‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 23 sur 330 · On s'en rend compte d'après la Marche turque de Mozaut · texte numérisé non relu

On s'en rend compte d'après la Marche turque de Mozaut

2. (Celle-ci, parait-il, des plus séduisantes, au dire de tous les artistes *iui les entendirent; mais, croyons-nous, nul musicien n'a pu s'en allop !à-bas, pour la joie de ses oreilles et de ses yeux ; c'est grand dommage, il en rapporterait une riche moisson.

3. Citons notamment : la Bluipsodie catnbodgienne, de Bodbgault- DvcovDRW ; la Princesse jaune et le Cinquième concerto, de Sai^t- SATS5;\'.inneau de Citkountatd, lie M. Pierke de BnéviLi-E ; Madame Chrysanthème, de M. Messager ; les Pagodes, de Claude Debcssy ; les Mélodies exotiques, de M. René Lenoumand; Asie, de M. Ravet, ; les Poèmes hindous^ de M. Delage; les Evocations, de M. A. Roussel; la

puisse être d'un autre esprit que celui des Mélodie exotiques de M. Lenormand, où l'on entend chante l'dme de Rarahu. Chose curieuse, cet esprit se retrouve également en certains des airs péruviens notés par M. et W^" d'Harcourt. On nous objectera donc qu'il est peu scientifique de mélanger ainsi les races, confondant les Incas et les Maoris; mais peut-être existet-il plus de rapports qu'on ne le croit entre ces deux civilisations, qui furent avant tout d'art et de sentiment, et de gravité naïve». [L'ihjmne au soleil pourrait avoir pris naissance à Tahiti, alors que, nettement, il ne saurait être arabe, ni japonais.) — Les Poèmes hindous de M. Delage, écrits au retour d'un voyage aux Indes, sont-ils inspirés directement de motifs locaux'? Nous ne le pensons pas. Mais la Naissance de Bouddha forme un tout si homogène, d'une couleur locale si précise, que l'art du compositeur s'est véritablement fondu avec celui du pays même qu'il décrit. En pareil cas, plusieurs des nôtres ont créé des formes particulières, presque en dehors du langage et des sentiments européens : ce que fit naguère à Tahiti le peintre Gauguin.

Il faudrait accorder une place spéciale à Vorientalismc, étudier dans quelle mesure, par les moyens occidentaux, nos virtuoses de l'harmonie ont pu nous évoquer les inflexions étrangement subtiles de la musique des Arabes. Ceux-ci, sans doute, jugeraient sévèrement ces sortes de transcriptions, car elles ne sont que des « à peu près », et nous craignons fort que ces équivalents ne leur semblent barbares. Cependant il en est résulté des œuvres souvent charmantes, d'intense couleur locale, — mais dans lesquelles interviennent d'autres éléments que ceux de la simple mélodie; les accords, les modulations ont traduit l'inexprimable, remplaçant à leur manière l'originale mélopée du genre que les Grecs appelaient enharmonique (elle employait les tiers et les quarts de tons, selon toute apparence). Il serait difficile ici Je recourir aux exemples, car seul tout le développement de la phrase musicale peut rendre le caractère « islamique » cherché par le compositeur. Mais un art qui va du Désert, de F. David, de Medjé, do GouNOD, des Adieux de l'hôtesse arabe et de Djamileh, de BizET, des Mélodies persanes, de Saint-Saens, des

Rhapsodie nègre, de M. Poulenc: la musique de scil;ne de Sidhàrtâ, de M'a» Jeanne HERSCHEn-CLÉME.NT ; Sur la ptage lointaine, de M. Charles Ki>:cHLiN, le .Sommeil des Bouddhas, de M. Grassi, etc.

4. Ceci n'est qu'une impression; il va sans dire qu'une étude plus approfondie sprait jiécessaire.

5. Ces gammes n'ont pas de demi-ton; elles correspondent aux diverses toniques do, ré, mi, sol, la, et n'emploient que ces notes mêmes.

6. Voyez, à ce sujet, la comparaison entre les antiques civilisations du Pérou et du Mexique, dans V Inégalité des races humaines du comte de Gobineau,

Roses â'hpahan, de M. G. Fauré, jusqu'à Màrouf, de M. Radaud, Shéhérazade, de M. Ravel, la Siilamite, de Chabrier, les Roses, de M. Lenormand, les Chants du harem, de M. Maxd'Ollone, le Harem du vice-roi, de M. Roland Manuel, les Heures persanes, de M. Ch. Kœchlin, montre sa richesse et son extrême diversité .

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