‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 354 sur 364 · L'OPÉRA AU XVII" SIÈCLE. — ANGLETERRE 188S · texte numérisé non relu

L'OPÉRA AU XVII" SIÈCLE. — ANGLETERRE 188S

Mdsriues, comme le Cupid and Deatk de Shirley, en 1653. Il fut un des auteurs du premier opéra de Davenant, le Siège de Rhodes (1G56). Au retour de Charles II, il écrivit, en 1661, la marche du couroniioment, collabora à nombre de représentations dramaliques (dont plusieurs arrangements de Shakespeare), publia de la musique religieuse, de la musique instrumentale, des écrits polémiques, qui lui firent beaucoup d'ennemis, et, en 1675, la musique de la Psyché de Shadwell et de la TempiHe de Shakespeare (arrangée par Dryden), sous le titre : The English Opéra. Il était le premier à publier de la musique dramatique anglaise sous ce nom d' « opéra «. Locke passa au catholicisme; il fut organiste de la reine Catherine de Rragance, et il mourut en 1677. Il était plein d'admiration pour ses œuvres, si l'on en juge par la préface de The English Opéra, où il vante la souplesse et la variété de son talent, ainsi ([lie la hardiesse de ses modulations. Son intérêt principal au théâtre tient peut-être à ce qu'il y fut aussi un compositeur de musique instrumentale. Non seulement il est un des musiciens anglais qui ont le plus inntribué à former le genre de la Suite '; mais avec lui, la symphonie commence à jouer un rôle dans le drame. La Tempête, écrite en 1667, est précédée d'une ouverture qui, avec une hardiesse prématurée, mais intéressante, s'efforce d'illustrer l'action. Cet « air de rideau » (Curtain tune) commence lentement et doucement, monte, s'anime, se déchaîne, puis retombe, s'évanouit peu à peu, et s'éteint 2. Dans sa musique vocale, Locke s'elTorce de bien dessiner les contours du récitatif, d'en varier la monotonie, en l'entremêlant de petites symphonies et de petits chœurs, simples, rythmiques, qui alternent avec les soli. En somme, on n'est pas encore bien loin des Masques, avec lesquels une pièce comme Psyehé a de la parenté. Mais on sent chez Locke un instinct scénique, un pressentiment des destinées de la musique et des puissances cachées de la symphonie dramatique; il avait la curiosité de ce qui pourrait être fait, de ce qui devait être fait après lui. Locke n'était qu'un précurseur. Mais il vit, avant de mourir, les débuts de Purcell, qu'il contribua à faire connaître, et qui lui consacra plus tard une Ode Funèbre ^.

Henry Purcell, le plus grand compositeur anglais du xvii" siècle, naquit probablement en I608. Son père, chanteur à la chapelle royale, mourut en 1664, laissant une veuve et quatre enfants dans le besoin. Le petit Purcell avait, par bonheur, un oncle qui s'occupa de lui avec beaucoup d'affection. Locke, ami du père, le protégea aussi. A six ans, l'enfant entra à la chapelle royale, alors dirigée par le capitaine Cook. Cook, sur lequel on trouvera des détails pittoresques dans le Journal de Peppys, était un e.xcellent musicien, compositeur, chanteur, et surtout éduca-

1. 11 publia en 1656 un Liltle Consort (Petit concert à 3 parties pour violes et violon). Ce sont des suites, dont chacune se compose d'une Pavane, d'un Ayre, d'une Courante et d'une Sarabande.

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