‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 71 sur 364 · ouniai de Collé, I, p · texte numérisé non relu

ouniai de Collé, I, p

9. Mercure, mai 1732, p. 164 et sui?. Le Zoroaslre de Dresde était

magnificence à notre Opéra, » et, moins sévère que Collé, qui déclarait que, dans '/.oroastre, « Cahusac était encore au-dessous de Cahusac », la critique trouvait le poème bien écrit. Quant à la musique, " elle n'était pas, selon Collé, partout digne de Rameau »; le récitatif paraissait faible, les symphonies médiocres'". D'après Collé, le quatrième acte seul méritait les plus giaiids éloges. Mais les connaisseurs soutenaient que l'opéra do Zoroaslre était le chefd'œuvre de Rameau. Knfin, de méchantes langues comparaient l'ouvrage au musicien, qui était « long, sec, noir et dur ». Bref, Zoroaslre suscitait toutes sortes de mots et d'épigrarames; un exemple : M"» Carton répondant à Cahusac qui, trouvant prématurée l'apparition de la pièce, déclarait : « La poire n'est pas encore mftre, » répliquait : « Cela ne l'empêchera pas de tomber". »

Si la querelle des Lullisles et des Ramistes ou des Ramoneurs n'était pas complètement close, du moins ses éclats perdaient-ils à ce moment toulo violence, et la reprise de l'ygmalion (mars 17;;i) parait avoir rais définitivement fin h la cabale menée par les ennemis du musicien. L'art de Rameau ajoutait à la consécration officielle l'approbation d'un public dont la conquête lui avait demandé de longs effoi'ts. On ne le discutait plus guère, lorsqu'un incident fit surgir une nouvelle querelle, beaucoup plus ardente et plus âpre que celle qui s'était élevée à l'origine autour des ouvrages du musicien. Nous avons nommé la Guerre des Bouffons ou des Coins.

« Les derniers LuUistes, écrit M. Masson, réussirent, en partie, à entraver les représentations de Zoroaslre. On opposait à cet ouvrage le Carnaval du Parnasse de Mondonville'^.

D'une façon générale, on peut dire que, durant le xviii<= siècle, l'esthétique française et l'esthétique italienne ne cessèrent de se combattre; mais la lutte ne fut pas continue; elle procéda par crises successives, dont la première remonte aux polémiques de l'abbé Raguenet et de Lecerf, dont la seconde caractérise l'état d'esprit des LuUistes, qui traitent Rameau d'Italien, dont la troisième éclate à propos des Bouffons, et dont la quatrième s'est appelée Guerre des Gluckisles et des Piccinnistes. A la vérité, ainsi que l'observe justement M. Masson, l'accusation d'italianisme dirigée contre Rameau par les LuUistes n'exprimait pas toute leur hostilité. Fréron disait que la musique de Rameau n'était « ni purement française ni purement italienne ». Ce qui choquait surtout dans les ouvrages dramatiques de Rameau, c'était l'abondance, alors nouvelle, de la musique'^.

La position prise vis-à-vis de Rameau par les Encyclopédistes, à l'occasion de la Guerre des Bouffons, a déjà fait éclore une nombreuse littérature '*,

plutôt une adaptation qu'une traduction. De la musique de Rnmeau, on n'avait conservé que l'ouverture et le premier chœur. (Cf. M. Brenet, Guide musical, i avril 1899.)

10. Nouvelles litt., p. I, 385.Grimm trouvait les chœurs admirables, ce qui avait fait dire i un mauvais plaisant que m c'était l'opéra des laitues, dont il n'y a que le cœur qui soit bon ■• (Ibiil., I, p. 393). Déjà l'animosité de Grimm contre Rameau commence à se dessin<^r.

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