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Notes modernes
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En suivant dans le sens vertical chaque colonne de la notation laline, on voit parfaitement les transformations successives de chaque neume depuis le viii= siècle jusqu'à la notation moderne du plain-chant, dont on reconnaît les premières formes à partir du xiv° siècle.
Lettres romaniennes. — Dans la seconde moitié du viu' siècle et au commencement du ix"^, un chantre nommé Romanus se servit de lettres pour l'indication des ornements et des nuances dans le chant. Ces lettres fuient appelées lettres romaniennes ou lettres de Romanus.
Les Mélodies grégoriennes du R. P. Dom Pothier donnent des explications intéressantes concernant Forigine et la signilication de ces lettres, qui ne doivent pas être confondues avec les lettres utilisées dans la notation alphabétique dont nous avons, parlé dans le paragraphe précédent.
Selon le désir manifesté par Pépin le Bref et Charlemagne, rois des Francs qui régnèrent, le premier de 751 à 7b8, le second de 768 à 814, les papes envoyèrent de Rome des chantres expérimentés pour apprendre k interpréter aux Francs et aux Germains les mélodies grégoriennes. Parmi ces chantres, Pi:- TRUS et Romanus quittèrent ensemhle Rome; mais Romanus, étant tombé malade au passage des Alpes, fut hospitalisé à la célèbre abbaje de Saint-Gall. Petrus le quitta et arriva à Metz, ville dans laquelle le chant romain était enseigné. Romanus, resta à Saint- Gall et y fonda une école de chant dans laquelle le secours de l'enseignement oral devint nécessaire pour l'interprétation des neumes. Romanus, afin de faciliter son enseignement, ajouta aux neumes certaines lettres, certains signes particuliei's. Ces signes prirent le nom de signes roinaniens, bien qu'ils ne fussent peut-être pas imaginés par Romanus, car il en fut trouvé de semblables dans divers manuscrits de dilférentes provenances.
' Les lettres mises également en vogue par le chantre RoMANUs^sont nommées sigiiificativcs par le bienheureux NoTKBii, qui on donne la clef. Elles sont desinées à avertir le chantre, dans les endroits où l'on
peut présumer qu'il sera plus exposé à se tromper; parmi ces lettres,
l'ies unes ont rapport à l'intonation; ainsi : a, t, s avertissent d'élever la \o\x(altius,levatur,sursum).
d et i indiquent au contraire une dépression du son [deprimatur, imum),
e, entre deux notes, signifie qu'elles sont à l'unisson : equaliter {sonantes) ;
2° D'autres concernent la nature du son :
f el k marquent un son éclatant,
g marque un son guttural,
h — une aspiration,
r — une crispation du son,
0 — une certaine emphase;
3° D'autres insinuent le mouvement lent ou rapide de la note ou de la formule :
c exprime la célérité (celeriter).
t et p marquent la tenue de la voix {tene, preme),
X indique un retard, une certaine pause (c.rpecfa) ;
4° Certaines lettres ont un sens plus général :
6 se joint aune autre lettre pour dire de bien faire ce que celle-ci recommande : bl, c'est-à-dire bcne tcncte (tenez bien, soutenez bien),
m invite à la modération : mediocriter,
n appelle l'attention (nota).
Diverses périodes dans l'histoire des neumes. — On a divisé en trois périodes principales l'histoire des diverses transformations des neumes : la première primitive, la seconde transitoire et la troisième définitive.
La première ou primitive aurait commencé vers le viii" siècle, tout en étant présumée remonter antérieurement, pour finir vers le x". Pendant cette période, les neumes sont écrits, au-dessus du texte, sans lignes ni clé.
Nous donnons ici un spécimen de cette notation primitive avec la traduction en noialion moderne, emprunté aux monuments publiés dans \'llarnionie au moyen âge de du Coussemakrii ' |x° siècle). La traduction en notation moderne est placée au-dessous :