‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 352 sur 364 · ANGLETERRE 1S · texte numérisé non relu

ANGLETERRE 1S

mineur; Coweii, déjà marqué sur la lisle des producteurs dramatiques; Sterndale Bennet, qui connut les lionneurs décernés en Angleterre aux grands musiciens, reçut le litre de chevalier, octroyé parla reine Victoria, le même jour que Bonedict et Stepheu Elwey, eut la consécralioii suprême des funéiailles ;i Westminster et reste classé par la critique anglaise comme auteur d'une symphonie en sol mineur. A défaut de relief des idées originales, elle se recommande par une certaine élégance de forme el aussi par de solides (pialités de technique. Il y a aussi de la grâce avec d'heureux détails mélodiques dans la cantale The May (Juccn du même compositeur et dans sa musique de jiiano.

Un élève de Slerndale Bennet, Harmston, mérite encore d'être signalé, ainsi que Wale, Potter, Gadsby, Villiers Stanford, William Shakespeare, Swinnerton Heap, Percy, Pitt, Hubert Parry, Mackenzie. M. Edward ICIgar, qui a écrit non seulement de la musique instrumentale, mais les oratorios célèbres du Sonije de Géninlius et des Apôtres, a été anobli, ainsi que MM. Mackenzie, Stanford et Hubert Parry.

Le chef d'orchestre « pris en soi » est un produit tantôt national, tantôt naturalisé de l'autre côté de la Manche, mais cette différence d'origines s'efface vite, et nous parlons d'artistes vraiment anglais les uns el les autres, quel qu'ait pu être leur état civil, quand nous citons Sanderson, François Cramer, représentant d'une dynastie célèbre, lui-même spécialisé dans la direction des festivals; Th. Smart, qui mourut presque centenaire après avoir fait entendre dans ses concerts Jenny Lind et laMalibran. Michel Costa mélangea le profane et le sacré avec la même maîtrise, tour à tour « conducteur)) éminent de concei-ts symphoniques, d'auditions d'oratorios et d'exécutions théâtrales. A John Ella revient l'honneur d'une invention qui devait être bientôt pastichée dans le monde entier, celle des programmes analytiques.

Le lot des virtuoses est fourni par les violonistes Mori, né de parents italiens et élève de Violti Holmes, •Carrodus; parmi les violoncellistes, Powel, Lindley, Heinagle, célèbre pour la justesse de son jeu et ses qualités de son; parmi les flûtistes, Garden, Nicholson, James, Towsend, Lindiay; parmi les hautboïstes, Fisch et Barrett; parmi les trompettistes, Harper et Morrow. Dans la fabrication instrumentale, un Français établi à Londres, Fréchot, exerça une grande influence sur le perieclionnement des ■cuivres, et George Hart sur la lutherie. La méthode Je Mac-Farlane pour le cor à clefs est devenue classique.

Les pianistes de premier ordre ont formé une véritable légion en Angleterre pendant toute la durée du siècle. En tête vient Latour, un Français, qui s'attacha au service du prince de Galles (George IV); Cramer, qui devait faire un très long séjour dans la Grande- Bretagne, où il mouiut en f8o8, à l'ûge de quatrevingt-sept ans, et son élève Baker. Goodban, Coqgius, Clilton, se partagèrent entre la virtuosité et l'enseignement; Salaman, excellent technicien et exécutant renommé, fut un puissant vulgarisateur dans la série de ses conférences sur l'histoire de la musique, et la méthode de piano de Chalonner eut un tirage considérable. Signalons aussi Sidney Smith parmi les auteurs de morceaux île salon.

L'Irlandais John Field estunedes plus intéressantes figures de cette galerie de virtuoses. Il s'était formé à une élégante et substantielle mais dure école, celle •de Clémenti. La légende raconte que le vieux maître.

l'ayant emmené en llussie, le laissait, par avarice, confiné dans sa chambre, faute d'une pelisse lui permettant de braver lés frimas, tandis que lui-même gardait le monopole des leçons à vingt-cinq roubles le cachet. Field devait prendre plus tard une brillante revanche et devenir le prolésseur le plus recherché comme l'exécutant le plus applaudi à Pétersbourg et à Moscou.

La même nomenclature doit encore comprendre un grand nombre d'artistes qui connurent une vogue durable : Bottomby, M""^ Dussek et sa fille Olivia; Meves, qui reçut les encouragements de Hummel; >'eat, mort en 1877, qui, dans sa première jeunesse, avait connu Beethoven et qui perpétua la tradition de Field ; Winter et Woollf, Cudmore, qu'on pourrait traiter de virtuose protéiforme, car dans la même séance, à Liverpool, il joua successivement trois concertos de Kalkbrenner, de Rode et de Cervette sur le piano, le violon ef le violoncelle; Joseph Hart, un des bons élèves de Cramer, en compagnie duquel Jean Beale exécuta, dans une circonstance solennelle, un morceaif à deux pianos. Henri Bertini a surtout marqué parmi les artistes établis à Paris, où il a laissé surtout une réputation d'excellent éducateur formé à l'école de Hummel, mais il était né à Londres ainsi que Pio Cianchittini, le « Mozart anglais », fils de Véronique Dussek.

On formerait un autre groupe avec Fanny Davies, Lialraark, d'origine Scandinave, Clark, Ed. Kinght, Mavins, M">' Gunn, qui marquèrent tous dans l'enseignement. A la série des enfants prodiges se rattacha AspuU, qui, à huit ans, interprélait sans effort les compositions les plus ardues; Sterndale Bennett, qui se fît applaudir au Gewandhaus; Hichards, formé par Chopin et qui fut un technicien remarquable; le compositeur Ch.-Ed. Horsby, qui avait eu Moscheles pour maître; Harris, exécutant et professeur.

A la série moderne appartiennent Dora Schirmacher, Léonard Berwich, Fanny Davies, Donald Tovey. Parmi les harpistes il convient de citer miss Dibdier, Chatlerton et siii'tout Paris-Alvar, qui fut un des premiers à utiliser les ressources de la harpe à, pédales. L'influence d'un séjour en Allemagne étendit et agrandit sa manière; il mourut à Vienne, harpiste delà Chambre impériale, laissant un ensemble d'œuvres intéressantes.

La fabrication instrumentale ne pouvait manquer de prendre une importance considérable dans un pays aussi industrieux que l'Angleterre. Parmi les facteurs de pianos se trouvait au premier rang la maison Bradwood and Sons, fondée en 1702, el la fabrique Collard, actuellement dirigée par Charles Lukey. Gilkes el John Belts comptent parmi les grands luthiers. Quant aux facteurs d'orgues, ils se sont fait généralement remarquer parleur goût pour la construction monumentale. Eiliott et Bill établirent le grand orgue de la cathédrale d'York, qui coûte environ cent cinquante raille francs; composé de trois claviers à la main et d'un clavier de ijrdales, il contient environ huit mille tuyaux, dont truis jeux de trente-deux pieds ouverts, un bourdon et une bombarde de trente-deux pieds. Hill construisit seul le grand orgue de Birmingham | trombone de trente-deux pieds, bourdon, deux bombardes, quatre trompettes). On doit à Flight et Kobson un autre monstre instrumental, l'Appollonion construit à Londres. Plusieurs Anglais ont collaboré à la facture française d'une façon qui a daté. La manufacture Abbey, établie à Paris, a produit d'excellents instruments et introduit

dans notre fabrication le mécanisme anglais, et le levier pneumatique, destiné à remédier à la dureté excessive des claviers dans les orgues de dimensions gigantesques, a été inventé par Barker.

La liste des organistes comprend une grande quantité de noms. En tête et au début vient l'improvisateur Samuel Wesle}', qui traitait la fugue à la manière de Haendel et qui a abordé tous les genres de composition. L'organiste de la cliapelle royale, C. F. Horn, eut un fils, Charles-Edward, qui écrivit des oratorios et des opéras-comiques. Guillaume Horsley se distingua également comme organiste et comme compositeur de glas et de musique instrumentale et religieuse.

Mentionnons encore François Linley , aveugle de naissance; Charles Kuyvetl, réputé à la fois comme exécutant sur l'orgue, directeur de concerts de musique ancienne et accompagnateur; Hussell, George Cooper, Mather, Coombe, INathaniel Cooke , Pratt, Chipp, Dakeley, Henry Smart et son oncle George Smart, qui introduisit en Angleterre plusieurs ouvrages de Beethoven; Jacob, auteur de psaumes et de glas, qui alterna avec Samuel Werley et Crotel l'exécution des fugues et des préludes de Bach et Haendel devant des auditoires de plusieurs milliers de personnes.

Crotcli restera, dans cette suite d'organistes, le prototype du virtuose doué d'une excessive et dangereuse facilité; dans son bagage considérable l'oratorio de la Palestine est le seul qui paraisse mériter quelque survie. A Vincent Novello, organiste de style qui fut aussi éditeur de musique religieuse et publia de 1829 à 18:î2 toute la musique de Purcell alors connue, il faut ajouter Kemp, qui illustra musicalement Shakespeare, Ford, Abraham et Thomas Adams, ce dernier compositeur et improvisateur également réputé; John Goss, Cutler, Logier, l'inventeur d'un « chiroplaste )>; Howgill, Paddon, Jonathan Blevitt, G.-L. Lambert, l'aveugle Samuel Chappell, les Camidge, le traducteur des œuvres didactiques d'Albrechtsberger Merrick, Joseph et J.-J. Harris, Hamerton, Head, Peace, Attwood Walmisley, l'auteur du célèbre madrigal Hrveet Flowers, qui connut un instant la vogue du conférencier avec les causeries « illustrées » sur l'histoire de la musique; Hopkins, qui ne fut pas seulement un exécutant remarquable, mais qui a laissé un livre sur l'orgue consciencieux et substantiel; J. -A. Baker, Fawett, Marshall, Gavo- 1er, Edw. Gladstone, qui marqua <lans la composition de musique d'église; les trois Turle (James, Robert et William) , Roggors , Steggal , Stewart, chargé de représenter l'Irlande, en 1872, à la grande fête de la paix; Elisabeth Stirling, Edm. Turpin, Wingham, Garrett, Best, le plus célèbre organiste de la Grande-Bretagne.

Vers 1840 s'affirma le perfectionnement de la musique d'église; après quelques résistances aussi, les petites chapelles des sectes ont beaucoup amélioré leur répertoire. Chaque jour de l'année on chante des morceaux de Tye, Tallis, Byrd, Gibbons, Morley, Child, Humfrey, Purcell, Weldon, Croft, Clark, Boyce, Battishili, Wesley, Attwood, Walmisley, Goss, Stamer, Sullivan et d'auteurs plus récents. Vers 1840 également commenta l'expansion des grandes sociétés chorales qui existent dans chaque ville, et qui remplacent la musique du théâtre. Mais cette vogue a eu une contre-partie : le peu d'expansion au dehors des productions les plus significatives des compositeurs anglais, plus estimés en Europe pour ainsi dire sur parole et d'après leur réputation, que réellement

connus. Leur valeur n'en est pas moins réelle, et des œuvres religieuses telles que les compositions de J. Warren, à qui l'on doit également une nouvelle édition de la Catheilral miisic de Boyce, méritent d'être hautement estimées. La réputation des oratorios de Henry Leslie (1822-1896), le fondateur de la célèbre société chorale pour l'exécution des motets de Bach et des madrigaux, aurait dû aussi gagner des sympathies effectives à ce remarquable compositeur de l'autre côté du détroit. En Grande-Bretagne on met sur le même plan les oratorios d'Ouseley,qui s'apparente à Bach et à Haendel dans Saint Polycarpe et dans lla^ar.

Arrivons au folk-lore. Bunting a ressuscité les anciens airs irlandais en y touchant d'une main légère et en les harmonisant avec autant de délicatesse que de sûreté. Stevenson eut au contraire le tort, peu apparent quand il accomplit son œuvre de vulgarisation, beaucoup plus grave aujourd'hui où nous voulons que l'on remonte aux sources sans les altérer par des modernisations intempestives, de dénaturer certaines cantilénes de la verte Erin au moyen d'arrangements d'un goût douteux. 11 n'en obtint pas moins le prix de la coupe d'argent de VHibernian-Caich-Club. L'ancienne musique galloise, d'une saveur si prononcée et qui porte le nom courant de musique cambrienne, a eu pour résurrecteur John Parry, qui, à l'exemple de tant d'autres compositeurs anglais, emprunta à Walter Scott la donnée dramatique d'Ivanlioe pour écrire une partition d'opéra. On lui doit l'intéressante collection du Harpiste ijallois et aussi la vulgarisation de mélodies écossaises triées par les assemblées de « bardes » ou de <c ménestrels ■> qu'il présidait. Observons ici qu'un artiste homonyme, pour le nom et pour le prénom, un autre John Parry, s'était, au xviii= siècle, livré à des travaux analogues. C'était aussi un « barde » appartenant à une famille vouée traditionnellement à la culture de la harpe galloise et du style musical des aïeux.

Le docteur Jebb a publié une collection considérable et d'un réel intérêt documentaire de morceaux liturgiques des xvi" et xvii° siècles, et Sandys a recueilli un grand nombre de noëls de l'ouest de l'Angleterre. Dans la même série doivent être rangées les publications de Clark, le secrétaire du Glee-Club. William Beale donne un grand nombre de glees. IS'oublions pas dans cet ordre de compositions J.-H. Cletton, Th. Forbes, Walmisley, Stafford Smith, Stevens. William Beale s'essaya aussi dans le madrigal à la façon anglaise, qui n'a guère qu'un rapport onomastique avec le madrigal des anciennes époques. Il existe encore une société des madrigaux, fondée en 1741.

A côté du véritable folk-lore, dont la valeur ne saurait être contestée et qui reste original toutes les fois qu'on n'en a pas soumis les échantillons à un travail de modernisation maladroite, un genre mixte et composite, beaucoup moins savoureux, bien qu'il comporte souvent l'emploi du thème expressif, a euune vogue considérable : nous voulons parler des ballades et des romances de Georges Linley, de Saint-Glover, de KIose , de J.-P. Knight, de lady John Scott, de Thomas Moore. Ces pages d'album ont eu une vogue mondaine considérable, et, malgré les imperfections, le tlottement, l'imprécision d'une forme souvent peu artistique, on peut supposer que certains motifs conservés par la mémoire populaire prendront un jour le caractère de folk-lore, quand le

UISrOIItE DE LA MUSIQUE

nom de l'auteur aura été oublié depuis longtemps. Ce mode de cristallisation fut, on n'en saurait douter, l'origine de plusieurs mélodies auxquelles est attribuée généralement une lloraison spontanée.

L'Angleterre a toujours eu une spécialité intéressante, celle des dilettantes de grande race appartenant au milieu aristocratique, qui ne se détache jamais du grand mouvement d'art. Une des ligures les plus caractéristiques en ce genre fut celle du comte de Westmoreland, le promoteur delà création de la Ro)jal Acailcmij of music. Artiste et soldat, il prit à Vienne les leçons de Mayseder avant de prendre part aux campagnes de Portugal et d'Espagne, où il joua nn rôle apprécié. Son grade de lieutenant général et les missions diplomatiques dont il avait été investi ne l'empêchèrent pas de poursuivre sa carrière musicale, d'écrire sept opéras, des messes et des pièces instrumentales.

Les matières qui constituent les diverses parties de la science, de la théorie, de l'histoire et de la littérature musicale ne pouvaient laisser indilférent l'esprit anglo-saxon, d'une vitalité si intense. Dans le traité sur la construction des théâtres de l'architecte Saunders sont résumées des expériences d'un vif intérêt. La lettre de Robertson à notre savant compatriote MiUin sur la manière de rendre les sons perceptibles aux sourds, un mémoire de Faraday sur la production du son par la tlamme dans les tubes et la dissertation du lils de llerschel sur le son comptent aussi parmi les documents qui méritent d'être retenus. Si la cantate de Rossini exécutée en 1861 a véritablement naturalisé le canon dans la famille des instruments de musique, on peut ranger dans la même série de contributions à l'étude de l'acoustique musicale les expériences d'un major du génie de l'ai'raée des Indes, Goldringham, qui utilisa l'artillerie des forts de Madras pour e.vpérimenter la vitesse du son. On doit à Home deux mémoires sur le tympan et la structure de l'oreille, à Campbell l'article Acoiistic de l'Encyclopédie d'Edimbourg; à Mullinger Riggius, un résumé substantiel de la même science; au physicien Cooper, des mcmoranda ; a. iohn Ellis, des travaux sur la détermination de la hauteur des sons; au docteur Buchanal, des analyses physiologiques; à G. Field, des Ajicrçits de philosophie analogique; k John Tyndull, un livre célèbre sur le son, et à W. Reminyton l'ingénieuse invention du Colour organ.

L'harmonie a inspiré un certain nombre de traités didactiques : ceux de Relfe (dont le Luciilus ordo reproduit les données générales de l'abbé Vogler), de lîurrowe, du Français Jouves qui traduisit Albrechtsberger et publia les curieux Arcana musicx, et reprit une conception singulière du professeur Morgan : la Harmonie Cards, jeu de cartes destiné à l'apprentissage de l'harmonie. R.-M. Bacon avait projeté une encyclopédie musicale dont John Bishop devait être un des principaux collaborateurs; il dut s'en tenir <à l'établissement du plan. Bishop a rendu de grands services comme éditeur de musique classique, principalement pour le compte de la maison Roi. Sa connaissance du français, de l'allemand et de l'italien lui permit d'introduire en Grande-Bretagne la traduction de nombreux ouvrages théoriques de Fêtes, Czerny, Spohr et Baillot. Le même groupement d'écrivains spéciaux comprend le lieulenant-colonel Macdonald, l'abbé d'Ouseley, Goss, Hamilton, Heweth, Greffith Jones, Danneley, auteur d'-une trop sommaire encyclopédie et d'une grammaire musicale: Alfred

Day, Crome et Dulwary, qui se sont occupés de l'art du violon, l'un au point de vue théorique, l'autre dans le sens historique. L'enseignement et la dillusion de la musique furent également très redevables à Jonh Curwen, à H.-Ch. Banister, auteur du Tcxt- Booh of mmic, et à Hullah.

L'histoire musicale proprement dite forme une copieuse bibliothèque rien que pour la proportion allërento au xix° siècle, au début duquel se place la consciencieuse Biographie musicale du révérend William Bingley. Ces deux volumes, qui ne manquent pas de substance, seraient d'im emploi plus pratique si l'auteur n'avait cru devoir remplacer l'alphabétisnie par l'ordre chronologique, peu favorable aux recherches. Comme il était facile de le prévoir, la plupart des historiens portèrent leur effort sur les manifestations propres du génie anglais. Hawes réunit de substantielles compilations, réimpressions et textes, notamment la collection nationale des Triomphes d'Oriana. William Chapel s'assigna pour tâche de détruire le préjugé, très répandu de l'autre côté de la Manche comme jadis chez nous, d'après lequel la race serait inapte à la production musicale, foncièrement et préventivement destituée de toute originalité. Son œuvre est considérable : une grande part lui revient, comme travail et comme honneur, de la luxueuse édition où revivent les Bad, les Morleys, les Gibbons, les Dowland et autres maîtres de la grande époque.

M. Himbault peut être regardé comme le véritable chef, le maître autorisé et écouté et, en certaines parties, l'initiateur de ce qui se rapporte aux études musicales historiques en Angleterre. Il a enrichi de notes excellentes les œuvres, publiées à nouveau, des vieux compositeurs, de Byrd à Purcell. Son édition du Messie, de Haendel, au texte duquel il a joint l'instrumentation ajoutée par Mozart, est un modèle du genre. On lui doit aussi l'arrangement pour piano de beaucoup de partitions de Spohr, de Macfarren, de Balfe, de Wallace. Il est mort en 1876.

Une quantité de monographies mériteraient d'être étudiées séparément : études de Dewar sur la poésie et la musique irlandaises; de Dauuey sur les mélo dies écossaises; d'Evaux sur la musique hébraïque; de Bowles sur quelques instruments notés dans le Roman de la Rose; de Jackson, la traduction du traité arabe de musique d'Abdallah ben Khaledune; de Villar, d'un traité sur la musique de l'Hindoustan; de Fowkes, un opuscule sur la c< lyre indienne »; de Gardiner, des essais sur l'esthétique musicale; de Roc, des études d'analyse du rythme; de John Walker, de curieux essais de noiation de la parole; de Belfour, la traduction du poème de Yriarte sur la musique; de Stafford, une histoire abrégée de la musique (traduite par M""° Fêtés).

Les anecdotes de Burgh sont d'une fantaisie assez amusante. Le célèbre ouvrage sur les révolutions du théâtre musical en Italie, écrit en italien par l'Espagnol Artraga, a été traduit en anglais, dés le début du xix" siècle, par un de nos compatriotes, le baron de Ronoron, maréchal de camp dans l'armée royale, émigré avant la Terreur. Nous avons également une histoire de l'opéra italien à Londres pendant une péi'iode septennale par Ebbert, qui s'était remis à diriger ce spectacle. George Hogarth, le beau-père de Charles Dickens, polygraphe abondant et critique intluent du Times, publia en 1838 une histoire appréciée de l'Opéra eu Italie, en Allemagne, en France et en Angleterre. WExeursion chez les musiciens de

l'Allemagne d'Edouard Holmes et la vie de Mozarl sont aussi des ouvrages à consuUer, ainsi que les travaux de John Hiles. On peut enfiu clissii- paiiiii les bons essayistes Cliorley, qui a lai->'' uni' suilc d'appréciations piquantes sur la mimiqui 1 1 /. > nmnis en France et en Alkmaijne, composition originale rééditée sous un autre titre.

Cataloguons enfin les livres de M. Stewart Chamberlain, qui sont un bon appoint de la bibliothèque wagnérienne; le British musical Biography de J.-B. Brown; l'Uistory of emjlish Music de C. Willeby; Maslers offrench Music d'Arthur Hervey ; la Musique d'opéra au dix-neuvième siècle de H. -A. Streatfield; la remarquable vie d'Alexandre Scarlatti de E.-J. Dent; la vie de Johannès Brahms de Florence May ; le grand et précieux Dictionnaire de Grove, dont J. Hipkine lut un des principaux collaborateurs et dont M. Fuller-Mailland a donné une nouvelle édition tn's enrichie. M. Arkwight a popularisé, grâce à sa 0/(/ eagliiili Edition, les vestiges rarissimes, jusque-là inédits, de la musique anglaise primitive. Citons aussi quelques musicographes amateurs : MM. Bealty Kingston, Morthoa Latham, W.-H. Hadow, rédacteur en chef de la nouvelle Oxford History of music, M. Barclay Squire, M. Wooldridge.

A l'importance de la musique religieuse devait logiquement correspondre toute une littérature s'y rapportant. Elle contient entre autres œuvres remar- ([uables les travaux de Gauntlett sur la réforme du chant ecclésiastique et ceux de Flemeng visant le rétablissement de l'orgue dans les églises d'Ecosse.

Une étude sur la musique anglaise au .xix' siècle serait incomplète si elle négligeait la presse périodique, qui a tant d'influence en Angleterre, et les journaux, si nombreux, dont la musicographie est une rubrique appréciée. Tout au début du siècle, nous mentionnerons pour mémoire le journal italien pu-

blié à Londres par Pananti et qui contient quelques morceaux de critique musicale. Quant aux modernes, il convient de citer avec éloge les critiques musicaux du Tiniea, lluctl'er et Martiand; Davison, dont l'autoriti- fut appréciée dans le même grand quotidien et qui dirigea l'excellent organe spécial intitulé Musical World ainsi que le Musical Examiner, le critique du Morning Post, Glover, en même temps compositeur, chanteur et virtuose; Joseph Bennett, du Daili/ Teleijraph; Pracger, du Musical Standard; Percy Betts, du Daily News; M""' Wyld, du S/n)idard; Hersée, de l'Observer et du Globe, et la plupart des critiques qui collaborent au Musical Times, au Musical Trade Ileview, au Magaz'ine of Music, au Piano, au Musical revicw, au Monthly Musical Record, au Musical Herald, au ISeiv-musical Spiccion, au Standard.

De nombreuses sociétés musicales ont prospéré à Londres au xix" siècle. A celles que nous avons déjà citées il convient d'ajouter : Musical Union, Sacred Harmonie Society, Royal Albert Hall, Choral Society, London Srjmphony Orchestra, Popular Concerts, Société philharmonique, Queen's hall Orcliestre, la société chorale The Bach Choir, le Magpie Madrigal Society (sans compter les associations qui ont un but spécial, telles que le Purcell Society, qui n'existe que pour éditer les ouvrages de Purcell). Quant aux maisons d'édition, si la plus justement célèbre est celle qu'a fondée Vincent Novello, Cliappell, Bossey, Cramer, Wecker, Morley, Enoch, Williams, Metzler, Angener, Francis Day, Ascherberg, Curwen, Donajowsky, Forsyth, Hopwod, Paterson, Vincent, Reynolds, viennent aussi en bon rang. L'histoire de la musique anglaise au xix' siècle n'est donc pas négligeable, comme on l'a trop souvent prétendu, mais représente au contraire une suite d'ellorts tenaces et souvent heureux.

Camille LE SENNE, 1914.

LOPÉRA ANGLAIS AU XVir SIÈCLE'

Par Romain ROLLAND

Les Masques. — Henry I.awes.

HlatChew Locke. — La chapelle du capitaine Cook.

Heni-y Parcell.

Depuis l'époque des Moralités, des airs chantés étaient introduits au cours de toutes les représentations dramatiques, en Angleterre; et c'était un usage constant, au xvi° siècle, d'avoir des intermèdes musicau.x entre les actes. Les pièces de Shakespeare, dé Ben Jonson, de BeaiYmont et Fletcher, font un abondant emploi de la musique. On sait quelle place elle tient paiiiciilièrement dans le théâtre de Shakespeare, qui en parle souvent, avec un amour profond; ses oeuvres olïrent de nombreu.x prétextes à des chants, des dialogues lyriques, des cortèges, des chœurs, des marches, des danses; et certaines de ses pièces semblent presque des drames lyriques. Nombre des airs qu'il employa nous ont été conservés dans des recueils du temps, et réédités depuis'.

Mais il y avait en Angleterre un genre de théâtre qui oH'rait un large champ à la musique et qui donna naissance à l'opéra anglais : c'étaient les Masques. Spectacles de cour, ils se rapprochaient plus du Ballet français que de l'opéra. Ils étaient venus d'Italie, au commencement du xvP siècle ^ très pro-

1. Bibliographie : D' Wilibald Nagel. Geschiclde der Musik in Enr/land. 1S97, Strasbourg, 2 vol. — C. Hubert H. Pahrv, The Oxford History of ilusic, t. III : The Music of the seventeenth Century, 19Û2, Cxford. — Albert Soubies, Histoire de la Musique : lies Britanniques, 1904, Flammarion. — William Chappel, Popular Music of the olden Time, 2 vol., Wooldrige. — Edwar» Naylor, Shakespeare et la musique, 1896, Londres, Dent. — Hugo JoH. CosB.iT, La musica in bhakespeate {Hioista Musica Itahanu 1903) — D' Oscar Alfred Sœhgel, Die enghschen Maskenspiele 1SS2, Halle. — Herbert Arthur Evans Cnr/lish Masques 189" Londres. — Paul Revher Les Masques ant/lais étude sur le ballets et la vie de cour en An/Ul i U I I '' a 1140, 1909 Hachette.— EUTERPE, a CoZZec^ij, /!/ / IherEnqhsh Vocal Music of the 16 th and II I liy Ch Ke»

iiedy Scott, iniblished by the Oi (12 volume»

parus). — Henry Puhcell, Œulî Je la Société

Purcell; IS volumes parus) — Arnoli Du mm lh Select english Sonqs and Dialogues of the llith and 17 th Cintuiies — W Barclay Squire. Parcelis Dramatic Music {Sammelbunde der Internat. Musik-Gesellschaft, juillet-sept. 1904). — Purcell as Theorist (Ibid.. juillet-sepl. 1905). — Romain Rolland, in tiie musicale en Angleterre, au temps de la Restauration, d'après le journal de Peppys i lUe;mnn-Festschrift, 1909).

2. On trouvera dans la brochure de Hugo Conrat r La musica in -Shakespeare, quelques chansons du Soir des liais, de Comme il

bablement en passant par la France *. Fort en faveur sous les Tudors, ils restèrent, de l'avènement de Jacques I»"' à la Révolution de 1648, la plusi mportante des fêtes à la cour d'Angleterre. Ils avaient un caractère mythologique et allégorique, plutôt que dramatique. Un luxe effréné s'y déployait *; et les plus grands artistes du temps, depuis Holbein jusqu'à Inigo Jones, furent chargés de la mise en scène et des costumes. Tous les genres de spectacles y étaient associés : lyrisme, dialogue dramatique, intermèdes comiques, allégories païennes, actualité satirique, danses, travestissements, chants, musique instrumentale, décors et machines, tout le pouvoir d'illusion d'une mise en scène merveilleuse '. Tant de richesses diverses risquaient de compromettre l'équilibre de l'œuvre. A vrai dire, le seul artiste qui réussit aie maintenir fut Ben Jonson qui, de 1604 à 1631, composa les poèmes de presque tous les Masques et ballets de la cour '. Par la puissance de son génie, à la fois érudit, plein de verve vigoureuse et de grandeur morale, il fit de ce spectacle un magnifique genre littéraire et théâtral. 11 joignit au Masque lyrique V Antimasque comique, et fondit ainsi en une seule toutes les formes dramatiques. 11 était secondé par un artiste de sa taille, le fameux architecte Inigo Jones, qui fit la mise en scène de plus de vingt-cinq

vous plaira, et de Mesure pour mesure, conservées par des recueils de Morley et du D^ John Wilson, contemporain de Shakespeare. Le plus beau de ces airs shakespeariens est la chanson du Saule à'Othello, qu'on a retrouvée dans le Lutebook de Th. Dallis, professeur de musique à Cambridge, à la date de 15S3 {Othello est de 1602), et que Chappel a rééditée. — Ces mélodies ont en généralles caractères de la chanson populaire anglaise : joie ou mélancolie tranquilles, alTectueuses, saines, un peu monotones.

3. La première mention qu'on en connaisse est de 1512. Le soir de l'Epiphanie, Henri VIII fit l'essai d'un divertissement « à la manière d'Italie, appelée Maske, chose que l'on n'avait pas encore vue en Angleterre ».

4. Voir Brotanek ; Die englischen Maskenspiele, 1902. Vienne.

5. Le Triomphe de la Paix de Shirley, en 1631, coûta 21 000 livres, — environ 2 raillions 520 000 francs d'aujourd'hui.

6. L'odorat même n'était pas oublié dans cet enchantement de tous les sens. Aux nuages de certains ballets étaient mêlées des vapeurs parfumées.

On trouvera, dans le pittoresque et abondant ouvrage de M. Paul Ileyher sur les Masques anglais, de nombreuses descriptions de ces spectacles, en particulier le récit détaillé d'une représentation do 1618, oii l'on donna, à la cour, un Masque de Ben Jonson et de Inigo Jones : La Réconciliation du. Plaisir et de la Vertu

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSEItVATOirtE

Masques'. Malheureusement, ces deux puissaules personnalités devaient finir fatalement par entrer en conflit; et ce fut l'architecte qui l'emporta, en 1031. i< La peinture et la charpenterie sont devenues l'âme du Masque, écrivait amèrement Ben Jonson. Jusqu'où ira-t-il, ce costumier? Demain, il sera le Dominus- fait-tout, le Dominns factotum du Masque. »

La beauté poétique du Masque disparut, à par'ir de ce moment, sacrifiée à la mise en scène. Mais, par une heureuse compensation, la musique prit sa place.

D'abord, la musique des Masques ne consista que dans quelques airs détachés et des danses; les grands compositeurs Elizabélhains, avant tout polyphonistes, ne collaborèrent point à ce genre d'oeuvres, qui leur paraissait inférieur; ils l'abandonnaient à l'amusement des dilettantes. Mais, vers le commencement du XVII' siècle, quand se fit sentir dans presque tout l'Occident la révolution musicale, dont les Florentins furent les champions les plus marquants, et qui devait aboutir au triomphe de la mélodie, du chant so/o, le genre secondaire du Masque se trouva être naturellement un champ d'expériences pour le nouveau stylo.

La tendance vers le chant solo se dessinait alors dans toute la musique anglaise, même dans la musique d'église de W. Byrd, de Thomas Morley, de John Bull, de Orlando Gibbons =. Le luth fut ici, comme dans les autres pays, un des principaux agents du style nouveau, que préparaient inconsciemment Thomas Morley et John Dowland. En 1601, un an avant la publication en Italie des Nuove Miisiche de Caccini, qui passent pour le point de départ du nouvel art du chant, paraissaient en Angleterre deux recueils d'Ayres, qui ofl'rent des analogies avec les monodies de Caccini : l'un de Robert Joncs, l'autre de Campion et de Rosseter. Il y avait toutefois cette différence essentielle entre les chants anglais et les chants florentins que ceux-ci cherchaient à suivre les rythmes et les nuances de la déclamation parlée, tandis que ceux-là étaient franchement mélodiques : cette dillérence persista, au cours de presque tout le siècle.

Les premiers compositeurs célèbres de Masques furent All'onso Ferrabosco et Thomas Campion. Le premier était fils d'un musicien italien établi en Angleterre, au milieu du xvi" siècle, et ami de Byrd. Il était joueur de viole, gentilhomme de la chambre de Jacques I''"', et publia en 1609 un livre d'Ayres, où se trouvent un certain nombre de chansons écrites pour des Masques de Ben Jonson, qui avait pour lui une affectueuse estime. — Thomas Campion fut une personnalité de haute valeur : à la fois musicien, poète, auteur dramatique, critique littéraire, critique musical, et médecin. 11 joua un peu en Angleterre le rôle d'un Vincenzo Galilei à Florence. Comme le

1. Iniîro .Jones, après avoir voyagé en Italie et en Danemark, devint surinLend.aot des bâtiments du prinne Henri, puis du roi (à partir lie Iblô). II mourut en 1653, pendant la guerre civile, qui

2. M. Hubert Parry a bien montré cette évolution, dans le troisième volume de l'Oifonl Uistory (chapitre V : Sii/ns o/ Change in England).

3. Voir, dans l'ouvrage de M. Reyher, la description de ca Ballet pour les noces de lord Hciy. C'est, de tous les Ubrptti de Masques, celui qui présente le plus d'indications précises sur le rôle de 'la

4. Les comptes du règne de Jacques I*' montrent qu'on avait des orchestres de 60 à 80 musiciens.

Les airs de Campion pour le Masque de 1607 ont été souvent réédités. On en trouvera quelques fragments dans le livre de Farry.

remarque justement Davey, o un homme d'une aussi vaste culture était mieux fait qu'un musicien spécialisé dans son art, pour adopter le style nouveau. » H en fut le champion déclaré, aussi bien dans ses écrits littéraires que dans ses compositions musicales. Son traité musical de 1618 manifeste, en même temps qu'une aspiration décidée vers la tonalité moderne, une franche antipathie pour la polyphonie savante; il veut que la mélodie soit simple et s'attache à l'exacte expression des paroles. Il appliqua ses principes dans ses nombreux volumes d'Ayres et dans ses Masques, dont le plus célèbre fut exécuté à Whitehall, le jour des Rois 1607^. Les airs, conservés jusqu'à nous, ont un agréable caractère populaire. L'orchestre, assez nombreux, était divisé en plusieurs groupes : d'un côté de la scène, cinq luths, une bandore, une sacquebute, un clavecin, et deux violons ; de l'autre, neuf violons et trois luths ; au milieu, sur un endroit élevé, « à cause du son perçant des cuivres », six cornets; et des hautbois, dans la coulisse*.

Robert Johnson, qui écrivit des airs pour des pièces de Middleton, de Ben Jonson, et de Beaumont et Fletcher, l'ut aussi très en faveur comme compo siteur de Masques.

Campion avait, dans le Ballet des Lords, en 1613. fait un curieux essai de déclamation poétique sur un accompagnement musical. Mais le premier qui introduisit dans les Masques le style récitatif à l'italienne fut un Français d'origine, établi en Angleterre, Nicolas Lanier, né en 1588 à Greenwich, musicien, acteur et peintre, que Charles 1'='' envoya en Italie pour y négocier, en 1627, l'achat de la collection du duc de Mantoue, et qui devint maitre de la musique du roi, plus tard Marshal de la corporation des musiciens (1636). 11 mourut en 1666. La musique qu'il écrivit pour un Masque de Ben Jonson, représenté en 1617 chez lord llay », offre le premier exemple connu en Angleterre de stilo recitativo. On trouvera dans le livre de M. H. Parry, un fragment d'un autre Masque de 1637, qui est tout à fait une déclamation musicale à la façon de Monteverdi. Lanier connaissait bien aussi la manière française, comme on le voit dans tel de ses Dialogues Pastoraux ^, qui semblent d'un Ballet de la cour des Valois, attardé.

Le succès de Lanier et sa situation prépondérante sur les musiciens anglais préparèrent la conquête de l'art anglais par l'art italien. Charles I""' ne ménageait passes faveurs à la musique nouvelle. L'ancien art madrigalesque disparaissait ''. Les Masques atteignirent, sous son règne, à l'apogée de leur splendeur; et l'on a pu dire que les spectacles de 'Whitehall ont servi de modèles à la cour de France '. Le roi, la reine et la jeune noblesse dansaient dans les intermèdes. La plus célèbre de ces représentations

5. Le Ballet des amants redevenus hommes. On lit sur le librelto : « Tout le Masque fut chanté, à la manière italienne, stylo recita-

6. Le genre du Dialogue, qui apparaît déjà dans le Ballet pour les noces de lord Hay (1607), ne fut nulle part plus cultivé qu'en Angleterre. C'était une sorte de scène dramatique de chambre, accompagné d'un ou de deux luths.

règne de Charles 1" : Byrd, en 1623; Gibbons, en 1625; Dowland, en 1626; Bull, en 16'2S. La dernière publication d'une collection de madrisaux en Angleterre est de 1639.

8. L'influence des deux cours était réciproque Les musiciens français étaient en grande faveur auprès de Charles I". Ainsi le Bocan, que Charles 1", prétend Sauvai, consulta toujours

Balle

mSTOIRE DE LA MUSIQUE

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