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Si profonde avait été l'impression produite par la marche lugubre de Gossec, dont les harmonies douloureuses avaient rythmé la marche du cortège dans la nuit, que désormais la musique eut sa place définitivement reconnue dans toutes les fêtes de la Révolution, et qu'elle s'y manifesta non seulement par l'orchestre d'instruments de cuivre et de bois dont Sarrette avait pressenti la nécessité, mais encore par des œuvres spécialement composées pour l'événement célébré.
Trois mois après la pompe funèbre de Mirabeau, ■Voltaire entrait au Panthéon; et déjà les chœurs s'unissaient aux instruments pour l'exécution grandiose d'hymnes qui restent parmi les plus beaux de ceux qu'a produits l'art de la Révolution.
Dès l'année 1790, Charles Villette, mari de la fille adoptive de Voltaire, avait demandé la translation du corps de Voltaire à Paris, où la sépulture lui avait été refusée en 1778, et proposé la consécration aux grands hommes d'un temple de la capitale :
•' D'après les décrets de l'Assemblée nationale, l'abbaye de Sellières est vendue. Le corps de Voltaire y repose. Souffrirez-vous que cette précieuse relique devienne la propriété d'un particulier?... Vous approuverez sans doute, messieurs, la translation de Voltaire à Paris; il s'agit de déterminer le lieu où il doit être déposé... Si les Aniilais ont réuni leurs grands hommes dans Westminster, pourquoi hésiterions-nous à placer le cercueil de Voltaire dans le plus beau di' nos temples, dans la nouvelle Saintetieneviève, eu face du mausolée de Di-scartes, que l'on alla chercher de même à Stockholm, seize ans après sa mort? C'est là que j'offre de lui élever un monument à mes frais... >i
Poussée par l'enthousiasme du peuple, qui vou-
lait affirmer dans la pompe des fêtes civiques son avènement à la liberté et à la fraternité, l'Assemblée nationale saisit l'occasion qu'apportait la circonstance imprévue de la vente de l'abbaye de Sellières, et, le 30 mai 1791, elle décréta la translation des cendres de Voltaire au Panthéon.
Pour cette fête, qui ne réclamait point de chants funèbres, et dont aucun rite ne prévoyait la célébration, on fit appel au concours de tous les arts: le peintre David en fut l'ordonnateur, et l'architecte Cellerier l'exécuteur; le poète M.-J. Chénier écrivit des odes et des hymnes, le compositeur Gossec les mit en musique, et Bernard Sarrette en assura l'interprétation.
A l'effort de ces talents se joignit celui de tous ceux qui avaient fait la Révolution, et dont la manifestation se produisit sous les formes les plus diverses.
Fixée d'abord au 4 juillet 1791, la translation des cendres de Voltaire fut retardée au H juillet par la fuite du roi et son arrestation à Varennes. Mais les esprits oublièrent pour un moment leur inquiétude de l'avenir, et une grande exaltation anima Paris pendant les jours que dura la glorification de Voltaire.
Le dimanche 10 juillet, le char portant son corps entrait dans la capitale après un trajet triomphal à travers les provinces enthousiastes.
Les restes de Voltaire furent conduits à la place do la Bastille et déposés sur un cénotaphe de lauriers et de roses, élevé à l'endroit où, depuis deux ans, n'étaient plus les cachots qui avaient jadis emprisonné le poète. L'n immense pèlerinage s'empressa vers le cercueil tleuri, et rien n'aurait troublé la majesté de cet hommage émouvant si quelques malveillances nu s'étaient efforcées de créer un mouvement de proies-
tation, en prétextant l'indignité scandaleuse d'une cérémonie où l'on n'avait point convié la religion qui avait rejeté Voltaire, et aussi l'imprévoyance administrative de l'Assemblée nationale, qui dilapidait des finances en fêtes inutilement pompeuses.
Pour répondre à ces tentatives de désordre, Charles Villette donna la preuve que la dépense de l'Etat se bornait ù 18.000 livres. Et le rédacteur des Révolutions de Parh s'opposa au reproche de scandale, en rappelant la glorification du poète italien Pétrarque, où le pape lui-même avait pris place, sans étonnement, à côté des dieux mythologiques figurés. La cérémonie de la translation des cendres de Voltaire au Panthéon, le lundi 11 juillet 1791, put s'accomplir avec la sérénité et la grandeur qui convenaient à l'acte de glorification accompli par un peuple affranchi envers le génie libérateur. Gossec avait écrit un chœur à trois voix d'homme, avec harmonie. Peuple, rrcille-toi, sur un fragment de Samson de Voltaire, qui fut exécuté devant l'Opéra; puis un chant, avec harmonie, sur un poème de Chénier, Ce ne sont plus de pleurs, qui fut exécuté devant la maison de Voltaire, quai des Théàtins, devenu quai Voltaire, le jour même de la cérémonie,
La place qui convient aux arts leur avait été, pour la première fois, donnée sans parcimonie, dans la translation de Voltaire au Panthéon. Aussi, désormais, à l'habitude déjà prise de mettre en action les enthousiasmes du peuple, au moyen de fêtes et de cérémonies, s'ajoute celle de ne plus recourir aux rites consacrés de la liturgie, pour la célébration solennelle des événements patriotiques et des vertus civiques. Les esprits étaient encore sous l'impression du spectacle grandiose de la translation de Voltaire au Panthéon, le 11 juillet 1791, lorsque vint le jour de la commémoration de la prise de la Bastille, devenu, depuis le 14 juillet 1790, l'anniversaire de la Fédération.
Le peuple s'assembla au champ de Mars, mais ne s'y anima point. Le goût lui était venu de cérémonies moins prévues et plus « analogues au temps », que la célébration de la messe sur l'autel de la Patrie par l'évêque de Paris. En outre, à cette heure, que l'arrestation du roi dans sa fuite vers l'étranger et les hésitations de l'Assemblée nationale rendaient anxieuse, cette répétition stricte, où même l'élément liturgique était diminué, de la cérémonie accompagnant le serment de fidélité à la nation célébrait si pauvrement le deuxième anniversaire de l'alfranchissement de la patrie et le premier anniversaire de l'union des citoyens, que le peuple ne se souvint de son triomphe à la Bastille et de son enthousiasme à la Fédération, que pour ressentir plus douloureusement la déception de son immense espoir.
Le lendemain lo juillet, l'inquiétude de l'avenir l'avait repris tout entier. Dix mille citoyens signèrent, ce jour-là, sur l'autel de la Patrie, une pétition à l'Assemblée nationale, qui discutait alors l'inviolabilité de la personne du roi. L'Assemblée avait espéré faire le calme en rendant un décret qui mettait en accusation le général de Bouille pour avoir préparé la fuite du roi, et un décret qui mettait Louis XVI hors de toute accusation.
On avait espéré faire le calme; ce fut l'agitation qui sortit de cette décision précipitée. Toutes les sociétés patriotiques se donnèrent rendez-vous au champ de Mars, le 17 juillet, et plus de quarante mille personnes se préparèrent à signer, sur l'autel tle la Patrie, une nouvelle pétition demandant à l'As-
semblée nationale de revenir sur le décret qui, avec un trop grand empressement, innocentait le roi.
L'apparition subite de dix mille gardes nationaux en armes, accompagnés d'un détachement de cavalerie, interrompit brusquement les danses et les chants de ceux qui trompaient ainsi l'impatience d'apposer leur signature. Puis les têtes s'atfolèrent devant tout cet appareil de violence, qui défiait la liberté d'opinion; les gardes nationaux furent injuriés, ils répondirent par des coups de fusil; des hommes, des femmes, des enfants réfugiés près de l'autel de la Patrie y furent massacrés. Pour ne point avoir su prévoir l'oubli des sommations préalables, auxquelles la foule eût obéi, le maire Bailly et La Fayette mirent à leur popularité cette tache de sang ineffaçable, et les atroces exaspérations de la Terreur furent devancées.
Les espérances de réaction que fit naître celte lugubre journée du 14 juillet 1791 ne devaient pas durer longtemps.
L'Assemblée nationale, en s'empressant de mettre le roi hors de cause, n'avait pas trompé la confiance du peuple. On le comprit, lorsque les esprits commencèrent à revenir au calme. Dans la constitution dont elle allait achever l'élaboration, un article reconnaissait l'abdication du roi au cas où le serment prêté par lui ne serait pas fidèlement tenu. La générosité de la mesure politique qui avait innocenté Louis XVI au retour de Varennes apparut alors, et la proclamation prochaine de la Constitution sembla la promesse certaine d'une ère de paix fraternelle. On accueillit avec joieladécision prise par l'Assemblée nationale de fêter solennellement la proclamation de la Constitution, et quand vint le jour fixé, le 18 septembre 1791, le peuple montra, par son enthousiasme, qu'il était revenu à la confiance et à l'espoir.
La proclamation de la Constitution solennellement faite le 18 septembre 1791 marque dans notre histoire une date inoubliable, car, en ce jour, avec les devoirs liant les gouvernés aux gouvernants, furent déclarés les droits de l'homme. A la célébration de cette fête civique, qu'on avait voulue sans apparat, sans décor, simplement grandiose, la musique avait été jugée digne d'être conviée. L'hymne de Gossec, déjà exécuté à la translation de Voltaire au Panthéon, Peuple, éveille-toi, Hoinps tes fers, y devint l'expression de l'enthousiasme du peuple français, soulevé par la sincérité de sa foi jusqu'à la certitude de la Liberté et de la Fraternité. Abandonnant leurs armes, les soldats de la garde nationale portèrent Gossec en triomphe, quand résonnèrent les dernièresnotes de l'hymne.
Les musiciens peuvent se souvenir avec orgueil' de la place que tint leur art à la fête où furent proclamés, par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les principes qui sont demeurés l'évangile de la Uévolution. El pour cette manifestation glorieuse, ils doivent une reconnaissance particulièrfr à leur ancêtre Gossec.
A l'occasion du retour à Paris des Suisses du régiment de Chciteauvieux, fut célébrée la première !• fête de la Liberté ».
Complètement éclairée par les arrière-pensées réactionnaires du général de Bouille, qui avait voulu la condamnation de ces soldats républicains en 1790 et qui avait préparé la fuite du roi à l'étranger en 1791, l'Assemblée nationale s'était décidée, dès le commencement de l'année 1792, à amnistier les sarvi-
HISTOIRE DE LA Mf'SIQVE
vants du régiment de Ghàteauvieux. Elle n'avait songé qu'à accomplir un acte de justice; mais ceux en qui les derniers événements avaient exaspéré l'attachement aux anciennes institutions y voulurent voir un encouragement à l'insubordination, el ils créèrent un mouvement de protestation. L'organisation d'une fête de la Liberté, pour accueillir les graciés, fut la réponse du peuple.
Malgré les obstacles accumulés, les préparatifs furent poussés avec tant d'activité, que la date de la célébration put être fixée au 15 avril, et que rien ne manqua à l'éclat de la journée, pas môme les décorations imaginées par le peintre David, auxquelles on avait proposé de renoncer pour ne pas retarder la fête, qui suscitait des récriminations de plus en plus bruyantes.
Impuissants, les détracteurs de la fête de la Liberté durent assister à son succès. Tous les arts s'étaient unis pour la faire triomphante. Le peintre David avait organisé le cortège et orné le char de la Liberté de peintures dignes d'un musée. Le musicien Gossec avait exprimé l'allégresse populaire en une lionde natkmnic, que tous chantrrent et dansèrent, au son de l'oicheslre d'harmonie de Sarretle, el en un llijiune à la Libertr, sur un poème de Chénier, Premier bien des 7iioitels, ô Liberté, qui mêla à la gaieté de la danse chantée la pure émotion d'un gracieux cantique.
Le récit que nous trouvons de cette fête dans le Moniteur montre qu'il y avait alors assez d'unanimité dans les esprits du plus grand nombre pour qu'on ne redoutât point les occasions de rassembler le peuple, et que la fête de la Liberté, célébrée le 13 avril 1792, fut assez impressionnante pour qu'apparût, dès ce moment, la préoccupation de voir instituer des fêtes nationales, régulièrement fixées à diverses époques de l'année :
... La fêle (ic la Liberlé a clé célébrée avec une aftlucnce, une allégresse, un ordre, une paix, une effusion franche de bienveillance el de joie populaire qui doit laisser un souvenir doux dans l'Ame de tous les patriotes, un sentiment de confusion dans celle des ennemis impuissants du bien public, et un regret cuisant dans le cœur de quelques écrivains qui, opposant k cette
risqué de
pouit
fêle une contradiction aussi absurde qu'oi)ini,Ure, ont la rendre sanglante...
... Le peuple est digne d'être libre. Livré h lui-mi l'effort d'un triomphe qu'on lui a disputé, il a su i la fois et s'y contenir. Il était lii dans toute sa force, et il n't abusé.
Pas une arme pour réprimer les excès, mais pas un excès à réprimer. Nous dirons aux administrateurs : Donnez souvent de ces fêtes au peuple; répétez celle-ci chaque année le 1.5 avril ; que la fête de la Liberté soit notre fête printaniôre, que d'autres solennités civiques signalent le retour des autres saisons de l'année...
Les fêtes populaires sont la meilleure éducation du peuple...
L'élan est en effet donné, et désormais l'habitude de se réunir dans des fêles et dans des cérémonies est prise. Beaucoup, par esprit de réaction, avaient tenté de s'opposer à celle fête de la Liberté, célébrée le 15 avril 1792. Mais ceux-là mêmes s'empresseront de vouloir répondre au succès de la fête obtenu contre eux, en instituant une autre fête. Dans une émeute, le maire d'Etampes, Simoneau, a été tué. La ploriflcation de sa mémoire, en une cérémonie funèbre au champ de Mars, sera la raison de celte fête, dite « fête de la loi ». Klle eut lieu le 3 juin 1792, et, pour la circonstance, Gossec composa un nouvel hymne, le Triomphe de la loi.
A cette préoccupation unanime de réunions populaires solennelles, les événements, en cette fin d'avril 1792, vont encore ajouter. L'Autriche a déclaré la guerre à la France, le 23 avril, et quelques semaines après, la Hussie et la Prusse seront alliées à l'Autriche. C'est l'heure où l'Assemblée législative proclamera la patrie en danger. La fièvre patriotique anime tous les Français. Le soir de la déclaration de guerre, à Strasbourg, naît le Chant de rjuerrc pour l'armée du lihin, que son auteur, le capitaine Rouget de Lisie, dédie au maréchal LuUner. Trois mois plus lard, les Marseilhiis, dans la journée du 10 aoftt, le chanteront pour entraîner le peuple aux Tuileries. Paris, qui chante déjà le t'a ira, la Carmaynole, Veillons au salut de l'empire, adoptera alors la Marseillaise, bientôt chant national, et, quand viendront les occasions de se réunir, ce chant, que tous connaissent et dont l'ardeur est ressentie par tous, sera l'éloquente expression du sentiment colleclif.
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La commémoration du 14, juillet 1789 est célébrée en 1792, au champ de Mars. On y chante le Chant du U juillet de Ghénier et de Gossec, et une œuvre nouvelle des mêmes auteurs intitulée Dithyrambe pour la Fédération : « Vive à jamais, vive la liberté! » Les esprits cependant sont en pleine ap;italion. Le 20 juin, les faubourgs Saint-Marceau elSaint-Anloine, commandés par Santerre, ont envahi les Tuileries et forcé le roi à porter le bonnet rouge. L'orage, qui éclatera le lOaoût.'gronde déjà. Mais rien ne peut contre le désir général de se réunir au jour de l'anniversaire glorieux. De plus en plus, la musique prend une place prépondérante. Tous ces musiciens, toutes ces voix d'hommes et de femmes, collaborant à l'exécution de la même œuvre, apparaissent comme le symbole des sentiments d'union et d'enthousiasme qui appellent tout un peuple, le même jour, dans le même lieu.
La journée du 10 août même est immédiatement célébrée par une cérémonie funèbre, improvisée dixsept jours après l'événement, le 27 août. Cette fête commémorative eut lieu, à neuf heures du soir, aux Tuileries, à l'endroit où étaient tombés les moris dont on honorait le souvenir. Elle fut très impressionnante et laissa aux assistants une douloureuse émotion, que Michelet a notée dans l'Histoire de la Révolution : "... Les chants sévères de Chénier, la musique âpre et terrible de Gossec, la nuit qui venait et qui apportait son deuil, tout remplit les cœurs d'une ivresse de mort et de pressentiments sombres... »
Enfin la proclamation de la République, le 22 septembre 1702, va marquer le progrès décisif des idées nouvelles. C'est l'avènement de la démocratie. Tout ce qui est conforme à l'organisation sociale que la France se donne, et peut la fortifier, se développera naturellement et librement. On ne discute plus dans
les clubs, dans les journaux, sur l'utilité des fêles. Le temps est proche où les gouvernants voudront ériger en système et établir avec une régularité périodique les manifestations jusqu'alors inspirées par l'enthousiasme du moment ou la fierté des souvenirs. Celles de la fin de l'année 1792 et celles de l'année 1793 orientèrent définitivement la pensée des hommes au pouvoir vers cette préoccupation.
En celte fin de l'année 1792, le mouvement s'étendit hors Paris. Après la victoire de Valmy, le général Kellermann organise une fête triomphale sur le champ de bataille. Il veut faire chanter un Te Deum, mais le ministre de la guerre, Servan, lui écrit, à la date du 26 septembre : <( La mode des Te Deum est passée. Faites chanter solennellement, et avec la même pompe que vous auriez mise au Te Deum, VHijmnc des Marseillais, que je joins ici à cet ellet. » Le b octobre, Carnot et Lamarque arrivent à Bordeaux, pour se rendre en mission près de l'armée des Pyrénées. Leur passage est l'occasion d'une cérémonie au champ de Mars, en l'honneur de < l'inauguration de la République ». Du 20 septembre au 12 octobre, la victoire de Valmy, la conquête de la Savoie, la dissolution de l'armée des princes, le recul de l'armée des alliés au delà du Rhin et dans les Pays- Bas, ont exallé l'ardeur patriotique. Dès le 28 septembre, le ministre de la guerre a proposé à la Convention de décréter l'exécution solennelle à Paris de l'Hymne des Marseillais, sur la place Louis XV, qui va devenir la place de la Révolution. Le 14 octobre, la fêle est célébrée en l'honneur de « la conquête de la Savoie ». On n'y entendit pas d'autre musique que l'Hymne des Marseillais, qui, dans le compte rendu du Moniteur, le 17 octobre, reçoit déjà- le titre d'« hymne de la République •>.
Celle première version de la Marseillaise esl donnée ici à litn faile à Strasbourg.
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vous dans les cam.pa. gnes, Mu-gir ces fero.ces soLdats?
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