‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 88 sur 364 · JOid., acte III, scène iv · texte numérisé non relu

JOid., acte III, scène iv

IIISTOIliE ni-: LA AflSIOlE

XVII" ET XVIII" SIECLES

FRANCE

Voici encore un thème dans lequel il frappe à coups redoublés sur la tonique et la dominante':

Naturellement, la construction des mélodies, au moyen des notes constitutives des accords, ne s'elFectue pas toujours selon la position normale desdits accords. Rameau utilise les divers renversements pour présenter ses thèmes, puis, une fois qu'il les a

exposés avec toute la netteté tonale désirable, il leur impose des mouvements harmoniques plus on moins vifs, mais qui ne cessent jamais d'être parfaitement clairs.

Ce système, qui consiste à briser l'accord afin d'en extraire la mélodie qu'il contient, Hameau l'emploie très souvent dans ses ligures d'accompagnement, et cela sous forme d'arpèges. 11 a créé ainsi, et notamment dans la basse des récitatifs et des airs, une foule de dessins souples, vaporeux, symétriques, d'un effet charmant, et qui enveloppent les mélodies d'une sorte de gaze tonale.

Au II« acte d'Ilip/iolj/li' , nous voyons apparaître des accords brisés de violons dans l'air de ïisiphone - :

tenl noire tarba

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puis, dans la Tempête, où les premiers violons dessinent l'arpège du ton, tandis que les deuxièmes et troisièmes exécutent de foudroyantes gammes par mouvements contraires, et que le reste des instruments à cordes, reprenant des fragments de gammes, ou roulant des trémolos, forment le fond du tableau sonore^. On retrouve les arpèges au III- acte du même opéra, après l'air de Thésée qui précède le fameux « frémissement des flots », en hoI majeur : dans ce » frémissement », il y a des heurts, des croisements de violons par gammes contraires, pendant que bassons et violoncelles font des tierces*.

Les thèmes instrumentaux de Rameau se réduisent parfois à de simples accents mélodiques que leur répétition rend caractéristiques. Ainsi, au II" acte de Dardâmes, une ligure de deux notes : la-fa ou ré-si se répète en passant successivement à tous les instruments de l'orchestre.

Toujours préoccupé de la tonalité. Rameau assoit solidement sa mélodie sur des cadences bien nettes; parfois, des groupes de deux notes formant cadence s'enchaînent les uns aux autres, dans l'air des Prè- Iresses de Diane d'Hippolijtc et Aricie, par exemple. Voici cette série de cadences^ :

A la reprise suivante, on entend, avec le même dessin de noires liéesde deuxen deux, relentirchaque fois une note appartenant à l'accord de la dominante et à l'accord de la tonique.

La mélodie, oscillant ainsi entre les notes tonales, exprime une série de cadences. Vient-elle à moduler, elle le fait toujours avec la clarté si caractéristique du musicien. Des chaînes de cadences parfaites transportent alors la mélodie, le plus simplement et le plus logiquement possible, du Ion initial à la nouvelle tonalité. Nous trouvons un bon exemple de la manière de Rameau à cet égard au I"-- acte d'Hippolyle. Là, l'Air en ronileau pour les Amours, qui débute en fa mineur, passe par une série de cadences parfaites au ton relatif majeur de la'\

Rameau, en raison du souci qui l'occupe de main-

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