‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 210 sur 330 · Fiiris, Histoire de la musique {f. 2ii, t. V · texte numérisé non relu

Fiiris, Histoire de la musique {f. 2ii, t. V

TECHNIQUE, ESTIIÉTIOVE ET PÈnACOGIE

Dans la notation du moyen âge, la position de la queue modillail la valeur de la note.

C"est ainsi que la \ont\w se distinguait en parfailc, avec une division ternaire, quand elle avait la queue à droite ■ et en impaifuite, avec la division

binaire, quand cette queue était à gauche ■

Suivant les auteurs du moyen âge, et parmi ceuxci, AiusTOTE, écrivain mensuraliste du xni" siècle, la pliqiie se formait d par un mouvement de l'épiglotte, subtilement exécuté avec répercussion du gosier'. »

La ligature. — I.a }ilique était une variété de la ligature.

La ligature ou liaison consistait dans la réunion de plusieurs notes de manière à ne former qu'une figure. La ligaline, comme la plique, émanait de la notation nenmatique, dans laquelle un même signe pouvait indiquer une suite de plusieurs sons voisins. — LamusiV/HC memrée avait des ligatures de notes accolées :

superposées :

1* et en forme de traits

obliques:

La valeur de certaines notes était modifiée selon la manière d'être des ligatures ou notes liées. Par exemple, lorsqu'une longue, ayant sa queue en bas et à gauche, était liée avec une autre note descendante, elle devenait brève :

Exemple

signifiait

Lorsqu'une 6rè(e était liée avec une autre qui descendait, elle devenait longue, comme on le voit ici :

*B - ce qui signifiait :

Enfin, lorsqu'une longue, ayant la queue en haut et à gauche, était liée avec une brève, ascendante ou descendante, toutes deux devenaient semi-brèves, comme dans ces exemples- :

iP

Toutes ces combinaisons de ligatures étaient considérées, suivant le langage des écrivains didactiques des xii° et xin" siècles, les unes avec propriiHé, les autres sans propriété, d'autres enfin avec propriété opposée. Ainsi la longue avec une queue à gauche et en bas, et suivie d'une brève, eia.il dite a.\-ec propriété

descendante

La ligature avec propriété

ascendante consistait dans le mouvement d'une Ijrève liée à une autre brève. Dans ces deux cas, la première avait la valeur d'une bi'ève.

On appelait propriété opposée la figure de la longue avant la queue montante lorsque la ligatui'e était

descendante, comme ceci

et l'on disait

sans propriété lorsque la /onjîif?, ayant la queue à gauche et descendante, formait une ligature ascen-

dante comme celle-ci :

i< Dans le système de notation du moyen ,'ige, dit le Dictionnaire de plain-chant de d'Ortioue, la ligature était la réunion de plusieurs notes, de manière à ne former qu'une figure, dans laquelle chaque noie isolée avait une valeur ditîérente selon qu'elle était placée au commencement, au milieu ou à la fin, qu'elle était ascendante ou descendante, qu'elle avait une queue ou n'en avait pas, que cette queue était dirigée en bas, en haut, n\ise à droite ou à gauche, que cette même note était blanche ou noire, etc. »

Nous allons retrouver plus loin le système des ligatures avec son emploi dans la notation blanche.

Le nom des neumes conservé pour désigner les formules mélodiques dans la notation carrée. — Nous avons vu, dans l'étude de la notation neumatique, que le mot neume s'appliquait à la fois à un groupe de sons formant une formule mélodique émise d'un seul souffle, et au signe graphique figurant cette formule.

Lorsque la notation neumatique se fut transformée en notation carrée ou noire, les signes d'écriture changèrent de nom et tirèrent leur nom particulier de la valeur qu'ils représentaient : longue, brève, semibrève, rninime, etc. Toutefois, malgré l'abandon des signes neumatiques, les dénominations de ces divers signes furent conservées par les auteurs qui ont écrit sur le plain-chant grégorien, pour désigner les diverses formules mélodiques.

Exemples :

Podalus 1 Clivis

Torculus

Porrectus

Scandicus flexus

fti r .

ri

1. Pe>* composition fi m epigtotti cum repercussione r/utturis suhUUer inclusa.

1. Histoire tfela musique de Ftris, tome V, page 227; de Cocssemaker, Histoire de l'Harmonie au moyen âge, p. lOî

ENCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONSAIRE DU COXSERVATOmE

Mentionnons également certains procédés de notation anciennement usités dans des livres de plainchant :

Notes superposées. — On y trouve deux notes superposées et réunies par un trait d'union. Le trait d'union adroite de deux notes placées l'une au-dessus de l'autre indique que la plus grave est la première :

Exemptes :

s'exécutent

Le trait d'union placé à gauche, la note d'en haut est la première :

s'exécutent

Notes composées. — Les notes composées consistaient en figures qui pouvaient s'étendre d'un point de la portée à un autre point quelconque et qui désignaient les notes extrêmes des points qu'ilstouchaient, et ne marquaient jamais les notes intermédiaires.

[ou sans queue/

s'interprétaient comme il suit :

s'interprétaient ainsi :

Figures rhomboïdes. — On lit également usage d'une antre figure eu forme d'équerre qu'on nomma rhomboïde et qui en certains cas avait un peu moins de durée que la carrre et un peu plus que la losange •

i< Dans plusieurs livres ce nouveau signe ainsi formé ♦ estemplo.yéen ce sens, mais le pins souvent on le trouve appliqué à des séries ou traînées descendantes de notes écrites ailleurs en semi-brèves ou losanges et qui alors le sont en rhomboïdes; mais, dans l'un ou l'autre cas, elles s'exécutent comme les moyennes ou carrées' ».

Le plain-chanl moderne a conservé les valeurs suivantes de la notation carrée du moyen âge :

La longue appelée aussi iloable

La carrée appelée aussi La losange appelée auss'

brève, simple, moyenne H commune, semi-hrèie ♦

On voit ici deux curieux spécimens de notation carrée datant du sin° siècle. Le premier : Agnus fili virginis (manuscrit 95 de la bibliothèque de Lille), et le second : Air de danse (même provenance), sont tirés des monuments publiés par de Cousseuaker dans {'Harmonie au moyen âge (Planche XXVI).

çuuô ftli vûX^xmiô yzmttjap^

fi^ra V)C>Tnmi5 rcftsiaTânô iperfau-

^mnis lut k\ pcatîtiiferere Tiobb-

Traduction en notation moderne.

jO-

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