J J J JJI
l'an . né
lu Ov k
lg f ° !
tt
pré .
sen
TE" - 1 r r
-te
la o p r
vous sern.ble il
que soye
la — ^-^^ —
rt *
— — iM — *—
rJ^ J~
en
la
sen
te
par
FP=^^f^=^=
— P ÎS
"feî — ;:^ — ô
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
p f Tri
vos .
tre
dou.chour
pen
ses
Nous venons de parler de ]a mélodie populaivc. C'est la forme première, instinctive et direrfe, la l'ni'cc vive de la niiisiqiie. Metsciie rappolli' l'ili riiiiit jurpondcnitit , exsrnliel et ni'cct:sairc. — I,,'i iiH'Iodii' |iii|uilaire est naturellement, sponlanénienl vocale, lunundi(jiic (quoiqu'il y ait des mélodies instrumentales dans le caractère populaire : rondes, danses). Elle fut et restera la source abondante de l'art musical. — La Belgique, terre sonore où les rythmes naissent et fleurissent sans cesse au cœur d'un peuple ardent et laborieux, possède une tradition musicale populaire e.xceptioimellement riche, où se reflète, on le verra plus loin, l'àme de ses deux races. Les investigations, à vrai dire, n'ont point encore inventorié tous les trésors de ce patrimoine. Le folk-lore wallon, particulièrement, reste assez ignoré. Les Flandres nous ont révélé, par contre, le merveilleux écrin de leurs vieilles chansons. Les ouvrages de Florimond van Duise en consliluent à eux seuls un répertoire imposant. C'est à lui que les compositeurs flamands doivent la grande part de leur originalité.
Dès le xv° siècle, nous pouvons croire que nos contrées bourdonnaient, comme à présent, de rires et de chants. Ceux-ci inspirèrent les musiciens religieux et savants; ils constituèrent la trame même des compositions polyphoniques, l'ossature soutenant l'ouvrage. Le thème y est confié au ténor, les autres parties le développent et l'ornementent, au moyen des ressources variées de Vimilatioii, du canon. — Avec Dufay, Ockeghem, Josquin de Prés, Pipelaere, Hobrecht, déjà cités, Clemens non jxipa, Pierre de la Rue, Gascoing, Sampson, Claude Petit. Jean Delattre, Henricus de Zeelandia, Gaspard van Weerbeke, musiciens de l'Ecole néerlandaise, empruntèrent des mélodies populaires flamandes et wallonnes. Certaines se rencontrent encore dans l'art polyphonique allemand et dans les œuvres des compositeurs de France et d'Italie. Henricus de Zeelandia en cite dans son TracUttus de Cantu (vers i4o0).
Notre matière musicale populaire s'est, du reste, répandue : on la retrouve dans toute l'Europe, tout cornme on retrouve, sous des atfabulalions différentes, les données de nos romans de chevalerie dans toutes les littératures. Les Belges ont prouvé leur génie inventif à toutes les époques; en musique, plus qu'en autres domaines, leur apport fut considérable.
Le caractère double que nous avons posé est, dans nos chants populaires, mieux marqué encore que dans la musique savante. Le lied flamand diffère profondément de la chanson wallonne. En général, le premier ressemble au lied allemand; la seconde est française d'esprit et d'allure. Naïve, simple, légère, d'une ligne aisée, franche et libre, d'un sentiment prime-sautier, alerte, le plus souvent « amoureuse » (la plupart des maîtres néerlandais cultivent, presque indécemment, la « gauloiserie »). (Voir les Écrits
des musiciens [fîoland de Lattre] publiés au Mercure de France par M. Prod'homme). Elle a la gaucherie l'I le « comique » populaire. Elle est purement moiiitiliiiue. L'autre est plus riche de nombre et de rythme, plus pur, plus vigoureux, plus âpre, d'une musicalité à la fois plus expressive et raffinée, plus harmonique. Dans ses intentions les plus " lestes », il n'a pas la crudité, par exemple, de certaines scènes de Hubens, Jordaens ou Téniers. Il semble que l'art savant proprement dit l'ait élevé en l'interprétant, tandis que la chanson wallonne restait semblable à elle-même, vivant et se perpétuant dans la seule mémoire du peuple. On trouvera à la suite de notre étude un choix de mélodies flamandes et wallonnes, recueillies et commentées par Paul Gilson.
L'on possède des centaines de recueils sur le folklore tiamand-néerlandais. Le folk-lore wallon en compte peu. Cette lacune semble devoir être bientôt comblée, du reste; nombreuses sont les recherches entreprises depuis quelque dix ans par des musicologues ou des littérateurs wallons (MiM. Closson, professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, et Colson, directeur de la revue Wallonia. spécialement).
La mélodie, dont on peut dire, comme du Verbe, qu'elle était au commencement, resta donc en faveur, cependant que se développaient l'harmonie et la polyphonie qui en naquirent. Dès le ix= sircle, la science polyphonique était apparue dans les essais de l'oryanum (diaphonie : suite de quintes et de quartes auxquelles on est revenu de nos joursM. Elle se développa dans le motet et le déchant médiévaux. Jusqu'au faux bourdon (xiV siècle), où prit naissance le contrepoint néerlandais qui va nous occuper.
Au xv" siècle déjà, nous l'avons vu, les contrées hennuyères étaient un centre intense de culture musicale. Hucbald d'abord, Dufay, Binchois, leurs disciples, ensuite, exercèrent une intluence prépondérante sur la musique en général. Presque tous les maîtres de l'école, composée en majorité do Wallons et de Picards, occupèrent en Italie les plus hautes fonctions. De 14b0 à 1600, ils gardent une véritable héyémonie. Messes, motets, chansons polyphoniques, inspirées généralement du répertoire profane populaire et de la cantilène liturgique : telles sont les formes qu'ils cultivent. Leur art est scientitîque, relii-'ieux par l'esprit, par les formules, par les affinités avec les modes «réi-oriens. Néanmoins, on
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIIiE
reconnaît les uns et les autres à des dill'érences personnelles de sentiment et même de style.
Le fondateur de l'école m'erlandaise (la première école musicale proprement dite), nonmire ainsi du l'ait que provinces wallonnes et llamandes se trouvaient réunies sous le sceptre de la maison de Bourgogne, et en vertu d'une coutume, qui n'a pas encore disparu, de considérer comme « flamand » lout le pays belge, la Wallonie comprise, est donc Gidlldiime lliifnij. Egiili' (le Binche. dit Binchois, né à Binche vers 1 iOO, chapelain de Philippe le Bon, mort en 1460 h Lille, fut le théoricien et le pédagogue des innovations que Dufay apportait. La plupart des musiciens de l'école sont ses élèves. Régis, Caron, Biisnois, Faiiqxc, Oc.kcghem lui-même qui forma les Loyset Cohipérr, Pierre de la Rue, Josquin de Prrs, etc. Au début du xiv« siècle, nn Belge encore, qui passa longtemps pour l'inventeur de l'imprimerie musicale : Van Waclbckc, né à WaelbeUe, en Brabant, sous le règne du duc Jean II, perfectionna l'orgue, en inventant les jivdalcs. Sous Charles le Téméraire, la chapelle bourguignonne compta un musicien renommé : Biisnoia, dont l'origine n'est pas déterminée précisément, mais que l'on croit natif de nos provinces.
Les archives pontificales ont conservé de lui une messe, sur VHommr armé, entre autres œuvres, et des chansons que publia Peirwxi de Fossombrotie, inventeur de l'impression musicale au moyen des caractères mobiles, dans son recueil des 150 pièces célèbres, publié en lb03. Dans le même temps, Ockcghem, surnommé h Grand par les musicologues, vécut à la cour de Charles Vil. A en conclure d'après une lettre de Jean Lemaire de Belges, OcUeghem était né à Bavay [Bctgiam en latin) en 1430. Il e.terça les fonc-
tions de chapelain à la cour royale. Cet artiste de génie est en quelque sorte l'inventeur de Vartcontrajmntiquc resté jusqu'à lui assez barbare, comme en témoigne l'orgauum. Il composa les premiers cfuions. On appela Ockeghem le pilier de la musique; sa mort fut pleurée par les poètes et par les musiciens. — Vers 143S, la petite ville wallonne Kivelles donna le Jour à Tinctoris (quelques auteurs supposèrent toutefois qu'il était natif de Poperinglie, Flandre), Jean le Teinturier, théoricien et compositeur, qui fonda à Naples la première école de musique qui ait existé en Italie. Il y fut secondé par Guillaume Garnif.r (Guarnerius) et Bernard Hycart, musiciens belges. Tinctoris a laissé un Dictionnaire des ternies musicaux usités au .\v= siècle : Terminorum musicae definitionuw . Avec lui, d'autres Belges encore furent en Italie; on a retenu les noms de Jean de Xamur, Guillaume Guinand, Jean de Roi.
Le plus illustre, le « Prince » des musiciens du xv^ siècle, célèbie dans toute l'Europe, fut Josquin de Prés, que Lavoix compte parmi les Français. Josquin, né dans le Hainaut ou dans le Nord (la question reste posée) vers 1450, étudia à la maîtrise de .Saint-Quentin avec Ockeghem, ainsi que nous l'avons dit. Il fut maître de chapelle à Cambrai, chantre pontifical à Home, maître de chapelle à Ferrare, puis à la cour de France. Il mourut à Condé en lo-21. 11 a composé des messes (dont une sur l'Homme armé), des motets, des chansons, où il libère l'imitation de ses règles trop intlexibles; son contrepoint est plus souple, grâce à des modulations. Il excella dans la chanson légère. Reproduisons le Chant de Défloration qu'il composa à la mort de son maître Ockeghem.