‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 226 sur 330 · De monos, mot grec qui signifî-? seul · texte numérisé non relu

De monos, mot grec qui signifî-? seul

Par ce procédé, les élevés recoimaisseiit immédiatement chacun des degrés de la gamme, à quelque ton que cette gamme soit appliquée. Il pouvait être appelé à rendre des services au début des études musicales; mais, comme cela a lieu avec la notatioE chiffrée, il fallait toujours en revenir plus lard, dans la pratique, à ta notation ordinaire. C'est pour cette raison que la notation monogammique et la notation chiffrée n'ont pas été universellement adoptées, malgré l'ingéniosité de leur procédé et leur but, si utile, de faciliter l'étude du solfège en réduisant la multiplicité des signes musicaux.

. n. Langue musicale universelle. Téléphonie. —

Bien qu'ayant un rapport très éloigné avec la notation musicale, il m'a paru intéressant de signaler à la connaissance du lecteur un système de langue musicale universelle utilisant les sept noms de notes de la musique, lesquelles combinées entre elles de dilferentes manières correspondent conventionnellement, au moyen de leurs combinaisons variées, à tous les mots usuels du langage.

Cette langue musicale était universelle, parce qu'elle founiissuil à tous les dillérents peuples de la terre le moyen de se comprendre réciproquement. Elle était parlée lorsqu'on prononçait les sept noms de notes : do, ré. mi, fa, sol, la, si. Elle était écrite lorsque ces mêmes notes étaient tracées sur le papier. Elle était muette lorsque les notes correspon- -laient aux doigts de la main. Enfin elle était occulte lorsque le sourd-muet les faisait reconnaître à l'aveugle par une légère pression.

On voit, par cette courte explication que j'emprunte à l'auteur, que tous les hommes de la terre, lors même que la plupart d'entre eux seraient sourds, aveugles ou muets, trouveraient dans cette nouvelle langue un moyen de pouvoir communiquer leurs pensées.

Cette invention avait été imaginée par François SuDRE,et sa méthode fut publiée, non sans éclat, par les soins de sa veuve en 1865, à Paris, après avoir été expérimentée de longues années auparavant avec succès, sans parvenir cependant à se faire adopter définitivement.

François Sl'dre avait également proposé en 1850 un système de téléphonie qui fut appliqué avec de sérieux résultats par la guerre et la marine.

Il employait à cet elfet trois notes seulement {soldo-sol), données par le clairon, le tambour ou le canon, et il les combinait comme les signaux du télégraphe, en leur attribuant une valeur analogue.

D'après François Sudre, le mot téléphonie^ldu grec télé, loin, et phôné, voix), qui exprimait l'art dé correspondre à de grandes distances à l'aide du sor, aurait été imaginé par l'Institut pour baptiser sorî invention.

18. Résumé. — Cette étude sur les origines de la notation musicale moderne nous apprend que l'écriture des signes musicaux fut, à diverses époques, l'objet d'un grand nombre de recherches. Tous les systèmes imaginés se rapportent à trois procédés principaux : les lettres, les chiffres, les signes conventionnels : figures de notes, de silences, etc.

Mous avons vu les Grecs de l'antiquité faire usa"e des lettres de leur alphabet dans la notation musicale. Le moyen âge utdise également les lettres pour représenter les sons. A côté de la notation alphabétique, le moyen âge imagine la notation neumatique

EM.yCLOPÉDIE DE LA MVSKjUE ET niCTln.WAinE DU r.ONSEliVAroiHE

au moyen de signes d'accents qui, Je transformations en transformations successives, conduisent à la notation carrée noire du plain-cliaut. A cette dernière succède la notation hlanche. Puis, les notes en forme carrée prennent la forme losange. Enfin, apparaît, vers le milieu du xviii= siècle, la notation <noderne avec ses notes à forme arrondie, ovalisée.

19. Épilogue. — La notation musicale a subi un mouvement de transfoi'mation progressive parallèle à celui qui s'est opéré dans la composition musicale et la facture instrumenlale. A mesure que celles-ci s'enrichissaient par de nouvelles inventions, il fallait des procédés nouveaux pour les exprimer par l'écrilure.

Les progrès de la notation musicale et ceux de la pensée créatrice lurent toujours solidaires les uns des autres.

Toute œuvre humaine commence sous une forme imparfaite, et n'atteint son degré de perfection qu'après de nombreuses transformations successives. Telle que nous la possédons aujourd'hui, la notation musicale exprime avec clarté la pensée du compositeur. Est-elle, pour celte laison, absolument par-

faite? .\ous ne le pensons pas, et nous la croyons destinée à subir encore quelques modifications, sinon dans son ensemble, du moins dans quelquesuns de ses éléments.

Plusieurs systèmes ont été imaginés à diverses époques et aussi à notre époque contemporaine par de vaillants inventeurs. Le but poursuivi par eux a toujours été de diminuer le nombre des signes usités et de faciliter l'écriture et la lecture de la musique. Malgré leur ingéniosité et leurs mérites, aucun de ces systèmes, jusqu'à ce jour, n'est parvenu à démolir les vieux usages, dont la solidité nous parait dilficile à ébranler!...

Hélas! que d'inventions dont les mérites sont indéniables n'ont pu parvenir à se faire adopter! La destinée des hommes et des choses est insondable; mais ces hommes et ces choses n'en auront pas moins jeté dans le monde des éléments de progrès utiles à la société, aux sciences et aux arts!

Paul Rougnon.

Addiîndcm. — Bil/liograpliie. — On consultera le récent ouvrage de M. Johannès Wolf : Hamlbuch der NotuUons Kumie, 2 vol. in-S", Leipzig, Breilkopf et Hartel. (n. d. i,. u.)

ACOLSTIOUE MUSICALE

Par M. le Professeur QARIEL

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