DES VIBRATIONS
28. Des vibrations. — Comme nous le dirons dans le chapitre suivant, les conditions normales de la production d'une sensation sonore sont : l'existence d'un corps vibrant et la propagation des vibrations de celui-ci jusqu'à l'oreille de l'auditeur. Aussi, toute étude de l'acoustique comporte-t-elle nécessairement l'étude de la vibration des corps élastiques et celle de la propagation des vibrations dans les milieux élastiques.
.\ous nous occuperons d'abord de la vibralion des corps élastiques, qui peuvent être solides, liquides
EA'CyCLOPÉ/UE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERWiTOIHE
Ou gazeux. Sauf des cas très spéciaux el rares, les liquides ne sont pas utilisés comme corps sonores; aussi, nous ne nous y arrêterons que peu el nous étudierons successivement les corps solides et les corps yazeux, en bornant cette étude à ce qu'elle contient d'essentiel pour la queslioa qui nous occupe.
Considérons un corps solide à uue température quelconque, mais que nous supposons invariable; il a uue forme déterminée, qu'il conserve tant qu'il ne subit pas l'action de causes e.vtérieures, de forces. Si, dans des couditious convenables, on le soumet à l'action de forces, ce solide subira une déformation (qui pourra être accompafjnée d'un changeaient de volume dout nous ne nous occuperons pas); cette déformation subsistera tant que le corps subira l'action des forces auxquelles il est soumis.
Supprimous les forces qui agissaient sur ce corps; il en peut résulter deux eliets différents :
1° Le corps, plus ou moins rapidement, revient à sa forme primitive; toute trace de déformation a disparu ;
2° Après un temps quelconque, il subsiste une déformation plus ou moins accentuée.
Dans le premier cas, qui est le seul dont nous ayons à nous occupai-, le corps est dit corps élastique.
29. — Considérons une lame élastique AB, une lame de scie pour fixer les idées, dont une extrémité
^ B est pincée invariablement dans un
étau ; abandonnée à elle-même, elle prend une position d'équilibre qui correspond à une forme rectiligne; elle prend une forme courbe si nous appliquons une force à son extrémité libre A, si par exemple nous exerçons sur celle-ci avec la main une traction dans une direction perpendiculaire au plat de la lame.
Lorsque nous abandonnons cette extrémité, la lame, eu vertu de son élasticité, tend à revenir à sa position d'équilibre, c'est-à-dire à redevenir rectiligne; elle se met en mouvement et parvient à cette positiou d'équilibre, mais elle la dépasse en vertu de la vitesse acquise et prend une forme courbe du côté opposé à celui où elle se trouvait d'abord, en perdant peu à peu sa vitesse; lorsque celle-ci est anuulée, le mouvement cesse; mais la lame, encore écartée de sa position d'équilibre, ne peut conserver la forme qu'elle a prise el dans laquelle elle se trouve dans la même condition que celle qu'elle avait précédemment, sauf qu'elle est du côté opposé. Aussi, le même effet va-t-il se reproduire; la lame commence à se mouvoir, mais dans le sens contraire de celui du premier mouvement observé. Au sens prés, les conditions sont les mêmes, aussi, les elFets se reproduiront-ils au sens près. La lame repassera à la position d'équilibre, la dépassera et reviendra k sa position première; à partir de cet instant, naturellement, les mêmes elFets se reproduiront. On dit que le corps oscille, qu'il a un mouvement d'oscillation, qu'il exécute des vibi-ations.
On peut avoir uue idée nette du mouvement qui 3e manifeste ainsi en le comparant à celui d'un pendule (balancier d'une liorloge) ou d'un fil à plomb qu'on a abandonné à lui-«iême après l'avoir écarté de la verticale.