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I . Al.nlE^ DE LA Fack, Cours complet de plain-cltant (p. 138).
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o. Notation blanche. — Enfin, dès le début du xiv<: siècle, apparaissent les premiers essais de la notation blanche. Undespluscélèbres musicographes lie cette époque, Jeax de Mûris ou de Meubs, né en Normandie et qui vécut, croit-on, de 1300 à 1370, en parlant dans son ouvrage, Spéculum musicx, de la musique figurée usitée de son temps, dit que certains
musiciens indiquaient la modification de la valeur parle mélange de notes noires avec f/es ?io<cs ro^f/' s {iiotuLv rubrs'). Les notes rouges perdaient la moiliè de leur valeur. Ce système s'appelait la notation colorée (iwtx coloiata:).
L'obligation incommode d'employer deux sortes d'encre donna probablement l'idée à quelques mu-
siciens de substituer la note blanche, k tète vide, aux noies noires, et celles-ci aux notes rouges'.
En outre, les progrès du système de la musique mesurée ou mesuraljle crois?ant sans cesse en raison des progrès parallèles de la composition musicale profane, dont les mouvements de noies exigeaient des valeurs plus brèves et moins uniformes que celles du plain-cliant liturgique, ainsi appelé parce qu'il procédait par valeurs uniformes, planes, non mesurées, on augmenta le nombre des valeurs minimes-
Alors, les grandes valeurs furent représentées par des notes blanches à tête vide, et les petites par des noires.
Vers le milieu du xv" siècle, la notation carrée blanche devient définitivement et généralement usitée.
Après Jean de Mûris, il faut citer les compositeurs franco-belges du moven flge surson déclin, Guillaume DuFAY, Egide Binchois et l'Écossais Jkan Dcnstaple, comme les premiers pères de cette notation.
L'invention de l'imprimerie par Gute.nderg (vers l'année 1436) n'a pas été étrangère aux diverses transformations de la notation musicale de cette époque-
Les figures des notes usitées dans la notation blanche, maxime, longue, brève, semi-brève el minime, sont données dans le tableau des pages 381 et 382.
La maxime; \a. longue; la. brève correspondant à la note carrée moderne; la sejïii-ôréDt; correspondant à notre ronde actuelle; la minime équivalant à notre blanche.
Chacune de ces valeurs valait deux autres de la figure inférieure.
La minime resta longtemps le signe de la plus petite division; mais les modilications progressives qui s'opérèrent dans la composition musicale et la marche des sons dans la mélodie firent inventer de nouvelles subdivisions. •
On vit alors apparaître :
1° La semi-minime ou moitié de minime, qu'on
représinla par une blanche crachée (1) ou par une
noire (2i qualifiée à'obseure (oscui-o ou oscurato) en
raison de sa couleur, et dont notre yioire actuelle a
prisla valeur;
2° La croche ou noire crachée qu'on appela croma. mot dérivant du grec chromé qui signifie couleur, afin de distinguer la noire crachée (3) de la blanche crachée {semi-minime) (1); on lui donna également le nom de fuse {fusa), c'est-à-dire son qui se liquéfie, qui va en s'amoindrissant.
3» La snni-croma, ou semi-fusa (ou double croche), moitié de la croma ou fusa (4); on l'appela également fuseltu en Italie.
4° La biscroma (ou triple croche) (,S), ainsi appelée parce que sa valeur était le double {bis) en valeur inverse de la scmi-croma.
Le point. — Le point fut également un signe de notation usité dans les notations noire et blanche.
I. M. ËxrF.nT, le disUngué bibliolliécairc au Coiiscrvaloirc national lie musique de Paris, a consacr* «M part iniporlanle île ses travaux aux musiciens de la Renaissance. Dans un superbe rcrueil formelle vingl-lrois volumes et inlilulé : Les Mattrcs Musiciens de la llenais-
On en comptait de plusieurs espèces :
Le point de perfection faisait qu'une -note valait trois autres notes de moindre valeur.
Le point de division qui, placé entre deux noies, marquait qu'elles étaient de mesures diflérentes.
Dans la notation blanche, vers la moitié du xv" siècle, on appela également point de division le point qui, placé à gauche de la brève, mais un peu plus haut, faisait une brève de la longue qui la suivait.
Le point qui faisait doubler la valeur de quelques notes s'appelait point d'altération, du verbe latin altcrare, pris dans le sens de ponere alteram, poser une autre (une autre note).
Le point d'addition ou d'augmentation qui, placé à droite de la brève, l'augmentait de la moitié de sa valeur.
De tous ces points, un seul a été conservé dans la notation moderne : le point d'augmentation qui. placé après une note, augmente cette note de la moitié de sa valeur.
La ligature. — Toutes les valeurs de notes d« moyen âge étaient désignées sous le nom de simples, pour les distinguer des notes liées, accolées, qu'on appelait ligatures -.?ioas avons déjà parlé des ligalurc'< dans l'explication de la notation noire. La dilférence dans la notation blanche consiste dans le corps des notes qui est vide ou blanc au lieu d'être noir.
La ligature était ascendante lorsque la dernière des deux notes liées ou l'avant-dernière d'un plus grand nombre était plus haute que la précédente, ainsi que le démontre cet exemple :
La ligature était descendante lorsque la dernière de deux notes liées ou l'avant-dernière de plusieurs était plus basse que la précédente.
Exemple :
=te=
La ligature était droite lorsque les notes accolées ou liées conservaient leurs formes, comme cela a lieu dans les deux exemples qui précèdent.
Elle étail oblique quand on tirait des traits qu allaient obliquement de la position d'une note à celle d'une autre, comme on le voit dans cet exemple :
=fi^
De même que dans la notation noire, la valeur de durée des notes était réglée selon la manière d'iHre des ligatures.
Dans les ligatures on distinguait les notes en premières, moyennes et dernières.
La valeur de durée de la première note d'une ligature dépendait de la position de la queue de celte première note, selon qu'elle était en haut ou en bas, à droite ou à gauche. Par exemple, dans toute ligature ascendante et oblique, la première note ayant la queue à gauche et en bas était brève.
gaurp franraiae, on trouvera de remarquables extrait;; des icuvre» des niu-iicicns de cette t'-poque, écrits en notation blanche. i. Liijatxirc est sj'nonyuM' du liaisun.
TF.r.nXIQUE, ESTlIÈTIQi'E ET PÈnAGOClE
Exemple :
i(Traduction en notation moderne)
Î3=tt
^ tr -& °
Dans toute lifjature descendante, la première note ayant la queue en liant et à gauclie élait seini-brùcc, comme dans ces exemples :
(TriuUuiion en iiotiition moderne.)
Dans toute liyature descendante, la piemière ayant la queue à gauche et en bas était brève, comme on voit dans ces exemples :
1 f^ Fv^ rnj f^^va r^
(Traiiuctkiii en notalion moilerno.)
tr
Ha-
Les notes moyennes étaient celles qui étaient liées entre la première et la dernière. Dans une ligature quelconque, toutes les notes moye mes sont hrcres. à moins que la première n'ait la queue en haut et à
gauche ; dans ce cas la seconde est semi-brève comme la première.
E.iemple :
(Traduclion en notation moderne.)
hV. .K \ \ \ \ 1 \ \ T \ \ 1 \ 1
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