Œmres, II, p
j. Les trois brochures écrites par Diderot pendant la guerre des Bouffons sont :
1° Atrél rendu à t amphithéâtre de l'Opira sur la plainte du milieu du parterre intervenant rfin? la querelle des deux coins (1753)-
leine, des airs de danse qui dureront éternellement. >i Dans les trois brochures qu'il écrivit durant la querelle des Bouffons, il s'élève contre l'intransigeance des cabales, montre la vanité de toutes les disputes esthétiques et, somme tonte, demeure neutre^.
Quant à d'Alemberl, il a jugé Rameau avec justice et impartialité. Après avoir proclamé, dans le Oiscours préliminaire de l'Enci/clopédie, les immortels mérites de Rameau, il collabore, en quelque sorte, avec le musicien, en écrivant ses Eléments de musique tlu'oriqite et pratique (t7o2). S'il combat plus tard la doctrine de Rameau, il ne dénigre point la miLsiqne française, et, à l'égard des polémiques, il se tient sur une sage réserve. Dans la Liberté de la Uluaique, il proteste contre l'e.tpulsion des Bouffons et contre le principe d'une espèce de musique d'État". Comme Grimm, il vante Platée , mais, mieux doué que son confrère au point de vue liistoiique, il situe très e.\actement Hameau dans le temps, enregistre ses efforts, déclare que sa musique a préparé nos oreilles à recevoir les beautés de 17S2, et estime fort ses symphonies, qu'il trouve bien supérieures à celles des Italiens. Bref, d'Alembert a compris Rameau et lui a rendu justice.
Rameau, qui n'était point homme à se laisser attaquer sans se défendre, riposta vertement aux Encyclopédistes. Successivement, il lance ses Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe lI7o4)% les Erreurs sur la musique datis l'Encyclopédie (17oo), et la Suite des erreurs sur la musique dans l'Encyclopédie (17o6). Puis, vinrent la Réponse de .U. Rameau à MM. les Éditeurs de l'Encyclopédie sur leur dernier avertissement (17o7) et la réponse que le musicien adressa à l'Alembert « concernant le corps sonore » (probablement en 1759). Les éditeurs de l'Encyclopédie l'avaient prié de se charger de la partie musicale de cette publication; mais Rameau déclina la collaboration qu'on lui demandait, et se borna à accepter d'entreprendre la correction des articles relatifs à la musique. Ces articles ne lui auraient point été soumis, et, tout naturellement, des froissements en résultèrent, qui contribuèrent à exciter l'animosité du musicien contre les philosophes.
De toutes ces polémiques, il ressort que, personnellement. Rameau en voulait beaucoup plus à ses adversaires du camp encyclopédiste qu'à la musique italienne, et que la guerre des Bouffons fut, avant tout et surtout, une bataille de coteries, une querelle de i< coins », le coin du roi défendant la musique française, et le coin de la reine, rempli, comme le proclame Rousseau, de « gens à talents », se dressant en champions de l'art italien*. Ceci est tellement vrai que nous savons par Maret que les « nouveaux opéras-comiques », c'est-à-dire les pièces inspirées par le mouvement bouffonniste, reçurent les applaudissements de Rameau, qui proclamait volontiers les
2" Les trois chapitres ou la vision de la nuit du mardi gras au mercredi des Cendres (1753).
3» Au petit prophète de Doehmischroda, au grand prophète \Ionet, etc. (1753).