Voyez le paragraphe suivant, consacré à la Mesure
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOX.XAIIiE DU COySElU'ATOIRE
Croma ou Fusa.
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c'est noire demi-soupir actuel.
Semi-croma.
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SV
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c'est noire quart de soupir actuel.
7. Mesure. — Dans l'antiquité, la mesure n'était pas comme aujourd'hui un assemblage de différenls rythmes formés par la valeur variée des notes, et répartis régulièrement dans des divisions appelées mesures.
Le rythme musical était intimement lié au rythme poétique, et celui-ci devait s'accorder avec celui-là.
Il en lut de même dans les chants liturgiques de l'Eglise chrétienne naissante, dans laquelle le chant formé de valeurs presque uniformes prend son rythme dans les repos plus ou moins prolongés, après certains mots ou certaines phrases.
Lorsque, à côté du chant religieux, naquit le chant profane, ce dernier ne trouva pas dans la musique liturgique une variété suffisante, dans le mouvement des sons, pourexprimer les sentiments ou les tableaux voulus par le compositeur.
Musique mesurée ou figurée. — C'est alors que la musique rythmée et mesurée se créa et prit le nom de musique figurée, parce qu'elle était écrite avec des signes qu'on appelait figures et des valeurs de figures dilîérentes ; elle prenait le nom de musique mesurée, en raison de la variété de ces valeurs qui fut opposée au chant religieux qu'on appela plainchant (cantus planus), c'est-à-dire chant dans lequel les valeurs sont semblables, planes, régulières et se produisent à intervalles rapprochés.
C'est vers le xii" siècle que le premier traité de notation mesurée fut écrit par Francon de Cologne'. Il fut nécessité par l'introduction de la mesure dans la musique : élément étranger au plain-chant et qui se perfectionna avec les progrès successifs de la musique profane.
La perfection. L'imperfection. — Au moyen âge, lorsque les premières bases de la musique mesurée furent posées, le système figuratif de la mesure dillérait du nôtre. .
Un premier principe, point de départ de tout ce système, était celui-ci : on reconnaissait deux rythmes : le rythme parfait et le rythme imparfait.
La perfection du premier reposait sur le nombre trois. 11 était presque exclusivement usité.
Le temps ternaire était considéré comme parfait, parce qu'il ne souffre pas de division comme le nombre deux.
Le temps binaire, l'imparfait , n'existait que dans la théorie. Jean de Mcris écrit : «Le temps ternaire est appelé paj/at^, selon Francon, homme très habile dans cet art, parce qu'il a reçu son nom de la sainte Trinité, qui est la pure et vraie perfection. » La religion chrétienne exerçait à cette époque un empire prépondérant, et son influence était souveraine en
1. De longues controverses ont eu lieu entre les historiens musicnui relativement à l'^-poquc oii vivait Fhànconde CoI,OG^E. Toutefois, on pense que son Irailé a dû ùtro écrit dans les environs du xii* siècle ; quelques auteurs parlent du xi«.
toutes choses. Telle fut l'origine delà faveur dont jouissait la division ternaire.
Du reste, les Chinois qui partageaient leur douze lu en six parfaits ou impairs et en six imparfaits ou pairs, considéraient également le nombre impair comme le plus parfait.
Dans la notation mesurée du moyen âge, le signe ne représentait pas à l'œil ce qu'il signifiait réellement. Ce système de valeur variable des signes prenait le nom de proportions musicales. On appelait alors quantité ce que nous appelons la mesure.
A la fin du xiv= siècle, la perfection, appartenant au rythme ternaire, s'indiquait au moyen d'un cercle qui est la figure la plus parfaite de toutes et que l'on plaçait après la clé. Le demi-cercle indiquait l'imperfection correspondant au rythme binaire.
Cette invention a été attribuée à Philippe de Vitry, évêque de Meaux^.
Les dilférenles valeurs de notes comme la maxime, la longue, la brève ou note carrée, la semi-brève, avaient leur valeur ternaire ou binaire déterminée parle mode, le temps, la prolation.
La division pour les figures consistait dans le mode majeur pour la maxime, le mode mineur pour la longue, le tetnps pour la brève et la prolation pour la semi-brève.
Le mode. — Le mode (du latin modus, manière d'être) avait un autre sens que celui que nous lui attribuons aujourd'hui. Les théoriciens des xi", xii° et siii'' siècles donnent le nom de modes aux divers mouvements du rythme musical.
Les rythmes qui résultaient de la disposition et de la combinaison des longues, des brèves et des semibrèves s'appelaient modes^.
Anciennement, les mots mode, moduler, modulation se rapportaient aux mouvements du rythme, du rythme poétique d'abord, et ensuite du rythme musical. Saint Augustin a dit : " La musique est la science qui apprend à bien moduler. La modulation est la science des mouvements bien ordonnés^. » Rappelons ici que saint Augustin vécut dans la seconde moitié du iv= siècle et dans la première moitié du v».
Au xiv° siècle, la valeur variable d'une figure de durée dépendait de signes de convention qui se plaçaient après la clé, comme les chiffres indicateurs de nos mesures actuelles, et qui avaient la propriété d'indiquer la valeur que devait prendre une ligure de durée dans la mesure du morceau.
Le mode, qu'on appelait vulgairement mœuf au xvi" siècle, était divisé en mode majeur parfait et en mode majeur imparfait, en mode mineur parfait et en mode mineur imparfait.
Dans le mode majeur parfait, on plaçait après le
2. Dz Coiii^atwiiiu, L'Harmonie nu moijennije [p. iOij; L'Art harmonique nu (lon:iimc et au lrei:iinie siècle (p. 103).