‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 75 sur 364 · De ta Liberté de la musigue · texte numérisé non relu

De ta Liberté de la musigue

7. Sur cet ouvrage et sur le suivant, on consultera les .Vourclles littéraires, II, p. 162, 163, la Correspondance littéraire. II, p. 367, 368, et 111, p. 20. Dans une lettre adressée h un correspondant italien, Rameau déclarait que ses Ohseroations étaient c. do grand vol ».

8. I.a guerre des bouffons s'est, en quelque sorte, perpétuée jusqu'à nos jours, et on en trouve la continuation au sein de la critique contemporaine, ou Rameau a rencontré en MM. Laln et Hcllouin des défenseurs contre les Encyclopédistes, alors que MJI. E. Hirschberg et Romain Rolland s'efforçaient d'expliquer et dejustifler l'attitude

ENCyCLOPÉniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE

progrès que « le goût italien » ferait faire à la musique'.

Mais laissons là la querelle des Bouffons, qui s'apaisa peu à peu, du moins à la surface, pour revenir à la vie de Rameau. La reprise de Pygnialioii, avec un succès considérable, en mars 17ol, remplit Rameau de joie. Il s'indignait, cependant, que le prévôt des marchands, alors chargé de la gestion de l'Opéra, ne voulût pas faire représenter Irois tragédies, deux ballets, trois actes séparés qu'il tenait tout prêts. II voyait là une hostilité contre ses ouvrages, hostilité d'autant plus inexplicable que, par disette de nouveautés, on remettait d'anciens opéras à la scène. Collé critique vivement l'attitude prise par d'Argenson en cette circonstance^.

Deux mois plus tard, le prévôt des marchands se décida cependant à faire une démarche auprès de Rameau, dans le but d'obtenir de lui les œuvres nouvelles qu'il annonçait; le musicien répondait alors en demandant une pension de 1.000 écus sur l'Opéra. 11 représentait que Campra et Destouches avaient reçu chacun une pension de 2.000 écus, sans avoir apporté à l'Académie royale une contribution lyrique comparable à celle dont lui. Rameau, pouvait se prévaloir. M. d'Argenson refusa d'acquiescer à la réclamation du compositeur, qui s'adressa à l'abbé de Bernis et lui mit sous les yeux un état d'où il ressortait que ses opéras avaient produit une somme totale de 978.000 livres, sur laquelle il n'avait louché que 22.000 livres. Collé, qui rapporte ce détail, ajoute que l'abbé s'était chargé de soumettre les pièces du procès à M"'' de Pompadour; mais c'était là un appui hien précaire. « Elle ne fera rien pour Rameau, déclare Collé; elle n'aime guère sa musique, moins encore sa personne^. »

Cependant, au mois de septembre de la même année, l'Opéra montait, conjointement avec les Génies tutélalres de Rebel et Francœur, un ouvrage nouveau de Rameau, la Guirlande ou les Fleurs enchantées (21 sept. 1751), comédie-ballet dont Marmontel avait écrit le livret. La carrière de cette pièce ne fut, du reste, pas longue, car le Mercure de décembre 17ol annonce qu'on la retira de l'affiche après quatorze représenlations''. D'après Grimm, l'idée du poème était « plus jolie qu'heureusement exécutée », et la musique « pleine de ressouvenirs'^ ».

Le 19 novembre suivant, l'Opéra jouait, à l'occasion delà naissance du duc de Bourgogne, une pièce de circonstance, le ballet héroïque d Acante et Céphisc ou la Sympathie, paroles du même Marmontel, musique de Rameau. Collé critique vertement le poème : <( Quelles paroles! s'exclame-t-il. Elles font regretter Cahusac». » Quant au Mercure, contrairement à son habitude, il donne une assez longue analyse de la musique: n L'ouverture, écrit-il, est une des plus

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