‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 243 sur 364 · Encyclopédie, art. Cantate · texte numérisé non relu

Encyclopédie, art. Cantate

5. 'Voir Ileuue musicale du 15 octobre 1904, p. 493, art. de M. H. Quitlard.

.urait fait ses premières études musicales à Orléans. Cf. .stres de l'Orléanais, I, p. 74.

HISTOIRE DE LA MUSIQUI

la faoon dont on doit procéder à l'exÉculioii de ses Cantdlcs. Colles qui sont .< sans symphonie » s'accompagnent purement et simplement du clavecin, tandis que la « svmplionie » comporte l'adjonction d'une basse do viole.

Bien que ses Cnniales franroUes ne constituent qu'une faible partie de son œuvre, nous croyons devoir citer ici le nom de Jean-Baptiste de Bousset, en raison de l'importance et du nombre de ses autres compositions vocales.

Jean-Baptiste de Bousset' était né à Dijon vers 1662. Maître de musique de la chapelle du Louvre et de celle des Académies française et des sciences, où, d'après Daquin, il faisait exécuter, tous les ans, un Motet de sa composition, Bousset mourut le 3 octobre 172:;, et fut inhumé en l'église de Saint-Jean en Grève.

A ses débuts à Paris, il enseignait avec grand succès « le goût du chant », et écrivit des Airs sérieux et à boire à une, deux et trois voix. Sa fécondité, dans ce genre, était telle que, durant trente-quatre ans, il publia, chaque année, un recueil de ces airs, qu'il dédiait à la duchesse de Bourgogne, à la duchesse de Berry, etc. Le premier des recueils de de Bousset porte la date de 1691. Il a laissé aussi des Cantates françaises, dont un livre parut en 1710, et une Egto- (juc bachique (1695). On vantait beaucoup son chant « noble, agréable et naturel », parfaitement adapté aux paroles. Cantates et Airs ont de la langueur et de la grâce, et présentent de bons spécimens de l'élat de la mélodie vocale de chambre à la hn du xvn° siècle et au début du xvni'^.

Vers le même temps, Nicolas Bernier publie trois livres de Cantates françaises ou musique de chaml>re arec ou sans symphonie et la basse continue-; il devait en donner sept livres contenant chacun quatre cantates, le cinquième intitulé les ?\uils de Sceaux, les sixième et septième, dalrs de 1718 et 1723. Puis, coup sur coup, de nouvellos œuvies surgissent: c'est Battistin (Jean-Baptiste StiiU, dit Battistin ') qui publie quatre livres en 1707, 1708, 1711 et 1714; ce sont Brunet du Molan, M'" Jacquet de la Guerre' et Montéclair" qui font paraître, le premier des Cantades et Ariettes, la seconde des Cantates françaises sur des sujets tirés de l'Ecriture sainte à voix seule et basse continue (1708 et 1711), le troisième trois livres de Cantates françaises et italiennes (1709), ces dernières laissant souvent pressentir la manière expressive et pittoresque de Rameau. Knfin, Nicolas Clérarabault

1. Sur de Bousset, consulter Titon du ITillet, Parnasse français, CCXXXllI, p. 603-004, et La Borde, loco cil., III, p. 393. On trouvera aussi des airs de de Bousset dans les /{ecurits d'Airs sérieux et à boire de Bailard. Son parolier étiit Morfontaine. De Bousset laissa un llls qui mit en musique des Odes de J.-B. Rousseau, et qui publia aussi des airs sérieux et à boire. Voir plus loin.

î. Sur Bernier, \oir plus haut.

3, Battistin mourut à Paris le 8 décembre 1755, et fut enterra à Saint- Eustaclie; voir la partie de ce travail consacrée à la musique pour instruments à archet.

4. M"" de la Guerre (Claude-Elisabelh Jacquet), née à Paris vers 1664, mourut dans cette ville le 27 juin 1729. Elle a laissé, outre ses Cantates de I7U8 et 1711, Sémélé, liste de Di-lo.i, le Sommeil d'Ulysse et le Raccommodement comique. C'était une habile claveciniste. Voir dans l'An, iO" année, t. LIX (1894) l'article de M. Brenet intitulé: Quatre femmes musiciennes. Les Cantates franeaises sur des sujets

XVII^ ET X VIII" SIÈCLES. — FRANCE 155i)

et Louis BoMigeoi.s donnent des Cantates dont la réputation devait se poursuivre longtemp.s.

Battistin, comme on l'a vu plus haut, élait né ù Florence d'une famille allemande; attaché au service du duc d'Orléans, il dédia à ce prince ses quatre livres de canlales. Son style, passionné et fougueux, reflète l'influence italienne, et Boisgelou trouve spirituelle la tournure do son chant. Il convient d'ajouter que les accompagnements de Battistin présentent un réel intérêt, car le musicien, en sa qualité d'excellent violoncelliste, y a introduit toutes sortes de broderies et de traits pour le violoncelle, qui se substituait alors à la basse de viole.

Quelques-unes de ses cantates furent célèbres, notamment les Bains de Thomenj, oil l'allégorie se déguise à peine, Mars jaloux, et surtout l'amusante cantate d'Heraclite et Démocrite, dans laquelle Battistin met en scène, avec beaucoup d'esprit, l'optimisme et le pessimisme des deux philosophes. Après qu'Heraclite a chanté d'un ton dolent, et que Démocrile lui a répondu sur un ton vif et gai, tous deux exécutent un duo qui accouple fort ingénieusement leurs sentiments opposés. Uaquin, qui traite Battistin de « rival de Clérambault », déclare qu'Heraclite et Démocrite est un de ces ouvrages qui suffisent à immortaliser un artiste''.

Bernier ne tarda pas à éclipser Battistin, et l'on s'arracha ses cantates. Recommandable par sa science, comme le dit Daquin, appelé le savant Bernier, il excellait dans le style fugué, et a mis en musique la plupart des cantates de J.-B. Rousseau. Les l^ytnphes de Diane, surtout, jouirent longtemps d'une grande vogue.

Clérambault a été un maître de la Cantate. On connaît de lui cinq livres de Cantates françaises (1710, 1713, 1716, 1720, 1726), dont le premier'(1710) contient deux de ses œuvres les plus célèbres, Orphée et Uédce. <c Rien n'est plus beau que Léandre et Héro, » s'écriait Daquin. Si le style de Clérambault pèche parfois par quelque sécheresse et quelque raideur, du moins .''aut-il lui reconnaître une parfaite correction; on lui a trouvé des analogies avec celui d'ilaendel; de plus, le musicien a souvent atteint à de beaux effets expressifs, à une grâce touchante et noble, et le sujet d'Orphée, par exemple, lui a fourni l'occasion d'écrire une page émouvante, dont le fragment suivant donnera une idée : des fliites et des violons accompagnent la voix d'Orphée gémissant : « Rendez-moi ma chère Eurydice'. «

tirés de l'Ecriture font l'objet d'un article inséré dans les Mémoires de Trévoux de février 1709, p. 294.

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