Dans les Fêtes de Thalie
iiisrninE de la misique
XVII" ET XVIII" SIÈCLES
FRANCE
s'adapte bien au fjenre pastoral; o"esl une bergerie dans le «oiU du temps, et rien de plus. En lèle de sa partition, Moiidonville avait déclaré s'être servi d'une mélodie populaire langucdocieime, dans un divertissement du premier acte. « J'ay cru nécessaire, dit-il, d'introduire dans mon ouvrage un air du pays que j'ai ajusté. » D'après M. Tiersot', ce serait là la première apparition de la mélodie populaire dans l'opéra, mais on a contesté cette manière de voir au moyen d'une argumentation d'ailleurs peu probante'^.
Moiidonville revenait à l'opéra le 0 mai 17;i8, avec lesFrli'xd,' l'diihus. ballet composé de trois actes indé- (>endants les uns des autres, dont les deux premiers, Vt'nus et Adonis, Bacchus iH Eiir/one, provenaient du répertoire du tliéàlre des Petits-Cabinets. Enfin, le 13 janvier 1767, il faisait représenter iin Thési'e. écrit sur le poème de Quinault. La chute de cet ouvrage provoqua la résurrection du vieil opéra de Lulli. La musique dramatique de Mondonville appartient au de mi -caractère et s'aflirme tout particulièrement f^aie et pracioiise; la complication de l'écriture instrumentale et surtout les pailies de violon rappellent l'excellent violoniste qu'était Mondonville.
Nous exposons plus loin l'apitalion qui s'empara du public parisien lors de la représentation de la Servit piidriitui. en 1732. Nul ne prit part à la guerre di's luiiiMuiis ,ivi'c plus de fougue et de passion que Jraii-lai ijiH's lUiusseau. Devenu un partisan déteriniii'' ili' la iiiUbique italienne, il ne fut pas seulement un conipuMleur de mérite, mais suitout un grand semeur d'idées. C'est à ce double titre qu'il doit figurer ici'.
Toute sa vie, Rousseau s'occupa de musique. Très impressionnable, très se^sitif, il suppléa par sa puissance d'intuition à l'insuffisance de sa technique, laquelle, du reste, n'était nullement aussi faible qu'on l'a prétendu sans preuves. Elevé par sa tante Suzon qui chantait « d'une voix fort douce », Jean-Jacques reçut de M"" de Warens, à Annecy, ses premières leçons de musique. Du séminaire, il rapporta une cantate de Clérambault, mais ne songea guère à composer avant l'âge de 18 ans. Après avoir suivi, à la maîtrise d'Annecy, d'octobie 1729 à Pâques 1730, l'enseignement de Jacques-Louis-Nicolas Le Maitre*^, Rousseau va à Lausanne, où il entreprend de donner
1. J. Tiersot, Histoire de la Chanson populniye m France, p. 509.