‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 33 sur 364 · Voir le chapitre de l'Opéra on Italie · texte numérisé non relu

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S. Factum de Guichard et Sablières, ii propos de leur Triomphe de l'Amour de 107-2 fcité par Nuiller et Thoiuan, p. 206).

tout pour eu empéi;liei' l'elabiisseuieul. Puis, eu homme intelligent et sans scrupules, quand il vit, par les premiers essais de Camhert et de Perrin, que non seulement l'opéra français était possible, mais qu'il était avantageux, il sut en un tour de main supplanter ses devanciers et son ami Molière, dont il connaissait les projets musico-dramaliques. 11 alla secrètement trouver Perrin, emprisonné à la Conciergerie, lui racheta son Privilège, qu'il fit confirmer par le roi, en le rendant plus oppressif pour les autres théâtres, et en particulier pour celui de Molière '. Par lettres patentes du 13 mars 1672, il reçut le droit exclusif d'établir à Paris une Académie Royale de musique, « pour l'aire des représentations des pièces de musique, composées tant en vers français qu'autres langues étrangères, pour en jouir sa vie durant, et après lui, celui de ses enfants qui serait pourvu et reçu en survivance de sa charge de Surintendant de la musique de la chambre ». 11 eut de plus le droit d'ouvrir à Paris, et partout où il le jugerait nécessaire, des Ecoles de musique, et enfin de faire imprimer et vendre à son gré, en dépit du privilège de l'imprimeur Ballard, sa mu-^ique et les poèmes de ses opéras. C'était une véritable dictature héréditaire qui s'établissait sur la musique. Ses adversaires furent rapidement évincés. L'Opéra de Sourdéac et de Champeron fut fermé par ordonnance de police. Perrin mourut en 1675, endetté comme toujours. Camhert passa en Angleterre, où Charles II lui offrait la place de surintendant de sa musique; il y mourut assassiné, en 1677. Quant à Molière, beaucoup plus redoutable, la mort eut raison de lui, le 27 février 1673; et, dès le 28 avril de la même année, Lully faisait expulser de la salle du Palais-Royal la troupe de Molière, pour installer à la place son Académie Royale de musique.

Dès lors, il fut seul maître, et maître absolu. De 1672, date de sa première œuvre représentée au théâtre de l'Opéra de la rue de Vaugirard : les FesCes de l'Amour et de Bacchus, jusqu'à 1686, date de sa dernière œuvre : Acis et Galdthèe, il donna 20 œuvres dramatiques, qui se divisent en 13 tragédies, 3 pastolales, 4 ballets, opéras-ballets, ou divertissements-. 11 s'était associé, comme librettiste, Quinault, qu'il tenait à ses gages 3. Il avait comme sous-chefs d'orchestre, Lalouelle, Collasse et Marais *. Sa troupe théâtrale avait été en partie formée par lui, en partie héritée de Perrin et de Camhert; elle comptait certains des artistes les plus célèbres de l'Europe. Louis XIV, passionné pour l'opéra, ne cessa de témoigner l'intérêt le plus attentif à son organisation

porter cette clause r sa mort, Lully revin ordonnance interdis

ix violons. Peu lui importait, elle, de tuer un des plu» beaui om,:-die-ballet, 1

;, deux mois après 30 avril 1673, une usage de plus de

ambition personne

laquelle lui-même avait travaillé pendant plus do dix .ins.

2. Les Fesles de l'Amour et de Bacehvs (1672), Cadmus et Bermione (1613), Alccste (1014), Thésée (1675), le Carnaval (i6'ib), Atys (1677), /sis (1077), Psyehé (1678), Bellérophon (1679), Prosirpine (16S0), le Triomphe de VAmoiir (lOSl). Persée (10S2), PhaiHon (15S3), Amadis (lOSS), Iloland (imb), V Idylle sur la Paix (1883), VEgloyue de Versailles (1685), le Temple de la Paix (1683), Armide (16S0), Acis et Gatathée (1686).

3. 11 lui avait assuré 4 000 livres par opéra, et le roi, une pension de 2 000. Moyennant quoi, Quinault était son employé,

4. Lalouelte (1651-172S), b.m violoniste, fut maître de chapelle à Saint-Gcrmaiii-l'Auxerroiset il Notre-Dame; il écrivit des cantates et des motets. Pascal CoUosse (1619-1709) tut maître de la musique

SOUS la main de Lully; il accorda à celui-cî, en 1681, les lettres de noblesse et le titre de conseiller-secrétaire du roi, en dépit de l'opposition de Louvois. Très riche, par suite de son mariage avec la fille du célèbre musicien Lambert, de ses divers traitements et de ses spéculations', Lully devint une véritable puissance^; et la fortune insolente de ce roturier, qui avait la juste conscience de son génie, faisait scandale à la cour, où la faveur du roi le soutint, jusqu'à sa mort, le 22 mars 1687, à l'âge de cinquantecinq ans.

L'œuvre de Lully comprend deux parties, de valeur inégale : ses comédies-ballets, dont l'étude a été beaucoup trop négligée, jusqu'à ces derniers temps', — et ses opéras. Les premières servent de transition entre le Ballet français et l'Opéra. Le génie raisonné de Lully s'y forme graduellement. Il inaugure le genre de l'ouverture française, dès le ballet de l'Amore ammalato (1657), et surtout dans Akidiane (1658) et dans le Ballet de la Raillerie (1639) *. Il pratique déjà sa grande archileclure décorative, qui encadre ses pièces dans de pompeux Prologues et Épilogues. Pour le chant, il est encore très italien. Si ces premières œuvres nous semblent un peu manquer d'invention proprement musicale et de puissance de développement, elles n'en marquent pas moins un progrès considérable sur les Ballets qui précèdent les débuts de Lully. Où il parait surtout supérieur, dès cette période, c'est par son intelligence de la scène. Il obtient des effets irrésistibles, par le moyen du rythme et de l'accent comiques, — soit, comme dans la scène du magicien du Mariage Forcé, par le contraste entre la gravité du chant et le ridicule de la situation, — soit, comme dans la scène du Mufti du Bourgeois Gentilhomme, par l'application, au chant, de rythmes de danses saccadées et déhanchées, avec de grands sauts de voix, de brusques alternances de rythmes, des contretemps burlesques '. Ce comique bouffe, un peu grimaçant, qui a quelque chose d'Otfenbach, tend à donner un caractère épileptique à la comédie-ballet de Molière. Si plaisante que soit la musique, elle n'a pas la généreuse verve de Molière; elle semble pauvre, quand on la compare à l'impétueuse bouffonnerie des Italiens de son temps, de Stradella et des Napolitains. Le génie de Lully manque d'abondance; il est sec. Mais il est extrêmement intelligent. Il est maître de son style, qui a une clarté et un ordre lumineux. Rien de trop.

de 1,1 chambre, et auteur de nombreux opéras. Marin Marais (1636- 1728), virtuose remarquable sur la basse de viole, écrivit des opéras, dont certains, comme VAlcyone de 1706, furent célèbres.

3. Notamment dans des achats et ventes de terrains, et dans des constructions et locations d'immeubles. Il avait 6 maisons de location à Paris, plus des maisons do campagne à Puteaux et à Sèvrest 11 fut sur le point d'acquérir, en 168-2, le comté de Grignon. M. Radet calcule que sa fortune s'élevait, quand il mourut, à plus de deux millions d'aujourd'hui. En yjoiîrnaot les revenus de l'Opéra, de ses ouvrages en librairie, et la vente de ses diverses charges, M. Ecorcheville évalue le tout à plus de sept millions.

6. Ce (Ils d'un meunier florentin réussit, par le mariapre de m. fille Catherine avec le fils de Pierre de Francine, à s'allier aux Le Tellier-Louvois.

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