DIVISIONS DE LA MUSIQUE
La puissance d'action de la musique est considérable. Pour cette raison, l'art 7nusical et la science musicale ont donné naissance, dans leurs diverses applications, à un grand nombre de divisions et de subdivisions qu'il est utile de connaître, et dont voici les principales :
Musique active. — Voyez Musique figurée et Musique thi'oiique.
Musique antique. Musique ancienne. Musique moderne. Musique contemporaine. — La musique antique est celle des temps les plus reculés. La musique chez les anciens peuples, Hébreux, Hindous, Egyptiens, Orientaux, appartient à l'époque de la plus haute antiquité.
La musique des anciens Grecs, des anciens Romains, avant l'ère chrétienne et quatre à cinq siècles après Jésus-Christ, appartient à l'antiquité proprement dite.
La musique ancienne est celle dont l'histoire •commence dans les premiers siècles du moyen âge, vers le v«, et se poursuit vers la Renaissance, au xvi" siècle et au commencement du xvii', époque où vont naître l'harmonie dissonante, et plus lard, le drame profane opposéà la musique purement ecclésiastique.
Ces derniers éléments vont donner naissance, au Jîvii' siècle, à Vart et à la musiq^ie modernes.
A cette époque, la musique moderne est à ses débuts, historiquement parlant, mais n'en reste pas moins une musique ancienne par rapport à nous.
La musique telle que nous la connaissons dans son état actuel est pour nous la musique contemporaine.
Musique arithmétique. — Celle qui considère les sons par le rapport qu'ils ont avec les nombres.
Musique artificielle. — Celle qui se règle sur les principes de l'art, ou qui s'exécute au moyen des
instruments inventés par l'art. Chez les anciens, la miisiq'ie tirliliciclla consistait dans tout ce qui se rattachait à l'art musical proprement dit, c'est-à-dire à l'art des sons.
Musique choraïque. — C'était, chez les Grecs .de l'anti(|uité, une musique propre à la danse. Musique de ballet.
Musique chorale. — Celle qui est spécialement composée pour les chœurs et qui est exécutée par des chœurs d'hommes, de femmes ou d'enfants.
Musique qui se chante à l'église, dans le Cluvur, et à plusieurs voix.
Musique chromatique. — Musique dans laquelle le <jcnre chromatique domine et dans laquelle les sons procèdent par demi-tons ou par notes altérées.
Musique classique. — Celle qui se soumet aux règles, aux préceptes de l'art enseignés dans les classes, à l'école; opposée à la musique romantique dans laquelle les compositeurs tendent à s'affranchir des règles de composition et de style établies par les maîtres classiques. Romantique est ici un dérivé de roman, dans lequel l'action se passe, le plus souvent, en dehors des règles ordinaires de la vie.
Musique contemplative. — Voyez Musique figurée.
Musique de chambre (en italien, jnusica dicamera). — Celle qui s'exécute dans les salons, dans les salles de concert : les sonates, les concertos, les duos, les trios, les quatuors, les quintettes, les sextuors, les septuors pour divers instruments ; les pièces vocales pour une ou plusieurs voix font partie de la musique de chambre, qui est opposée à celle qui s'exécute dans les théâtres, et qui est appelée musique dramatique, musique de théâtre.
Musique d'église (en italien, musica da chicsa]. — Celle qui s'exécute dans les églises, dans les temples et qui est appelée musique religieuse, parce qu'elle fait partie des chants usités dans les offices des différentes religions. On l'appelle également musique
Musique de fanfare. — Voyez Musique militaire.
Musique d'harmonie. — Voyez Musique militaire.
Musique diatonique. — Celle dont ,les notes procèdent par tons et par demi-tons et dans laquelle le genre diatonique est seul employé.
Musique didactique. — Celle qui est propre à l'enseignement de la musique.
Musique dramatique. — Celle qui se chante et se joue dans les théâtres et qui appartient aux drames lyriques, aux opéras.
Musique élémentaire. — Celle qui traite des éléments constilutifs de la musique, considérée au point de vue théorique.
Musique enharmonique. — Celle dans laquelle le genre enharmonique est usité.
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOSXAIHE DU COXSEliVATOinE
Musique figurée ou mesurée. — Celle dont les noies ont difTérentes figures pour varier la durée des sons. Elle est opposée à la musique de plain-chant, dans laquelle les ligures sont presque toutes semblables, en raison de l'uniformité dans la valeur et la durée des notes. Lviinusiquc figurée a également été appelée musique colorée, parce que le corps des notes y est noir ou Manc. Au moyen âge , on employait également les notes rouges, qui avaient la propriété de diminuer la durée des sons.
Kn résumé, la musique figurée comprend l'ensemble de tous les signes par lesquels on représente les divers éléments avec lesquels on écrit la musique.
Au moyen âge, nos ancêtres subdivisaient la musique figurée ou mesurée en (liéorique et contemplalivt' ou spéculative, qui traitait de la théorie du son, et en musique pratique ou active, qui était l'application de ce que la précédente ne faisait qu'indiquer.
Musique harmonique. — 1° Celle qui s'exécute à plusieurs parties simultanées formant harmonie. AH des sons simultanés. 2° Les anciens appelaient musique harmonique, qu'ils considéraient comme une des subdivisions de la musique artificielle, celle qui s'obtient avec les instruments naturels que nous possédons: le gosier, la langue, le palais, les dents, les lèvres et les poumons.
Musique historique. — i° Celle dans laquelle on cbante les hauts faits de l'histoire ;
2° Ouvrages de littérature musicale, de théorie, d'études historiques, dans lesquels il est parlé de l'origine, des développements, des évolutions qui se sont opérés dans l'art musical.
Musique instrumentale. — Celle qui est spécialement composée pour être exécutée par les instruments de musique.
Musique mélodique. — 1° Celle dont les sons procèdent un à un, mélodiquement;
2° Celle dans laquelle le chant domine, avec grâce charme, douceur.
On l'appelait anciennement musique mélismatique {musica melismatica).
Musique mesurée. — Musique dans laquelle les figures sont de valeurs inégales afin de former des rythmes variés, formant eux-mêmes des mesures variées.
La nuisique mesurée fut également appelée musique figurée 6i prit naissance au moyen âge.
Elle est opposée à la musique du plain-chant, dans laquelle les notes procèdent avec égalité de valeur (Voyez Musique figurée).
Musique métrique. — Celle qui est composée sur des vers, et qui se conforme au rythme, au mètre, aux exigences prosodiques du vers.
Musique militaire. — 1° Corps de musique de l'armée. Les musiques militaires sont divisées en deux classes: les musiques d'harmonie, formées de la réunion des instruments de cuivre et de bois, et les musiques de /'a/i/'urc, qui n'admettent exclusivement que des instruments de cuivre.
2" Compositions musicales spécialement composées pour les inusiques d'iiarmonie et les fanfares.
Musique moderne. — Voyez Musique ancienne.
Musique modulante. — Celle dans laquelle on change souvent de tons et de modes.
Musique naturelle. — 1° Celle qui est exécutée par les voix, élément naturel, et opposée à l'artificielle, qui est exécutée parles instruments de musique, éléments créés par l'art.
2" Musique dans laquelle le compositeur n'emploie que des procédés, des moyens que la science peut expliquer et prenant leur origine dans les éléments fournis par la nature.
3° Chez les anciens les mouvements, les phénomènes du monde physique et du monde moral constituaient la musique naturelle.
Musique omnitonique. — Musique qui admet l'usage de tous les tons et qui module.
La musique moderne est omnitonique, parce qu'elle est établie d'après un système qui admet l'emploi de tous les tons usités. Elle est opposée k la musique ancienne, le plain-chant religieux, dans lequel on ne module pas, et qui est par ce ia.il unitonique, c'est-iidire dans un seul ton.
Musique organique. — Celle qui doit être exécutée par les insliuments de musique. (Organique dérive du latin organum, qui signifie instrument.)
Musique pathétique. — Celle qui touche, qui émeut, qui éveille en nous des sentiments expressifs.
Musique plane. — C'est le plain-chant, dans lequel les sons procèdent avec égalité de valeur (en italien,
musica piana).
Musique polyphonique. — Musique à plusieurs parties simultanées.
Musique profane, la religion.
Celle qui n'appartient pas à
Musique religieuse. — Celle qui s'exécute dans les églises, dans les temples, pour les offices religieux usités dans les différents cultes. On l'appelle aussi:
musique d'église.
Musique rythmique. — 1" Celle dans laquelle l'accent, la cadence, le rythme se font sentir. La musique de danse, les marches militaires, appartiennent à la musique rythmique.
2° Même signilication que musique métrique. (Voyez Musique métrique.)
3° Celle qui sert à former les différentes sortes de mesures.
Musique sacrée. — Voyez Musique d'église et Musique religieuse].
Musique scénique. — 1" Au propre, musique pour la scène, pour le théâtre ;
2° Musique bien appropriée à l'action dramatique, traduisant avec clarté et exactitude les différentes péripéties de cette action dranKiti<iue.
Musique symphonique. — Musique à plusieurs parties s.imuUanées formant entre elles un parfait
TECllMOrE. ESTIIÉTIQVK ET PÉDAGOGIE
PRINCIPES DE LA MUSIQUE 'isr.
accord. Plus particulièi-enieut, composition iniisicalo écrite pour oichcslrc ^ijinphoniqui^ celui qui est formé d'instruments ;"i cordes, à veut, eu bois et en cuivre.
Musique théorique. — Les anciens appelaient ainsi la musique qui traite de la théorie des sous. Ils lui opposaient la musique pratique ou active, qui était l'application de ce que la précédente ne faisait qu'indiquer. ^'ous appelons encore aujourd'hui musique théorique celle qui comprend tous les ouvi'ages dans lesquels la théorie des sons, les règles de l'art, les principes théoriques de la science musicale sont enseignés.
Musique unitonique. — Voyez Musique omnilvniquc.
Musique vocale. — Celle qui est écrite pour être chantée parla voi.x humaine.
20e ENTRETIEN THEORIQUE
SOLFEGE. — DICTEE Mf^ICALE
1. Objet, définition. — L'application des principes théoriques de la musique existe dans une étude pratique qui forme une des parties les plus importantes de l'enseignement musical et s'appelle solfège ou solmisation.
Ces deux mots, et plus particulièrement le dernier, indiquent l'action de chanter en prononçant le nom des notes.
Le mot solfège a une signification triple, parce qu'il désigne, premièrement, l'action de solfier; deuxièmement, une leçon composée pour l'étude du solfège et qu'on appelle leçon de solfège; enfin, les livres ou recueils contenant plusieurs de ces leçons.
L'histoire nous apprend qu'anciennement la distribution des sons de l'échelle musicale avait lieu
Syllabes :
Caractères i d'écriture grecs.
Interpr étati on : -
xa.
par ti'lrncordes, c'esl-à-dire par séi'ies de quatre notes conjointes. Ce système avait été emprunté à celui imaginé par les Grecs de l'antiquité, chez lesquels fut introduite la pratique de la snlmisalion, dans leur s.ystème d'enseignement musical. Un traité de musique d'AiiisTiDE Qi'iNTiL;EN,écril selon Imite vraisemblance dans la première nioilié du premier siècle de l'ère chrétienne, nous apprend qu'ils employèrent quatre syllabes ou dénominations des noies.
Ils n'avaient que quatre noms pour solfier, parce qu'ils avaient reconnu que le second tétracordeélait conforme au premier, ce qu'ils appelaient paraphonie. Par exemple, la paraphonie du télracoide :
/îVoton^'^l toD ^/^l ton Si Ut Ré Hl
qui présentait la succession d'un demi-ton et de deux tons était le tétracorde :
également formé d'un demi-ton et de deux tons successifs. On pouvait donc solfier
m, Fa, Sol, La,
sur les mêmes noms que
SI,' Ut, Ré, Ml,
ou si-ut-ré-mi a.vec\es mêmes noms que mi-fa-sol-la.
Les quatre syllabes usitées dans le solfège des anciens Grecs étaient <t' (ou thé), ta. (ou tha), té (ou thé et tô (ou thô), qu'ils appliquaient indifféremment à tous leurs tétracordes. Ces quatre syllabes étaient formées de quatre voyelles de leur alphabet correspondant à l'intervalle de quarte composant leurs tétracordes. Voici les quatre voyelles qu'ils choisirent : Valpha, Vêta, Vépsilon et l'oméga, qu'ils combinèrent avec leur consonne tau, afin de bien distinguer les divers modes d'articulation.
Voici quelques exemples' :
tô ta tô tê tô tS tô ti
tui la. xo "Xtj xt) xio F C F F KJ F
ztj xu x(o F H F
xtj xe xto F < F
tS ta tS tô tê tô
tô t3 te
tS tê ta
Lorsque deux notes étaient liées dans la solmisation, on prononçait sur la première la syllabe qui lui appartenait, et l'on faisait entendre sur la seconde la voyelle de sa syllabe, comme on le voit dans cet
exemple'. La liaison des denx notes s'indique, dans la notation grecque comme dans la nôtre, par,' un petit arc, ou liaison, que les Grecs appelaient hyphen.
xa. T)
Tl
XU
ex.
xot
ti
xu
té -a ta-ê tê-S tô-e ta-ê tê-3 tô-é
1. Cet*ert, Bitloire et théorie de la musique de Canliquilé, livre 11, cti. vi, p. 420, à laquelle nous avons emprunté ces exemples.
ENCVCLOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIliE
ta-ô tê-3 tô-
te-
On voil, par ce qui |irécéde, que le syslème des muances s'appliquait également aux tétracordes des Grecs comme aux hexacordes du moyen âge, puisque les syllabes thé, tha, thé, tho, désignaient les quatre degrés de chaque tétracorde indifféremment.
Au XI" siècle, cet état de choses fut changé : les sons de l'échelle musicale furent répartis en sept hexacordes, c'est-à-dire en sept séries de six notes conjointes. C'est à cette époque que les six syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la, furent adoptées pour désigner les six notes de chaque hexacorde. Jusqu'alors, les notes avaient été désignées par des lettres de l'alphabet. La syllabe si ne fut usitée qu'au xvu« siècle. La syllabe do fut substituée dans la solniisation à la syllabe ut, dont la pron'onciation est sourde. Ut fut conservé dans la théorie.
Le premier hexacorde avait ses deux termes extrêmes représentés par les noies sol et mi.
Les deux syllabes sol, mi donnèrent naissance aux mots solmiser et solmisation.
Les mots solfier, solfège, qui ont le même sens que les précédents, eurent également pour racine la syllabe sol, parce que cette syllabe était la première note des sept hexacordes composant l'échelle générale des sons usitée à cette époque. lis sont formés, par contraction, de sol et fa.
On a également donné l'explication suivante de l'origine du mot solfa, d'où est dérivé celui de solfège : les syllabes musicales' imaginées par (atji d'Âbezzo,m< ré mi fa sol la,, font dans le sens inverse, la sol fa mi ré ut; les trois premières ont fourni la sol fa; puis la ayant été considéré comme article, il est resté sol fa tout court.
En Italie, où fut inventé le système des hexacordes,, on disait solfeygiare, solmisare, ou cantare la solfa: « chanter la solfa », pour dire solfier, chanter em articulant le nom des notes.
Les mots solmisation et solmiser n'ont pas été conservés dans le langage musical moderne. Seuls, solfège et solfier sont en usage aujourd'hui.
2. Prononciation et articulation du nom des notes. — Le solfège, qui est l'action de solfier, ne consiste pas seulement à prononcer le nom des notes en chantant; il faut aussi les entonner avec justesse et précision, leur donner la durée exigée par leur valeur, par la mesure et le mouvement. Il faut également les soutenir avec exactitude. .
Dans la prononciation des syllabes, on doit, en solfiant, observer certaines règles. On articulera sans négligence ni mollesse chaque syllabe musicale, de manière à obtenir, dans le chant, des sons clairs, nets, précis.
Les syllabes do et sol doivent se prononcer plutôt dû que f/d et su/ que sol. Vo avec l'accent circonflexe est sourd, parce que les lèvres se contractent pour l'articuler, alors que l'o avec l'accent grave est articulé avec les lèvres ouvertes.
Toutefois, lorsqu'un do et un sol se présenteront à
1, Dans les Orii/ines de la notation musicale moderne, i'ai parl6de l'origine du nom des notes et du mot gamme.
l'état de bémols immédiatement après l'élat naturel, ils devront être prononcés plutôt avec Vo qu'avec l'o.
Dô Dô
clair lèvres ouvert contractées
Soi SOI
clair lèvres^ ouvert contractées
Dans la syllabe ré, la lettre r sera prononcée do langue et non pas de gorge. On donnera à la voyelle e le son de l'é ouvert plutôt que celui de ïé fermé. Lorsqu'un ré dièse vient immédiatement après un n' naturel, Ve du ré dièse doit être prononcé plus ouvert que celui du ré naturel.
Rê Ré
à ^2 ouvert ouvert
Dans mi et si, on devra éviter de prononcer du nez les lettres m et s; la lettre i sera chantée en ouvrant la bouche le plus possible, mais sans allectation.
Dans fa et la, on donnera à la lettre a un son intermédiaire entre à et à, et on articulera clairement les consonnes f et /.
On devra tenir compte de toutes ces observations importantes avec mesure, discernement, sans exagération.
4. Conseils pratiques. — C'est avec la main droite que la mesure doit être battue.
En solfiant, l'élève doit se tenir droit, la poitrine bien en dehors. Il doit éviter tout mouvement disgracieux du corps et de la bouche.
Le nom des notes doit être articulé avec netteté et précision.
Les sons doivent être émis sans effort, naturellement, ni contraction gutturale.
Dans l'exécution vocale d'une leçon de solfège, quatre points principaux doivent être rigoureusement observés : le rythme, l'intonation, le style, la respiration.
Le rythme. — Dans les études absolument élémentaires, avant de chanter chaque leçon, l'élève devra préalablement la rythmer sans intonations et sans accompagnement, simplement en articulant le nom des notes, mais en battant la mesure, en analysant avec soin la composition de chaque temps et en conservant une grande égalité de mouvement.
L'intonation. — Le travail rythmique une fois terminé, l'élève solfiera la leçon en s'appliquant à donner à chaque note l'intonation qu'elle doit avoir. II devra se rendre exactement compte des intervalles existant entre les notes et obtenir une justesse parlaite, surtout pour les notes formant intervalles augmentés et diminués, et pour les noies enharmoniques qui sont parfois d'une intonation difficile.
Lorsqu'il auraà atteindre uneuoteéloignée formant un grand intervalle avec la note précédente, le meilleur moyen à employer pour arrivei- avec justesse à cette note éloignée consistera à décompter mentalement, c'est-à-dire à passer par les no tes intermédiaires.
Si, par exemple, on a cet intervalle à chanter,
TECHNIQUE, ESTHÈTIQCE ET PÉDAGOGIE
on pourra s'assurer de la justesse en passant par toutes les notes inleimédiaires :
PRINCIPES DE LA MUSIQUE .ir>7
L'analyse ilesiiiHerenles nioilulations résullanl des altérations accidentelles devra être faite avec le plus grand soin.
Le style. — Lorsque l'élève se sera familiarisr avec lesditlicultés rvtlimiques et d'intonation d'une leçon, il s'occupera alors de l'interprétation expressive et du style. Pour cela il observera scrupuleusement toutes les nuances, toutes les accentuations, toutes les modilicalions passagères ou fixes dans le mouvement, indiquées par le compositeur. Chaque leçon de solfège a un caraolère et une physionomie qui lui sont propres. Le style, dans l'exécuiion, consiste à se rendre parfaitement compte du caractère, de la physionomie appartenant au morceau e.vécuté.
La respiration'. — Un quatrième point des plus importants doit être considéré dans lesolfège : je veux parler de la respiration.
Voici quelques règles qui pourront èlre observées avec prolit :
1" règle : Il faut toujours respirer : 1" sur un silence; 2° avant un grand nombre de notes liées entre elles; .3° avant les notes de longue durée et les points d'orgue.
â<= rc'jle : Il ne faut jamais respirer: 1" au milieu d'une phrase musicale ou d'un fragment de phrase, aQn de ne pas en détruire la marche régulière ni l'élan; 2° au milieu d'une série de notes liées entre elles; 3° entre deux notes dont la premièie est- d'une valeur supérieure à la seconde; 4" entre une appogiature et la note principale.
5. Solfège et vocalisation. — Avant d'aller plus avant dans l'étude de tout ce qui concerne le solfège, sachons bien qu'il ne faut pas confondre ce dernier avec la vocalisation. Dans le solfège, on chante en prononçant le nom des notes, tandis que dans lat'Ocalisation. on chante sur une voyelle (le plus souvent sur la voyelle a), mais on n'articule aucun nom de notes. Vocaliser-, c'est chanter sur une voyelle. C'est un excellent exercice, quand on a solfié une leçon, que de la vocaliser.
On vocalisera de préférence sur la voyelle a qui est la plus sonore, en prenant soin de ne remuer la langue ni les lèvres, et d'ouvrir la bouche sans exagération et surtout sans grimace. Les sons doivent être lies les uns aux autres sans coup de glotte n chaque son. Plusieurs sons liés ou coulés doiveni être vocalises sur une même articulation et sans respiration. Un léger coup de glotte doit seulement être donné à la première note d'un groupe de notes coulées ou à celle qui est détachée.
Les conseils présentés plus haut au sujet de Van He bien respirer devront être observés avec soin dans la vocalisation.
6. Enseignement du solfège. — L'enseignemeni du solfège est individuel ou collectif. L'enseignement individuel donne des résultats plus rapides pour
I. Solfèges manuscrits à changements do clés de Paol RoDr.sdx {Alletoii, éditeur).
les progrès de l'élève, parce que cet élève protite de tout le temps consacré à la leçon et de toute l'activité du professeur qui lui appartient exclusivement.
Toutefois, l'enseignement collectif oll're le grand avantage de pratiquer le soll'ège d'ensemble à plusieurs parties, " une des plus parfaites études qu'il existe pour ouvrir l'intelligence musicale et parfaire l'éducation de l'oreille^ ».
Les élèves qui sont ;i même de pouvoir profiter de ces deux enseignements .à la fois, jouissent d'avantages particulièrement favorables pour l'heureux développement de leurs études musicales.
L'étude consciencieuse et prolongée du solfège développe chez les élèves le sentiment de l'intonation, de la mesure, de l'expression. Elle les habitue à analyser le rapport des sons entre eux et, en même temps, toutes les combinaisons rythmiques résultant du mélange des dill'érenls signes de durée qui entrent dans la formation des diverses variétés de mesures. Elle conduit si^rement à la compréhension parfaite des principes théoriques de la musique, par l'application pratique et raisoimée des éléments qui les constiluent.
Toute instruction musicale doit débuter par l'étude du solfège.
11 est difficile de dire exactement à quel âge on doit faire commencer l'élude du solfège à un enfant. Cela dépend de sa constitution physique, de son degré d'intelligence, et aussi du plus ou moins de dispositions naturelles pour la musique qu'il est possible de constater en lui.
Tel enfant pourra très bien commencer l'étude de la musique dès l'âge de six à sept ans et quelquefois avant, alors que tel autre, en raison de sa santé et d'un peu de retard dans son développement intellectuel, ne pourra aborder cette étude d'une manière fructueuse qu'à partir de huit ans. Il appartient aux familles et aux maîtres expérimentés d'apprécier ce qui doit èlre l'ait en cette circonstance, l'outefois, quand cela est possible, il me paraît préférable de faire commencer l'élude du soll'ège le plus tôt possible, à la condition de n'exiger de l'enfant qu'un travail très moilrrc,q\ie l'on met tous ses soins à rendre aussi attrayant que possil)le.
L'étude du solfège doit être continuée pendant plusieurs années consécutives si l'on veut devenir bon musicien.
Le mot musicien ne désigne pas seulement celui qui pratique l'art musical, mais encore celui qui connaît d'une manière approfondie tous les éléments constitutifs de cet art, soit comme compositeur, soit comme exécutant. C'est dans ce sens qu'on appelle un musicien : un bon musicien.
7. L'enseignement du solfège à ses débuts et dans ses développements progressifs. Ouvrages didactiques. Recueils de solfèges. — Considérons maintenant quels furent les débuis et les développements progressifs de renseignement du solfège.
Jusqu'au commencement du xvii» siècle, la tonalité du plain-chant n'admettait pas de modulation dans un même morceau; nous voulons dire par là que le plain-chant élaHunilcniqiie, c'est-à-dire que chaque morceau était construit dans un seul ton. L'étude du solfège, qu'on appelait alors plus communément so/misation. se bornait à chanter une pièce de plain-
'J. Du l:iUn rocalis. de t'oj, voix.