‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 330 sur 364 · keghem · texte numérisé non relu

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lU^^TOlRE DE LA MCSIQUE

Josquin eut de nombreux élrvi'S, au iioraliie desquels Richafort, né en Belgique au xv>-- siixle, mailiu (le chapelle a Bruges, Petit Coclitis, .lanncquin, auteur de chansons iniitatives, dont la BaUùlIc de Mavujnaii, souvent encore exécutée de nos jours; (iuinbci-t. Moiiloii, Adrien Wiilacrt, qui Ibnda l'école de Venise. IS'é à Bruges, en 1490, ce dernier vécut à Paris, auprès de Jean Mouton, musicien de la chapelle de François l"', qui acheva son éducation, puis en Italie, où il forma des disciples : tels Cyprien de Rore, né à Malines en 1:j16, qui lui succéda à la direction de l'école vénitienne et à Saint-Marc ; Franrois Viola, qui fut maître de cliapelle à Ferrare; Comlant Porta, Zarlino, le plus savant théoricien de l'Italie. Willaert mourut en 1d63. On a de lui des chœurs, des motets, des chansons françaises. Il inspira à Zarlino son célèbre traité Institutions harmoniques, dont la portée, on le sait, fut immense. Un autre grand maître belge, Philippe de Mous, né à Mons vers lb2i et mort en 1606, en Italie, a rais en musique des poésies de Ronsard. Gomme on le voit, les représentants de notre école étaient nombreux dans les différentes cités italiennes'.. La chapelle du pape posséda encore, à la fin du xv" siècle, Jacques ArcudeU, qui finit sa carrière au service du duc de Guise. Les musiciens des Pays-Bas sont alors les préférés. « On se les arraclie, » écrit Lavoix. Ils restèrent, jusqu'à Palestrina, les maîtres' de la musique. Plus tard, nous les verrons reprendre avec usure, hélas! à leur pupille, les leçons qu'ils lui avaient données.

Les glorieux siècles que nous venons de parcourir, étonnamment féconds et non encore égalés, sinon, peut-être, de cette ère, tant au point de vue de la production que de la virtuosité et de l'enseignement, virent encore maints ajtistes de l'enqm et de valeur : Jean de Castro, né à Ghàtelel en 1512, auteur de chansons polvphoniques; Jean Gui/ot, « Castileti », né à Ghàtelet vers 1512, dont on a des motets, des psau-

1. Aujourd'lmi dicbues, les villes de Naples, do Florence, de Venise et de Morne restèrent longtemps des foyers qui attiraient les artistes de tous pays : cela explique les migrations de nos musiciens.

mes, (les cliansdus; Jean Saunier, né en 1542, à Alh, auliMir (rciiivrai.'i^s didactiques; l\'icijUi>i Pai/en, de S(iiginr>; pirii'r ,1e la Rue, né à la fin du xv" siècle; Liiiiis C.iiiip.'ic. ili'j.'i cité, dont on conserve un motet; Jeini Cir^jicl, connu par des motets et une déploralion sur la mort d'Uckeghem; Brumel, Pipclaerc, Isaac, Agricola Massenus.

Mais tandis que l'Italie achevait son éducation à renseignement des contrapuntisles belges, un puissant génie était apparu sur notre sol, qui allait résumer les conquêtes de l'art musical et clore magnifiquement le règne de l'école néerlandaise. Roland de Lattre ou Orlando di Lassus, comme il aimait à s'appeler lui-même, naquit à Mons en 15.32. Il fut enfant de chœur à l'église Saint->'icoIas (ses origines sont encore peu précises). Il suivit Ferdinand de Gonzague en Sicile, puis à Milan, voyagea vers 1550 en France et en Angleterre, séjourna à Anvers en 1556, fut appelé à Munich par Albert V, dont il fut maître de chapelle et chez qui il mourut en 1594. Contemporain de Palestrina, Roland de Lattre eut une gloire semblable à celle qu'avait connue Josquin. Il fut appelé aussi le Prince des musiciens de son temps. Sa célébrité fut universelle : tous les poètes de l'époque lui consacrèrent des pièces enthousiastes, les papes et les souverains raltir('Tent et l'anoblirent. On possède deux mille compositions signées de son nom, dans tous les genres, de toutes les formes usitées avant lui : messes, psaumes, motels, chansons polyphoniques françaises, allemandes, italiennes, villanelles, madrigaux. Magistralement, avec une verve endiablée, une aisance, une perfection merveilleuse, il aborde tous les styles. Curieux mélange de légèreté et de profondeur, de spontanéité, d'inspiration naïve et de science, de fantaisie et de formalisme, Roland de Lattre nous représente le type accompli du Wallon, exubérant, joyeux, rieur et frondeur, aimant la grosse plaisanterie, mais sujet aux accès de mélancolie, épris de rêve et d'abstraction. Donnons ici, prise au hasard, l'une de ses chansons françaises à 4 voix, sur un texte de Clément Marot :

Si

vous n'es. tes

en

bon point bien a

point, bien

a point, bien a

Si

vous n'es, tes

en bon

point bien a

Si vous

n'es

.tes en bon

point bien

a point, bien a 1 1

r r r •^ im

Si vous n'es . tes en bon point bien apoint, biena

point, Si vous n'es -tes

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