‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 85 sur 364 · Hippoùjte, acte II, scène i · texte numérisé non relu

Hippoùjte, acte II, scène i

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L'effet résultant de la quinte augmentée /"aq i/<ï, avec le hu' supérieur, s'ajuste très lieureusement au mot « tremble ». De même encore, au V° acte de Cnslûr, Hameau frappe un accord avec quinte diminuée sous le cri déchirant de Castor : « Je sens trembler la terre'. » On ne saurait donc nier les intentions expressives de l'harmonie qui supporte le récitatif. Mais, en général, ce récitatif demeure froid et conventionnel.

Les airs, au contraire, respirent maintes fois une vie intense. Us sont généralement bien caractérisés, très clairs et très expressifs. Rameau n'a point échappé à l'influence italienne si active au début du xv!!!" siècle; sa mélodie vocale nous en est une preuve; elle présente, en effet, de nombreuses tenues et vocalises, si caractéristiques du style italien.

Il est des tenues vocales qui durent trois mesures et plus, telles celle de l'air d'Aricie au l'"' acte dllippolyte sur les mois « sans cesse- », ou encore, celles de la Kolie, au 11° acte de Platée, qui atteignent jusqu'à quatre mesures^. Ces tenues insistent généralement sur des idées de durée (sans cesse, jamais, toujours), sur des idées de grandeur {tinivers, ciel, règne) ou sur des idées d'extension, d'élargissement, de nombre [tous]. Comme les Italiens, Rameau se montre même sensible à l'altrait de certaines voyelles qui donnent un bon poinl d'appui à la voix, telles que la voyelle a, par exemple; il place des tenues ou des vocalises sur Naïades, Hyades, etc. De plus, ces vocalises sont souvent d'une expression charmante et soulignent des mots typiques tels que « lance », » voler », etc. Les vocalises de la Folie, au H" acte de Platée, sur le mot « métamorphose >i, transposent de la façon la plus pittoresque, par leurs modulalions et par leur rythme, la métamorphose de Daphné. Enfin, celles de r « Air du Rossignol » d'Hippobjte et Aricie furent longtemps célèbres; la voix d'une Bergère rivalise de virtuosité avec les violons et la flûte'. Il y a là tout un symbolisme sonore hérité de l'esthétique expressive du xvn° siècle.

L'influence italienne se fait encore jour dans les airs de Rameau lorsqu'on les étudie au point de vue de la forme. Ces airs, en effet, appartiennent à deux types, au type binaire de l'air français et au type de l'air italien à reprises. Les airs à reprises se montrent fréquemment dans les opéras de Hameau, mais ils affectent une forme plus brève, plus ramassée,

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