, d'après Titon du Tillet, Charpentier aurait composé, de concert avec son élève, l'opéra de Philomèle, qui fut représenté au Palais-Royal '. Le 28 juin 1698, Charpentier était nommé maître de musique à la Sainte Chapelle, en remplacement de François Chaperon, et mourait le 24 février 1704.

3. Sur les concerts donnés par M"" de Guise dans son hôtel, voir le Mercure galant de mars 1688, p. 98. Le maitre de musique do la princesse était un M. de Montailly qui possédait très bien Tart du cbanl, et qui était élève de Bacilly [Ibid., p. 98, tm, 200).

G. Sur les opéras et tragédies spirituelles représentés dans les collèges de Jésuites, on consultera le Mercure ijalant de mai 1699, p. 317 à 322.

7. Cette partition n'a pu être retrouvée, mais la Bibl. nal. possède les nétjles de composition et VAlirégé des rii/les pour l'accompagnement, rédigés par Charpentier pour le Régent.

La brève incursion de Charpentier au tliéàtre ne permet pas de discerner les résultats qu'il aurait pu y atteindre. Sur ce terrain, il se trouvait paralysé par la jalousie de Lulli, qui l'empêcha de donner sa mesure. Mais, comme compositeur de musique religieuse, Charpentier occupe, avec Lalande, une place prépondérante dans l'art français de la fin du xvii" siècle. Sa fécondité n'a d'égale que son talent; huit ou dix Messes et plus de trente Psaumes sortirent de sa plume, sans compter les Motels écrits pour la plupart des fêtes de l'année, plusieurs Te Deuin, Magnificat, des hymnes, des proses, des Leçons de Ténèbres, etc. En outre. Charpentier composa des morceaux à une, deux et trois voix de femmes, avec la basse continue, destinés à des couvents de femmes, et notamment à Port-Royal et à l'Abbaye aux Bois. A la chapelle du dauphin, il donna de grands Psaumes comportant des soli, des chœurs et une partie symphonique'.

Ce sont ses Cantates latines et ses Oratorios qui constituent la partie la plus originale de son œuvre si vaste. Il avait plaisanté son prédécesseur à la Sainte Chapelle, François Chaperon, dans une cantate latine burlesque, intitulée Epilaphiiim Carpentarii; son inspiration se fait moins satirique à l'occasion de la guérison du dauphin, de la mort de la reine Marie- Thérèse (1683), du rétablissement du roi (1G06).

Il a laissé, enfin, d'admirables Oratorios, et fut certainement le seul musicien français qui se soit essayé dans l'Histoire sacrée, où il s'affirme bien l'élève de Carissimi. Empruntées à l'Ancien et au Nouveau Testament, les Histoires sacrées de Charpentier ouvrent libre carrière à son talent si dramatique et si coloré. Elles comportent une action en laquelle l'historien ou récitant, les chœurs et divers interlocuteurs

mettent une intensité extrême de vie et d'expression. Le Jugement de Salomon (1702), le seul oratorio de Charpentier qui soit daté, le Sacrifice d'Abraham, VEnfant prodigue, la Naissance de Jésus-Christ, le Massacre des Innocents, l'Histoire de sainte Cécile, la curieuse Peste de Milan et l'admirable et poignant Reniement de aaint Pierre fournissent des pages d'une haute éloquence, où l'expression pathétique atteint à son maximum. Charpentier excelle dans la peinture de la passion; il a des accents brefs et émouvants, une mélodie beaucoup plus arrêtée et plus précise que celle de Lulli, parfois un peu sèche dans son rythme fortement accusé. Le Reniement de saint Pierre caractérise parfaitement le style dramatique et incisif de Charpentier; la scène où Pierre renie son maître et sa déploration finale peuvent être rapprochées des plus nobles inspirations de Carissimi-.

Une œuvre de Charpentier mérite tout particulièrement l'attention, en raison de son écriture personnelle et vraiment nouvelle. C'est une Cantate à cinq voix et instruments, composée sur des paroles italiennes en l'honneur de l'électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel, et qu'on a qualifiée d'E/nthalame (vers 1698) '. On ne saurait trop en admirer la fermeté et l'éclat du style, ainsi que l'orchestration, qui est beaucoup plus poussée que dans les œuvres similaires italiennes.

L'orchestre employé par Charpentier dans cet Epithalarne ne comporte pas moins, en efl'et, de douze parties, deux violons, deux tlùtes, deux hautbois ou musettes, deux trompettes, timbales, basson, violon et clavecin; il n'y a pas, comme dans l'orchestre luiliste, de parties intermédiaires de violon. Les trompettes, surtout, sont traitées avec une grande liberté, que fera lessorlir l'exemple suivant :

Trompettes

A côté de Charpentier, nous citerons l'Angevin Jean- Baptiste Moreau, qui fil chanter, en 1697, un Concert spirituel ou le peuple juif délivré par Esther, sur des vers de M. de Banzy, de même mesure que ceux de Uacine. Moreau était mailre de musique à Saint-Cyr et a écrit de la musique d'inspiration toute racinienne; toutefois, son Concert spirituel ne constitue point un Oratorio à proprement parler, genre dont Charpentier fut à cette époque le seul protagoniste en France*.

1. Dans son Discours sur la musique d'Eglise. Lecerf de la Viéville porte sur Cliarpenlier une appréciation plutôt sévère. Voici en quels ternies il la formule : <. Je n'ai point entendu de motets de Charpentier... Mais je ne comprends point par quel miracle Charpentier auroit été expressif, c'est-à-dire naturel, vif et juste, dans sa musique latine, ^uî qui étoit dur, sec et guindé à l'excès dans sa musique françoise, ce que le méchant opt-ra de Mêdée, un recueil de chansons que je connais, et Jonathas, petit opéra représenté au collège de Clermont même, et duquel j'ai vu, depuis peu, la partition, témoignent de reste. » (Lecerf, loco cil., p. 138.) Les .Mémoires de Tn-ooux d'août 1709 consacrent un article aux Motels de Charpentier (p. 1487). M. Brenet a donné une liste des œuvres de Charpentier, dans son article précité de la Tribune de Saint-Germis.

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