De Musica, lib. I
TEClhSIQVE, ESTHÉTlon- ET PÉDACOCII-:
cercle Irois hâtons' perpeiidiculaiies tiaversanl trois interlignes de la portée et trois autres qui n'eu traversaient que deux; et cela signilîait que la maxime
ou doublc-lonijue valait trois longues. ^Vo^r tous ces signes dans les exemples.) Signes du mode majeur parfait :
Pour l'indication du mode majeur imparfait, on marquait après \e demi-cercle deux bâtons traversant trois interlignes de la portée et deux autres qui n en traversaient que deux; la maxime ne valait alors que deux longues.
Signes du mode majeur imparfait :
maxime
Z longues
On indiquait le mode mineur en mettant après le cercle un bâton de trois espaces s'il était parfait, et de deux s'il était imparfait. La longue valaitalors trois brèves dans la perfection et deux d&nsVimpcrfection.
Mode mineur parfait :
la longue
3 brè
eves
Mode mineur imparfait :
la longue
2 brèves
Le mode, pris dans ce nouveau sens, indiquait donc une manière de division de durée. Le qualificatif de majeur correspondait à une figure de durée d'une plus grande valeur que celle indiquée par le qualificatif de mineur. Le mode majeur correspondait à la ma.vime et le mode mineur à la longue.
Avant le xV siècle, le mode n'indiquait que la division de la longue.
Le temps. — Le temps, qui était l'unité de durée, donnait la valeur de la brève. Il consistait dans certain signe qu'on mettait après la clé pour indiquer combien la brève ou carrée valait de semi-brèves (ou rondes). Nos anciens distinguaient deux temps de deux sortes : le temps parfait et le temps imparfait.
Le cercle entier, ou barré, mais sans point au milieu, marquait le temps parfait, avec lequel la brève valait trois semi-brèves.
Signe du temps parfait :
ou
1 brève
3 semi brèves
3 longues
Le deini-ccrclv non barré, ou barré, était le signe du temps imparfait, et une brève ne valait alors^que deux semi-brèves (ou rondes).
Semi-brevcs (ou rondes).
Ou
1 brève
1. On appelait également (mais improprement) ces hàloos, pauses initiales.
t semi brèves
Certains auteurs, pour perfectionner la trèwe, c'està-dire pour lui donner une valeur ternaire, plaçaient
à côté du cercle le chiffre 3 ou j ( Ot ).
Quelquefois, nos anciens tournaient le demi-cercle à rebours; et cela indiquait une diminution de moitié sur la valeur de chaque note.
Quelques-uns, mais plus tard, ont appelé temps mineur la mesure indiquée par le demi-cercle barré, dans laquelle les notes ne durent que la moitié de leur valeur ordinaire, et temps majeur celle du demicercle non barré ou de la mesure à quatre temps.
La prolation. — La prolation donnait la valeur de la semi-brève. La prolation éiaiii parfaite ou majeure, imparfaite ou mineure.
La prolation parfaite (ou majeure) se marquait par un point au milieu du cercle, et alors la semibrève (ou ronde) valait trois minimes (ou blanches). Ordinairement on plaçait le chiffre 3 après le cercle.
La prolation imparfaite (ou mineure) se marquait par un cercle sans point, et la semi-brève valait deux minimes.
Lorsque la brève était à l'état de temjjs parfait, elle valait trois semi-brèves, et la prolation était parfaite, si chaque semi-brève valait trois minimes. Gela s'indiquait par le cercle avec un point au milieu.
Prolation parfaite en temps parfait; la brève valant trois semi-brèves, et chaque semi-brève valant trois minimes :
Lorsque la brève était à l'état de temps imparfait, elle ne valait que deux semi-brèves, et la prolation était toujours parfaite quand la se)7ti-6rè«e valait trois minimes; cela s'indiquait par un demi-cercle pointé au milieu.
Prolation parfaite en temps imparfait; la brève valant deux semirbrèves, et chaque semi-brève valant trois minimes :
HjHj^
ES'c.yr.i.opÉDii': de la misiqve et oictio.VjWaihiî du cos'servatoihe
Lorsque la brève était à l'état de lemps parfait, Mè valait trois nemi-hrùves, mais la prolation était imparfaite quand la semi-brève ne valait que deux minimes- Cela se marquait par le cercle sans point.
Prolation imparfaite en temps parfait; la brève valant trois semi-brèves, et chaque semi-brève valant deux minimes :
^=^^^^^^Ar-^
Enfin, lorsque labrève était en temps imparfait, elle ne valait que deux semi-brèves, et la prolation était imparfaite quand la semi-brève ne valait que deux minimes; cela se marquait par un demi-cercle.
Prolation imparfaite en temps imparfait; la brève valant deux semi-brèves, et chaque semi-brève valant deux minimes :
On peut voir par ces quelques démonstrations en quoi consistaient dans la musique mesurée du milieu du moyen âge le système de la perfection et de l'imperfection et la valeur des signes employés pour l'écriture.
A la vérité, tous les auteurs anciens ont présenté des procédés d'écriture différant entre eux par quelques détails; mais ce qu'il y a de certain c'est que ces quatre signes : cercle pointé, demi-cercle pointé, cercle blanc, demi-cercle blanc, qui furent également traversés par une ligne perpendiculaire, qui faisait perdre aux notes la moitié de leur valeur, indiquaient la manière de subdiviser les valeurs en rythmes ternaires et parfaits ou binaires et imparfaits.
Noire musique moderne a utilisé le demi-cercle pour indiquer la mesure à quatre temps, qui renferme deux mesures à deux temps, et le demi-cercle barré qui est devenu le signe indicateur de la mesure binaire.
Labarre de mesure. — Dans ce système, la valeur des signes de durée indiquait le rythme, le mouvement et la mesure générale du morceau, puisque l'usage de nos barres de mesure, qui détermine si clairement la division des parties mesurées d'un morceau, n'existait pas.
Ce procédé de démonstration du rythme uniquement par la valeur des notes présentait parfois, dans l'ancienne musique mesurée, des cas douteux, « car cette valeur n'était pas constante à cause de l'ordre dans lequel des notes plus longues ou plus courtes se suivaient. Pour éviter ces cas douteux, on introduisit ce signe : sj, appelé punctus caudatus (point à queue) ou, encore, punctus divisionis (point de division) ou punctus separationis (point de séparation), qui avait pour effet de séparer les périodes rythmiques sans affecter la valeur des notes, et qui répondait précisément à la barre moderne, dont il fut le précurseur^ ».
La barre de mesure commença à être usitée au
1. Ces quatre derniers exemples de prolations sont empruntas FoBKEL {Atlijemeine Gescldchte dcr Miuik) (1788-1801).
xvi'' siècle. La Musica instrumental is d'AuHicoLA(l.')29) en contient un des premiers exemples.
C'est à la partie de basse dans la musique à plusieurs voix qu'elle fit sa première apparition; ensuite, la barre de mesure servit à séparer les différentes phrases dans un chant ainsi que chaque vers de la poésie chantée.
Enfin, avant d'adopter la barre d'une mesure, on utilisa les barres de quatre et de deux mesures.
Dans la seconde moitié du xvn= siècle, vers 1660, les barres paraissent de mesure eu mesure, et au début du xviii«, leur usage devient généralement adopté pour l'indication de la division du lemps.
On renonça alors à l'usage des prolations, aux modes parfaits et imparfaits, et à leurs signes représentatifs.
Puis la forme carrée des notes devint arrondie et ovale, et la ronde fut considérée comme la plus grande valeur et comme l'unité de mesure la plus usitée, avec la noire comme unité de lemps.
Exceptionnellement, dans quelques œuvres religieuses d'un style large, ou encore dans les études scolastiques du contrepoint, la carrée resta en usage. On abandonna également l'emploi des pauses de quatre ou de deux mesures pour ne conserver que la pause comme silence d'une mesure et les divisions de celle-ci.
La maxime, la longue, la brève ou carrée, la semibrève ou ronde ont été appelées figures totales, parce qu'elles remplissent toute la mesure. Les valeurs inférieures à la semi-brève ou ronde furent qualifiées figures partiales, parce qu'il en faut plusieurs pour laire une mesure.
Mesures et proportions sesquialtères. — Nos anciens musiciens appelaient mesures sesquialtéres, celles « dont la principale note valait une moitié en sus de sa valeur ordinaire , c'est-à-dire trois des notes dont elle n'aurait autrement valu que deux^;
Les mesures sesquialtéres se marquaient par lescliif-
fres-^.
La particule sesqid vient du latin sesque, qui est une contraction de semisque, de semis, demi. On l'employait anciennement devant certains mots pour exprimer une proportion formée de trois moitiés, ou en d'autres termes de un et demi, c'est-à-dire un en-
tier et une demie. Dans la mesure à trois-deux -il y
a un entier et une moitié ou trois moitiés, parce que cette mesure contient une ronde et une Manche qui est une demi-ronde, ou trois moitiés de ronde, qui sont trois blanches.
Vers la (in du xiv» siècle, on constate l'apparition de l'usage des proiiortions différentes dans la musique à plusieurs parties concertantes.
Lorsque, dans une composition musicale à plusieurs parties simultanées, toutes les voix ont des valeurs semblables, le rapport entre les notes do ces différentes voix est égal. A-u contraire, ce rapport est inégal quand une des voix a des valeurs plus grandes ou plus petites qu'une autre.
La proportion sesqiiialtère avait lieu quand une partie faisait entendre la valeur de trois notes, taiulis que, dans le même temps, une autre partie ne faisait entendre que la valeur de deux.
i. Histoire de la Notation de David et l.ussv (p. IS-i). ■i. J..J. H„os6E*u, Dictionnaire de musique.
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
On distiiifiua ensuile parmi les mesures ternaires, mesures à trois temps qu'on appelait alors mesures triples, plusieurs sortes de mesures sesquialtéres : la sesquialtère imijeure parfaite était une mesure triple marquée par un demi-cercle coupé par quatre barres
dont une verticale et trois horizontales (jrtv «)' o*^ ^*
brève valait trois semi-brèves quoiqu'elle ne fût pas
pointée.
^Dans la sesquialtère majeure impar faite , marquée
par ce signe (1^- , la semi-brève vaut deux minimes
sans être pointée et trois avec un point.
La sesquialtère miiieui-e parfaite était marquée par ce signe O 5, et la semi-brève sans point valait trois
semi-minimes.
La sesquialtère mineure imparfaite était marquée par ce signe C.^- La semi-brève pointée valait trois
minimes et deux sans être pointée.
On appelait alors sesqui-octave la mesure nonuple
que 1 on marquait par ce signe - .
se marquait par ce
SI
La mesure sesqui-quarte
gne-.
Plus lard, le système théorique moderne abandonna l'usage de la préposition sesqui et des cercles et demi-cercles pour indiquer les divisions ternaires et binaires. Les chiffres devinrent les signes indicateurs des diverses sortes de mesure, avec la signification actuelle qu'on leur connaît.
8. La portée. Les clés. — Avant de posséder les cinq lignes que nous lui connaissons dans notre notation actuelle, la portée commença par une.
Dans la notation neumatique à points superposés, les accents neumatiques se trouvaient superposés pour indiquer le degré d'élévation des sons qu'ils devaient e.'iprimer. L'écriture de tous ces points superposés à des distances variant selon les intervalles existant entre les sons dans leur ordre successif.
demandait un soin extrême de la part du copiste pourliien les échelonner et les poser à la hauteur voulue.
Afyi d'arriver à ce résultat, on eut, en premier lieu, l'idée de tracer une ligne autour de laquelle se plaçait chaque note :
fa
sol
On metiait au commencement de la ligne une lettre de l'alphabet latin correspondant à la note qui devait être placée sur cette ligne. A celte époque, on se servait encore des lettres pour l'indication des notes.
Puis, afin de placer les notes à la distance convenable et de permettre au chanteur d'apprécier cette distance, on imagina l'emploi d'une seconde ligne placée au-dessus.
-ir
ré . mi ■ fa soi . la - si . ut . r'e . mi
On voit, placées au commencement de ces deux lignes, la lettre F et la lettre C qui désignaient les' notes fa et ut dans la notation alphabétique.
On ajouta ensuite une troisième ligne commandée par la lettre A, qui désignait la note la.
r'e mi fa soi la si ut
re mi
Enfin, selon que le chant s'étendait vers les sons graves ou vers les sons aigus, on ajoutait une quatrième licne.
Afin que l'œil pût discerner promptement la ligne qui portait la lettre indicatrice du nom de la note placée sur la même ligne qu'elle, cette ligne fut distinguée par une couleur. La ligne portant la lettre F, qui était la lettre indicatrice de la note fa, était tracée à l'encre rouge; pour marquer la lettre C, qui correspondait à la note lU, on la colorait en vert ou en jaune.
Au commencement des deux autres lignes qui n'avaient pas de couleurs, on mettait deux autres des sept premières lettres correspondant aux^^sons à indiquer.
Exemple :
Ligne verte
Ligne rouge
La ligne rouge portail la note fa, la ligne verte Vut. La lettre a indiquait la note la, et la lettre ej la note mi.
Quand le chant descendait, la ligne rouge et la ligne verte montaient, comme dans l'exemple suivant' :
verte rouge
^Cl
T?erte-e-
jge
Ilor
temau — tem
bm