Nouvelles littéraires, I, p. 268, 269 (éd. Tourneui
10. Collé, /o«riio/Ais(origue(èd.l868),lI, p. 210, 212. — Grimm, qui admirait encore Rameau à cette époque, déclarait que Platée resterait sans rivale.
11. Cette letlre a été publiée par M. Masson dans son mémoire intitulé Lullistes et Hamistes {Année musicale, 1911, p. 199, 200).
12. Voir plus loin, sur la collaboration de Rousseau : Ch. Malherbe, p. LU et LUI, t. XI des Œuvres complètes de Rameau, et Tiersot, /.-/, Rousseau, p. 256 et suiv.
HISTOIRE DE LA HinsiorE
second mariage du daupliin provoquait, en 1747, la représentation des FiHcs de l'Hijmcti et de l'Amour (lo mars), à propos desquelles (".rinim signalait la préférence de plus en plus accusée que le public témoignait on faveur des ballets, alors qu'il délaissait les tragédies'. L'année suivante, venait 'lais (29 février 1748), paroles de Cahusac : « Depuis longtemps, déclare (irimm, on n'avait pas vu au théâtre de sujet susceptible d'autant de spectacle par la variété qui y règne. » Il ajoute que « la musique de ce ballet a des censeurs et des partisans. En général, les airs de violon sont très bien, les airs chantants fort inférieurs- ». Quant au Mercure, il proclame la musique « admirable ». « Les symphonies sont d'un goCit agiéable, léger et pour ainsi dire aérien' ». A '/.ais succéda, sous le titre de PiiijmalUm (27 août 1748), un acte d'un ancien ballet des Arls de La Motte que, d'après le Mercure, Ballot de Sauveau avait complètement défiguré; mais Collé nous dit que « le démon de la musique » de Rameau l'emporta sur ce « barbouillage », et que le compositeur réussit, en dépit du poème, qui avait de quoi couler à fond dix autres « musiciens'- ». Après les Surprises de l'amour (17 novembre 1748), la terminaison de la campagne des Flandres et la conclusion du traité d'Aix-la-Chapelle procuraient à Rameau l'occasion d'écrire un opéra « pour la paix », Nais (22 avril 1749), dont le livret sortait des mains de Cahusac '. L'Académie royale s'était mise en frais pour la circonstance, et s'était appliquée à soigner particulièrement la mise en scène". La décoration du Prologue représentait de façon suggestive le combat des Dieux et des Titans Collé trouvait la musique jolie et les scènes d'un ennui mortel; le Mercure célébrait de confiance le beauté de la composition, et déclarait qu'on y découvrait « des traits admirables de génie'' ».
Les alTaires de Rameau n'allaient pas toutes seule; à l'Opéra. H paraîtrait, d'après Collé, que M. d'Argenson, qui avait la haute main sur l'Académie royale de musique, interdisait aux directeurs de mettre plus de deux opéras de Rameau par an à la scène, et cela, pour ne pas décourager les autres musiciens. Celte mesure indisposait les Ramistes et piquait au vif Rameau lui-même, qui menaçait de ne plus travailler pour ce théâtre*.
Quoi qu'il en soit, il n'eut pas lieu de se plaindre de la façon dont l'Académie royale représenta son Zoroiifitre (o décembre 1749). Monté avec un luxe inouï, l'ouvrage, en dépit des critiques et des passions qu'il suscita, s'acquit une réputation qui dépassa les frontières; traduit en italien, il lut joué, en 1751, à l'Opérade Dresde'. Sur la magnificence du spectacle, toute la critique se montre unanime : « 11 y a plus de soixante ans, écrit Grimni, qu'on n'avait vu tant de
1. ?<omeUeslitt., 1, p. 238, tV). A propos de ce ballet, Crimm s'étcndail longuement sur l'esthétique de Rameau. i. Ibid., I, p. 142-147.