‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 34 sur 364 · M. Henry Prunicres a été le premier a en faire une étude · texte numérisé non relu

M. Henry Prunicres a été le premier a en faire une étude

8. H. Pruniêres, Notes sur les origines de l'ouverture française (I. M. G., 1911).

9. Ludovic Cellrr a réédité en 1867 la texte du Mariage Forcé, paroles et musique, d'après le manuscrit de Philidor, qui est au Conservatoire. M. Weckerlin a publié une réduction de la partition du Bourgeois Gentilhomme, pour piano et chant.

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Ufis qualités de classique Iranrais. Sa maîtrise, dès ces uBuvres de début, est dans l'accent. — C'est suicette puissance de l'accent qu'il bâtira, dans la suite, d'une façon raisonnée, sans passion, ses superbes opéras.

Les opi'ras de Liilly ne se nomment pas opéras. Us se nomment tragédies lyriques, ou tragédies mises en musique, ou simplement tragédies. Le modèle du Florentin était la tragédie française. Comme plus tard Gluck et Grétry, il avait pour idéal musical la déclamation tragique. Gluck diffère des deux autres et leur est supérieur, en ce qu'il a cherché son modèle dans une tragédie idéale, — la tragédie grecque, telle qu'on l'imaginait alors; — au lieu que le modèle de Lully et de Grétry était l'art tragique de leur temps. « C'est au Théâtre-Français, écrira plus tard Grétry, c'est dans la bouche des grands acteurs, que le musicien apprend à interroger les passions, à scruter le cœur humain, à connaître et à rendre ses véritables accents. >< Il consultera .Mlle Clairon pour un duo, il copiera en musique « ses intonations, ses intervalles et ses accents », il notera les modulations d'une page d'Andrûinaque. — Cette idée artistique, dont il était si fier, comme d'une invention personnelle, était celle de Lully.

« Si vous voulez bien chanter ma musique, disait-il, allez entendre la Champmeslé. »

Et Lecerf de la Viéville écrit :

« Il allait se former à la Comédie-Française sur les tons de la Champmeslé ».

Cette remarque est la clef de tout l'art de Lully. De nombreuses relations du temps nous font connaître cette déclamation de la Champmeslé. Nous savons par Louis Racine que, » venue sur l'âge, elle poussait de grands éclats de voix », et qu'elle avait « une déclamation enflée et chantante' ». boileau, déclamant à Brossette des passages de Racine, comme les disait la Champmeslé, y met « toute la force possible », et ajoute que « le théâtre demandait de ces grands traits outrés, aussi bien dans la voi.>c, dans la déclamation, que dans le geste - ». Les frères Parfait notent que sa récitation était « une espèce de chant ^ »; et l'abbé du Bos rappelle « les ports de voix extraordinaires » dont elle usait dans la déclamation, en particulier, dans une scène fameuse de Mitkridate (IV, 3), où brusquement « elle prenait le ton à l'octave au-dessus » du reste de sa mélopée ♦. Enfin la tradition rapporte que cette voix si touchante était prodigieusement sonore. « Si on eût ouvert la loge du fond de la salle, ou eût eniendu l'actrice jusque dans le caféProcope^. » Ainsi, cette déclamation était un chant véhément et emphatique. Or, c'était la déclamation même de Racine. Louis Racine nous dit que son père « dictait les tons » à la Champmeslé Il et même qu'il les lui notait »^. Nous arrivons donc à cette conclusion qu'en allant « se former sur les tnns de la Champmeslé », Lully allait se rornier«sur

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