‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 66 sur 364 · Ce COI · texte numérisé non relu

Ce COI

lit,' Temps, 3 sept. 1901).

i octobre 1727.

3 a écrit un coi

sur la Ghiératior.

Voltaire, lettre ii double caractère

uel pense que la collabo-

La Motte "^j dans laquelle il présentait, non sans habileté, mais avec fermeté, son propre plaidoyer, en invoquant cotnme témoignage de ses capacités dramatiques les Cantates et les Pièces de clavecin déjà publiées. Houdard ne se laissa pas convaincre, et Hameau ne fut pas plus heureux auprès des autres librettistes à la mode, Danchet, Lafont, lîny, etc. On lui concédait beaucoup de science théorique, mais on lui reprochait de manquer de mélodie. Ses relations avec le fameux Le Riche de la Pouplinière, dont la femme, 'l'hérèse Deshayes"^, devait plus tard prendre de ses leçons, faillirent lui procurer le librettiste si ardemment souhaité. Grâce sans doute à Piron, il fréquentait chez le financier, qui, dès 172b, hébergeait une foule de gens de lettres. La Pouplinière aurait alors négocié, à l'intention du musicien, la collaboration de Voltaire; celui-ci, dans une lettre à Thiériot, datée du l"'"' décembre 1731, se déclarait, en eifet, tout au service d'Orphée-Iiameau, pour l'opéra de Samson; mais, soit cabale contre la pièce, soit lenteur dans la remise du livret, aucune suite ne fut donnée à ce projeta Dans la Préface de sa tragédie, Vollaiie dit bien que Samson est le premier ouvrage de Rameau, mais le privilège de celte pièce est de 1734, et nous savons de plus qu'en 1736 la musique n'en était pas encore terminée, des difficultés s'élevant entre le poète et le musicien.

Rameau avait rencontré chez le financier un autre librettiste très connu, l'abbé Joseph-Nicolas Pellegriu, ancien religieux serwte, venu à Paris en 1704 el que protégeait M""" de Mainlenon. C'était lui qui, en 1732, apportait à Monléclair le beau poème de Jcphté, et Rameau, extrêmement frappé de l'originalité de cet ouvrage, où la variété du spectacle s'alliait à des sentiments héroïques, parvint, probablement par l'entremise de la Pouplinière, à décider l'abbé à lui confier un livret. Telle fut l'origine d'Hippohjte et Aricie (!='■ octobre 1733), poème tiré de la Phèdre da Racine. On connaît l'histoire du billet de oOO livres, payable par le musicien en cas d'insuccès, que, prudemment, Pellegriu avait fait souscrire à Hameau, et que le librettiste déchira après la première audition donnée chez La Pouplinière, rue Neuve des Petits-Champs, au printemps de 1733. Cette anecdote ayant paru dans VAlmanach des Spectacles du vivant de Rameau, sans attirer de démenti de sa part, nous pensons, avec M. Brenet, qu'il y a lieu de la tenir pour exacte*.

Le succès d'Hippolyte ne se dessina pas immédiatement, et les opinions se partagèrent. Les LuUistes s'indignaient violemment de l'harmonie audacieuse et du« papillolage » de la musique de Rameau. «On a trouvé, déclarait le Mercure, la musique de cet opéra un peu difficile à exécuter, mais, par l'habileté des symphonistes et des autres musiciens, la difficulté n'en a pas empêché l'exécution... Le musicien a forcé les plus sévères critiques à convenir que, dans son premier ouvrage lyrique, il adonné une musique mâle et harmonieuse, d'un caractère neuf-'. « Au reste.

e 17.-!0 (G. Cuure terminé u

rationdeRameauetde Vullin- i.n, ,i,l .. r

cucl, iii Pouptmièrt' et / -

Iini3).p. 36etsuiv.).- Il .'. ^ i. '

décembre 1732, que le lu M I .1. s. ,,1

cette épo(iue.

8. Elle parut pour la première fois dans VAlmanach de 1763, soit trenle ans après Hippolifte. — Voir Cucuel, La Pouplinière, p. 66. Sur l'abbé l'ellegrin, consulter Un librettiste au siècle dernier, l'abbé Pel~ leijrin, par E. de Bricqueville (Mémoires de l'Académie de Vauclusc, 1880), et, du raéme auteur, le Livret d'opéra île Lulhj à Gluck.

a. Mercure, octobre 1733, p. 2248, 2249. 'Voici comment Daquin rendait compte plus tard de l'impression produite par le trio des Parques : « Ce trio affecte tellement les sens que les cheveux se héris.

iiisroiiii- DE LA Mi'srçrE

XVII" ET XVIIIo SIÈCLES. - FRANCE

c'était le poMe, Roy, et non un musicien, qui menait l'attaque des Lullistes '. Puis, des pamphlets circulèrent, et on lepiocha au compositeur de s'être nourri lies principes de l'école italienne. L'n moment ébranlé, liameau hésita s'il continuerait à travailler pour le théâtre, mais les musiciens ne s'y trompaient pas, et Campia déclarait qu'il y avait assez de musique dans llippoliite pour faire dix opéras; il ajoutait : •< Cet homme nous éclipsera tous. »

Peu à peu. Hameau reprit courage au fur et à mesure que le public revenait de son élonnement, et de 1734 à 1700, il donna à la scène française, avec des périodes de recueillement succédant à des périodes d'activité, vingt et un de ses ouvrages^, sans compter deux petits actes de Piron, les Courses de Tempe (1734), à la Comédie française, et les Jardins de l'Hymen ou la Hose (1744), à la Foire Saint-Germain.

Au moment où il prenait pied à l'Opéra, Hameau avait doublé le cap de la cinquantaine; on ne saurait donc trop admirer la volonté et l'énergie dont il lit ]ireuve; en 1733, parait son premier opéra-ballet, les Indes ijalanles, avec lequel il entre dans la voie tracée par Campra, Destouches et Mouret, et où il déploie ses brillantes qualités de symphoniste. Seulement si, d'après le Mercure, le public recevait cet ouvrage avec faveur et « beaucoup d'applaudissements », on critiquait vertement le poème de l'uzelier, et on continuait à reprocher à Rameau la diflîculté de sa musique. « La musique et les ballets ont de i;iandes beautés, » écrivait au marquis de Caumont le commissaire Uubuisson; seulement, il ajoutait que l'exécution en était malaisée. Et, en raison des critiques formulées contre le récitatif des indes i/alantes, le musicien se décidait à le supprimer^. Très ali'eclé des manœuvres des Lullistes qui le représentaient comme un adversaires de l'art de Lulli, Hameau disait, dans sa préface des Indes galantes, toute son admiration pour le surintendant de Louis XIV. Mal- ;;ré ses déclarations, les Lullistes qualifiaient la musique des Indrs yalanles de » galimatias ».

Rameau avait fait la connaissance, chez La Pouplinière, du poète Centil-Bernard, qui lui fournit le livret de Castor et l'ollux (24 octobre 1737). Si l'on en croit le Mercure d'octobre 1737, Castor « fut exlrêmement applaudi », mais il ne faut pas oublier que le Mercure est un sempiternel bénisseur; tout au contraire, les controverses qui mettaient aux prises Lullistes et Hamisles continuaient de plus belle et partageaient le parterre en deux camps ennemis-. » Ceux qui tenaient pour la musique de Lulli, écrit M. Malherbe, en grand nombre encore, devaient protester contre un art si dilférent de celui qui avait fait les délices de leur jeunesse. Les amis de la nouveauté

sent : il n'y a point de terme pour rendre tout l'elîet qi c'est au-dessus de l'agitation, de l'etTroî, de la terreur; i la nature s'anéantisse et que tout aille périr. Il est dans le genre composé qu'on appelle le diatonique enharmonique. •> (Daquin, Lettres sur /es hommes célèbres sous le rètjne de Louis XV, l""" partie, p. 70, 71.)

1. P.-M. Masson, Lullistes et Itamistes [Année musicale, 1911, p. 18'J).

Page 1