I^art. il, lib. i. b. lu
2. L'inveiiliun de Leu^^ire a élé contestée par plusieurs auteurs, aucun tlocument sérieux n'ayant été trouvé ù cet égarj. D'après ces auteurs, lemuskicii n'aurait fait qu'introduire en France un i}lémenl inventé bien :iv;int lui clie-c d'autres peuples.
Oclave ba7Tce deux fois.
Octave hurrée trois fois.
: z: := ^ ■ etc.
-efee-
a b etc.
Les Allemands se serrent aussi du mot contre (en italien contra) pour les sons les plus graves de la première octave, comme contra F [contre fa) , contra C (contre iit), etc.
En Angleterre, après avoir solflé au moyen dunom des lettres usitées dans la syllabisation musicale, on a presque généralement adopté aujourd'hui dans le solfège l'usage des syllabes do, rc, mi, fa, sol, la, si, que les Anglais écrivent doh, re, me, fa, sol, la, ce. Les syllabes me et ce sont prononcées si et mi.
En Allemagne, on ••Ifie aujourd'hui, presque généralement, avec les syllabes do, ré, mi, fa, sol, la, si.
On chante également les exercices de solfège en vocalisant sur une voyelle.
On peut voir par les lignes précédentes combien les tentatives furent nombreuses pour substituer, dans le solfège, aux syllabes guidoniennes : ut, ré, ■ mi, fa, sol, la, d'autres syllabes qui, dans l'idée de leurs inventeurs, leur paraissaient préférables. Aucune de ces tentatives ne parvint à remplacer les premières.
11. La notation par lettres dans la musique d'orgue. — Vers la fm du w" siècle, la notation par lettres servit à écrire la musique d'orgue, en Allemagne, au moyen de certaines combinaisons. Les sons de l'octave la plus grave étaient représentés par les lettres capitales C, D, E, F, G, A, B (pour si bémol) et
ut Hi; Mi Fa Sol La
H (pour si bécarre) ; les mêmes lettres, en caractères minuscules, représentaient les sons de la deuxième octave, et ces mêmes lettres, surmontées d'un, deux ou trois traits, indiquaient les octaves supérieures. Quelquefois-on marquait le dièss par la lettre e placée à côté de la lettre de la note, et le bémol par la même lettre retournée. La mesure à deux temps était indiquée par un Q, barré, et la mesure à trois temps par le même signe accompagné d'un 3. Un trait vertical placé au-dessus dune lettre indiquait la durée d'une note qui correspondait à la ronde de la musique moderne; le même trait teiminé par un crochet correspondait à la blanche; le trait avec deux crochets équivalait à la noire, avec trois, à la croche, etc. Ce genre de notation, imaginé pour la musique d'orgue et de clavecin, à l'époque où les caractères typographiques pour l'impression de la musique n'existaient pas ou étaient trop imparfaits, était appelé tablature. Il fut abandonné après qu'on eut fait les premiers essais de la gravure sur des planches de cuivre pour la musique compliquée'.
I. Fétis, La Musique à laportée de tout te monde (pages 73 cl 76).
La Tablature. — Nous venons de voir paraître pour la première fois le mot tablature. Quelques explications sont nécessaires au sujet de ce ternie et de son objet, qui se rattache étroitement à l'histoire de la notation musicale.
La tablature signifiait autrefois la (otalité des signes usités pour écrire la musique : notes, lettres, chiffres, signes conventionnels.
11 désigna également un système de nolation par letti'cs ou par chid'res pour certains instruments à cordes pincées et à manche, tels que le luth, le téorbe, le sistre, la viole, la guitare.
Ce système consistait à marquer sur plusieurs lignes parallèles et représentant chacune des cordes de l'instrument certaines lettres de l'alphabet qui indiquaient la manière de faire vibrer les cordes. Par exemple l'A indique qu'il faut faire vibrer la corde à vide, c'est-à-dire sans mettre sur le manche aucun des doigts de la main gauche; le B marque qu'il faut mettre un des doigts de la main gauche sur la première touche depuis le sillet; le C, sur la seconde touche; le D, sur la troisième; l'E, sur la quatrième, etc.
Aujourd'hui, on donne le nom de tablature aux tableaux représentant l'étendue et le doigté des instruments à vent. Des lignes, des chilfres, certains signes particuliers, tracés à côté de la figure de l'instrument, indiquent sur ces tableaux la manière de faire agir les doigts pour obtenir les différents sons.
Pour les instruments à vent et à trous latéraux percés dans le tube, tels que la tlûte, la clarinette, le hautbois, le basson, etc., on reproduit leur forme sur le papier et l'on fait partir de tous les trous des lignes horizontales sur lesquelles, de distance en distance, on trace des petits cercles vides ou pleins. Le cercle vide (O) indique que le trou doit rester ouvert; au contraire le cercle plein (•) fait savoir que le trou doit être bouché parle doigt de l'instrumentiste pour obtenir tel ou tel son désigné. En outre, les lignes verticales tombent perpendiculairement sur des lignes horizontales. En les suivant et en observant les cercles vides ou pleins, on connall quels sont les trous à ouvrir ou à boucher pour obtenir tel ou tel son voulu. Toutes les méthodes d'instruments renferment une tablature de ce genre.
S'il s'agit d'un cor, on marque la position de la main dans le pavillon; s'il s'agit d'instruments à pistons, d'un trombone à coulisse, la tablature indique, pour les premiers, les pistons qui doivent être enfoncés, et pour le second, le degré de tirage des pompes.
TECIIXIQUE. ESTIIÉTIQIK ET VÉnAGnCIE
ORIGINES DE LA NOTATION m
Grande clef
Trille d'ut 1)3 ré 11 .
' II"" doigt
Pouce Clef d'ul...
Z"=2^ doigt
3^!!1^ doigt
f Petit doiqt, .1 Clef de sol #
(r-^ doigt
Z™'doigt
3«I"^doigt
Clef de Mi K
Z\ Clef dut*..
Clef d'ut l.
Trou ouvert Trou ferme Trou '/z ferme
■ Clef ouverte Clef fermée
rv
rv.
1®-° Octave Sons gravas.
^^\i^^>y ^9 jt<^j-9Hc^)'^'J?Q'ff^#^f^
-^^-WVW-W-W
Plusieurs méthodes de clavecin el de piano possèdent la tablature du clavier de ces instruments.
Le mot tablature (en italien tablatura) vient du latin tabula, qui signifie table à écrire, planche, tablette, tableau.
On marquait anciennement sur la table du monocorde (instrument dont on se servait pour analyser le rapport des sons entre eux) des lettres alphabétiques correspondant à chaque son. Quelques auteurs ont pensé que la liible du monocorde sur laquelle était inscrite cette notation alphabétique avait engendré le mot tablattireK
12. Notation au moyen des chiffres. — La notalion au moyen des chifTres eut aussi ses partisans el donna lieu à l'invention de plusieurs systèmes.
Ainsi en 16.39 le père Antolne Parran, dans un Traité de la musique théorique et pratique publié à Paris par Pierre Ballard, propose de figurer les sept sons de l'échelle, soit par les lettres c,d, e,f, g, a, h, soit par les chitfres 1,2, 3, 4, S, 6, 7; proposition dont ridée première semble avoir été commune à
1. Nos fucteups «ie piano motiernes utilisent encore les lettres alphabétiques sur la table intérieure de l'iustrumcnt pour designer les cordes correspondant à chaque sou.
plusieurs Ihéoriciens de la fin du .\vi« siècle et de la première moitié du xvii". Dans le même ouvrage, le père Parran fait mention d'un système d'écriture par nomhres hartnoniqucs , c'est-à-dire au moyen des nombres indiquant les proportions numériques des intervalles.
En 1677, un religieux, le père SoriiAiTTv (Jean-Jacques) publie à Paris une seconde édition d'une Méthode dont la première parut en 1605, dans laquelle il est parlé d'un système représentant les sons ut, ré, mi, fa,fol, /a, si par leschili'res 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7^. Il suppose l'étendue générale des voix et des instruments renfermée dans quatre octaves. La première octave est exprimée par les chill'res suivis d'une virf^ule ; la seconde, par les chifTres simples; la troisième, par les mêmes chilTres suivis d'un point ; el la quatrième, par les chiffres suivis d'un point et virgule.
Cette méthode n'était applicable qu'à la notation du plain-chant.
Le 22 aoiit 1742, Jean-Jacques Rol!s=;eal' lit à ['.académie, à Paris, un mémoire dans lequel il Jette les bases d'un nouveau système d'écriture et de notation destiné à faciliter l'enseignement populaire de la musique.
i. Uioi/raphie des mu-^icic/is de Fétis (article Sochaitty).
ENcvr.inpÉniE de la musiove et dictionnaire du conseuvatoire
Dans ce système, on trouve : 1° le remplacement de toutes les gammes dans les diiférents tons par )a gamme modale d'!(( majeur et celle de la mineur prises à la hauteur du ton indiqué à la clé ; 2° le remplacement de l'écriture ordinaire sur la portée de cinq lignes par l'éciilure au moyen des chilTres.
Les sept sons de la gamme sont représentés par les sept premiers chiffres simples pour les notes naturelles, barrés par un accent aigu pour les notes diésées ou par un accent grave pour celles bémolisées.
Le changement d'octave est indiqué par un point au-dessus du premier cidjfre d'une série plus aiguë, au-dessous du premier chiffre d'une série plus grave.
Lorsqu'on a changement de ton, le nom du nouveau ton, indiqué au-dessus de la tonique ancienne, lui est substitué, et on lit encore dans le ton d'ut.
La mesure est désignée par le chili're 2 (pour 2 ou 4) ou 3 (pour 3 ou 6). Les temps sont séparés par une virgule et les notes comprises entre deux virgules sont considérées comme notes d'égales valeurs.
La croclie est indiquée par un petit trait horizontal sous le chili're (ou sous deux chilFres pour deu.x croches divisant un temps). Pour désigner une croche et deux doubles, Rousseau met une petite ligne louchant ces deux doubles et une ligne plus grande embrassant les trois noies, comme l'ancienne écriture.
Pour la prolongation d'un son, ou même d'un silence, il se sert du point, qui vaut un temps s'il est placé entre deux virgules, ou une moitié, un tiers ou un quart de temps, s'il est placé avec un, deux ou trois sons (entre deux virgules).
Ton de Mi . Symphonie temps £asse continue