‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 67 sur 364 · A. Pougin, Rameau, Essai sur sa vie et ses œuvres, p. 6o · texte numérisé non relu

A. Pougin, Rameau, Essai sur sa vie et ses œuvres, p. 6o

3. C'est à la suite de la rcpréseolation des Indes galantes que Montéclair, qui n'aimait point Rameau, alla le complimenter sur un certain passage de la partition. » L'endroit que vous louez, aurait répliqué Hameau, est cependant contre les règles, car il y a trois quintes de suite. » {Anecdotes dramatiques, 177S, I, p. 445.)

4. Le duc de Luynes écrit a propos de Castor : » Cet opéra n'a point réussi. » [Mémoires, I, p. 401, novembre 1737.) Ce n'est pas a l'occasion de Castor, ainsi qu'où l'a prétendu, que parurent les vers célèbres ; M Contre la moderne musique. » etc. L'épigramme s'adressait à //i/ïpolyte et Aricie; c'est du moins ce que déclare M. Malherbe dans le Commentaire bibliographique iVHippolyte (p. li> ce que Castor eut pou de détracteurs.

devaient, au contraire, saluer avec joie cette musique moins solennelle, plus savante et surtout plus libre d'allure et d'inspiration'. » Quelques Lullistes enragés faisaient semblant de se convertir à l'art de Hameau, mais prenaient bien soin de déclarer qu'ils Il n'y goûtaient aucun attendrissement », occupés seulement et amusés qu'ils étaient par « une prodigieuse mécanique'^ ».

« On dit que les Indes galantes de Rameau pourraient réussir, écrivait, en 173a, Voltaire à Thiériot. Je crois que la profusion de ses doubles croches peut révolter les Lullistes; mais, à la longue, il faudra bien que le goût de Rameau devienne le goût dominant de la nation, à mesure qu'elle sera plus savante. » La prophétie de Voltaire se réalisa en grande partie, car le Mercure d'août 1778 publiait une étude complète et fort élogieuse de la partition, étude en laquelle s'affirment les progrès réalisés par la critique musicale. En 1737, Hameau établissait à l'hôtel d'Effial, où il habitait alors, une école de composition; il se proposait d'y instruire douze élèves, moyennant versement par chacun d'eux d'une contribution mensuelle de vingt livres''.

Le cénacle de La Pouplinière continuait à favoriser les relations du musicien avec des librettistes éventuels. Pour les Pestes d'Hébé ou les Talents li/riiines, qui parurent, pour la première fois, le 21 mai 1739, le poème était le résultat d'une multiple collaboration. D'après M. Malherbe*, Rameau aurait raconté chez le financier qu'il avait toujours en portefeuille sa tragédie lyrique de Sanison. Des habitués du salon de La Pouplinière (M°" de liersin et Mondorge) virent la possibilité d'utiliser la musique de cet ouvrage en vue d'un opéra-ballet en trois entrées : la Poésie, la Musique et la Danse (d'où le nom de Talents li/riques), et s'associèrent, dans ce but, k Gentil-Bernard et à Pellegrin; La Pouplinière lui-même aurait fait partie de la combinaison'. Malgré le décousu d'une semblable association, l'ouvrage eut du succès, succès qu'enregistrent à la fois le Mercure de décembre 1739 et les ]\^ouvellcs â la main^". « La musique, écrivait Grimm, en est délicieuse". » On allait même jusqu'à dire que les Tafeï!.(.s /i/n'çues feraient disparaître de l'affiche la tragédie de Dai-danus, qui Toocupait depuis le 19 novembre 1739.

Pour Dardanus (19 novembre 1739), c'était La Bruere qui avait accordé sa collaboralion à Rameau. La pièce se heurta à l'hésitation du public, et le commissaire Dubuisson rapporte que la musique ic n'a pas encore fait son etîet sur toutes les oreilles'- ». Les Nouvelles à la main manifestent l'agitation qui s'était emparée du public à l'annonce de la nouvelle œuvre de Rameau. Longtemps à l'avance,

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