‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 194 sur 330 · paragraphe · texte numérisé non relu

paragraphe

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.X.VAinE DU COySEIWATOinE

"iqiie, dont l'invention fut attribuée à Glldo d'Arezzo au SI' siècle.

Au xin« siècle, Eue Salomox, prêtre français qui écrivit un traité de musique intitulé : De Sdcntia artismusicx^; au xvi' siècle, Sebalde Heyden, qui proposa en 1537 l'usage d'une portée vide et sans clés ; puis longtemps après, Jacob, qui mourut à Paris en 1770;enlin le grand musicien français Hasieau (1683- 1764), dans son Code de musique, parlent de procédés analogues pour l'enseignement de la musique.

Les chiffres substitués aux noms des notes. — La

méttiode de Jacob consistait à faire solfier les élèves sur une portée sans clé, en substituant des noms de chiffres aux noms des notes : pi'emiére pensée de la méthode du méloplaste, mise en vogue par Gall.»), environ soixante ans après Jacoiî.

Le méloplaste de Galin. Méthode Chevé. — La méthode du méloplaste pour l'enseignement de la musique, publiée à Paris en 1824, valut à son auteur Pierre Galix (né dans le Gers en 1786, mort en 1821) une certaine célébrité.

Le but de Galin était d'éviter la multiplicité des signes de toute espèce. Ce but avait été déjà poursuivi sans succès avant lui, par le Pèie Sol'haittï en 1677 et par J. J. IloussEAuau wiu* siècle, qui avaient imaginé l'écriture de la musique au moyen des chiffres connus. On trouvera dans les Origines de la notation musicale (paragraphe 14) l'exposé des différentes méthodes dans lesquelles les chilfi'es étaient substitués aux notes. Parmi ces dernières, une seule a survécu, c'est la méthode (jalin-Paris-Chkvé. Le musicien novateur Emile Cuevé s'empara des idées de Galin, les développa et créa la méthode Chevé, qui est encore enseignée à Paris dans plusieurs cours. Les procédés de cette méthode sont expliqués dans les Origines de la notation dont nous parlons plus loin, et qui font suite aux présents entretiens théoriques.

Le méloplaste'- de Galin, cité précédemment, consistait dans un tableau représentant une portée de musique sur laquelle le professeur indique avec une baguette les sons que l'élève doit entonner. Le professeur, ai'raé d'une baguette terminée par une petite boule, en pose l'extrémilé sur tel ou tel endroit de la portée, pour indiquer aux élèves la note qu'ils doivent chanter. Il mai'que les bémols ou les dièses en élevant ou en abaissant un peu la baguette.

De cette manière, une sorte d'écriture mobile qui disparait aussitôt que les élèves l'ont exprimée par la voix, est substituée à l'écriture fixe delà musique.

La méthode du méloplaste a eu son heure de vogué, mais elle est aujourd'hui abandonnée.

La langue des durées d'Aimé Paris. — Les principes exposés dans cette méthode lurent enseignés, après Galin, par Aimé LEM0h\ii,'de Grslin, Edouard Jue, et par Aimé Paris. Ce dernier, né en 1798, apporta de nombreux perfectionnements à la méthode de son ancien maître (jalin. En 1829, il créa une langue riji Unique {ou. langue des dun'es] représentant chaque elfet par un mot et permettant aux élèves de bien graver dans la mémoire les différents rythmes et les différentes durées.

Voici l'explication de la langue des ilurrvs d'AiMÉ Paris, telle qu'elle se trouve dans la méthode instrumentale de M"" Emile Chevé et daus le Traité de lec-

ture musicale de iM. Emile Schwartz ,■ professeur au Conservatoire, qui en fait valoir l'utilité :

« Toutes les subdivisions de l'unité provenant des souches binaire et ternaire, Aimé Paris consacre les deux voyelles A, E, à la désignation des moitiés, et les trois voyelles A, E, I, h la désignation des tiers; de manière que pour la coupe binaire, A désii;ne toujours la première moitié, E la seconde, et pour la coupe ternaire, A désigne toujours le premier tiers, E le deuxième, I le troisième. Le son I est donc exclusif à la souche ternaire, les deux autres sont communs aux deux souches.

« Pour distinguer l'articulation de la prolongation du son, Aimé Paris adopte la lettre T, qu'il joint à la voyelle pour le son articulé, tandis qu'il emploie la voyelle seule pour le son prolongé. Le silence, il l'appelle Chu, et la prolongation de ce silence, il la nomme U.

Binaire

Page 1