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LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE

i;>7. — L'étude des instruments de musique peut être faite à divers poinis de vue : on peut les étuilier au point de vue du mécanisme qui leur lait rendre des sons déterminés, au point de vue de l'exécutanl ; on peut les étudier au point de vue des effets ipi'ils produisent, de la manière dont ils peuvent être nlilisés, au point de vue du compositeur.

Enlin, et c'est là seulement le point de vue orinou? avons à nous placer, on peut clierclier à montrer comment s'y trouvent appliqués les principes que nous avons exposés précédemmi'nl ; c'est le ponit de vue du pliysicien, de l'acousticien.

Pour l'aire cette étude, il serait commotle de pouvoir établir une classilicalion rationnelle de ces ins-

TECII.SlnUE, liSTfliriJQLE ET l'ÈDAGOOIE

Iriirnenls; une telle classilicalion n'existe pas. Klle (■xigerait il'ailleurs de si nomliieiises divisions cl subdivisions i|irellc n'aurait qu'une iililité liiniléc.

11 n'en est pas moins vrai qu'il y a des séries d'ins- Irunicnls qui piésenlent de telles analof;ies qu'ils constituent de vraies familles et qu'il convient de les rapprocher dans leur étude.

Mais il n'y a pas d'ordre logique qu'on puisse étahlir entre ces familles et il y a tels instruments qui, à ce point de vue, restent isolés.

Voici l'ordic que nous avons adopté.

.Nous examinerons d'abord les instruments qui entrent plus ou moins généralement dans la composition d'un orclieslre, à savoir :

Instruments à cordes, quatuor;

Instruments à veni, avec diverses subdivisions;

Uatteiie ;

Orgue ;

Piano;

Harpe.

INous passerons ensuite en revue, presque sans ordre, divers instruments qui ne sont guère utilisés qu'à l'état isolé, ou qui, même, ne sont pas réellement utilisés, mais qui présentent certaines p'articularilés méritant d'être signalées.

Nous supposerons d'ailleurs connue la l'orme de ces instruments, que nous ne décrirons pas en ilélail.

l.'iS. Quatuor. — Le quatuor, qui est la partie fondamentale de l'orcliesti'e, comprend : le violon, l'alto, le violoncelle et la contrebasse. Uiiïérents au point de vue de la hauteur des sons et des ell'ets qu'ils produisent, ces quatre instruments sont basés sur les mêmes principes et fonctionnent d'une même manière; aussi, au point de vue acoustique, snflîra-t-il d'en étudier un plus spécialement : le violon.

Le violon est un instrument à cordes ; les cordes sont mises en vibiation généralement par le frotlement d'un archet enduit de colophane, exceptionnellement par le pincement à l'aide des doigts (pizzicaiol. Les vibi allons des cordes, qui seules ne donneraient que des sons de faible intensité, sont transmises par l'intermédiaire du chevalet au coi ps de l'instrument, qui est une caisse de résonance dont les tables vibrent ainsi que la niasse d'air comprise à rinléiieiir de la caisse; cette masse d'air communique avec l'air extérieur par les /' et lui transmet ses vibrations.

Les cordes, au nombre de quatre, ont la même longueur; elles sont accordées de quinte en quinte (sauf pour la contrebasse); la deuxième corde du violon et la première de l'alto doivent donner le la^, note qui, nous l'avons dit, est fournie par le diapason étalon ; la première corde du violoncelle donne le la,. La conirehasse est accordée de quarte en quarte et sa première corde donne le sol i (contrebasse à quatre cordes).

La longueur étant la même pour les dill'érentes cordes d'un même instiument, la dilTérence de hauteur des notes qu'elles rendent est obtenue d'abord par la dilféience des diamètres des cordes, celles qui doivent rendre les notes les plus aiguës étant les plus fines; imis, pour éviter de donner aus cordes graves un trop grand diamèlre, on augmente leui' densité moyenne en les recouvrant d'un fil métallique enroulé «n hélice. Kntin, on obtient pour chaque corde le son qu'elle doit rendre en modifiant la tension.

i;n modilîant à volonté le diamètre, la densité et la tension, on peut faire rendre à une corde de longueur donnée tous les sons plus aigus que celui qui

est fourni par la corde amenée an minimum de rigiilité. 11 y a donc indélerminalion sni' le choi.x des cordes: c'est l'observation qui a l'ait connaître celles ipii donnent les meilleurs résultais, et on continue à les employer telles que la tradition les a fait connaître.

l'nA.xcŒUR indique ijue, de son leuips (xvui'= siècle), la chanterelle du violon devait être tendue par une force équivalente à un poids de di.s-neuf livres, le la par une force de dix- sept livres, le ri< par une force de quinze livres, et le sol par une force de treize livres, soit en totalité soixanle-(|uatre livres. iMais, dit il, le dia|>uson s'étanl élevé et le diamètre des coi'des s'étant accru, la force totale s'est élevée à quarante kilogrammes. C'est également cette force (quatre-vingts livres) qu'indique Sav.art.

Delkzenne a fait des recherches directes et il a trouvé les nombres suivants :

Violon

lu

de 7 190

li 0 10 r 5 20'.l

iii -i son

VUo

lu

sol

lit

.•ÎS84

. 2.'î im 4

Violoncelle.

tu

re

sol

:il

Tension totale.

Conlrebassc à 3 corJe^. lu 85 SIS

■iOl 47 118

Tension totale 16945i

Delezenne pensait qu'il y aurait intérêt à modifier' ces tensions, ce à quoi on arriverait facilement en changeant les diamètres des cordes, de inanier'e à ce que la tension fût la même pour toutes les cordes d'un même instrument. Il était conduit à cette idée par des considérations tbéoi-iqnes ; mais il a fait des expériences sur des inslruinenls montés de manière à satislaire à cette condition, et il <lil avoir obtenu de bons elîets comme sonorité.

11 n'est pas sans intérêt de connaître la pression transmise à la tahle par le chevalet. Uelezenxe a déduit de ses expériences les résultats suivants :

La pression transmise à la table varie :

Pour le violon de 0 lig. à 11kg.

— l'alto Il 14

— le violoncelle . 19,5 24,!;

— la contrebasse. 110 116

Pour compléter ces données, nous dirons que les cordes ont pour les instruments du quatuor des longueurs voisines des suivantes (il s'agit bien entendu de la partie vibrante, c'est-à-dire celle qui est comprise entre le sillet et le chevalet) :

Violon :i26"'"

Alto ;i46

Violoncelle . 087

Contrebasse, llli-

j!19. — L'idée émise par Delezenne que, pour obtenir de bons résultats, les diverses cordes d'un même instrument doivent être soumises à la même tension,

ENCyCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSEliVATOtRE

ne parait hasée sur aucune observation précise; elle ne concorde pas avec les ehilf'res qu'il a donnés lesquels nioiitreiilqMe cette condition n'est réalisée pour aucun des inslrumenls qu'il a étudiés. On pourrait remplacer cette hypothèse par une autre, telle que celle-ci : il convient que la variation de tension soit régulière et continue en passant de chaque corde à la suivante. On voit, en comparant les chilîres donnés par Uelkzen'ne, que cette condition est sensiblement satisfaite pour le violon et pour l'alto, mais qu'elle ne l'est ni pour le violoncelle, ni pour la contrebasse.

Il était intéressant de savoir à quel résultat on pouvait airi ver en réalisant Cette condition; mais, jusqu'à ces derniers temps, la question était presque insoluble, car ce n'était que par des làlonnemenls laits au hasard que l'on clificlrait les cordes convenables.

M. Lyon a mené à bi^n une étude dont les résultats permettent de résoirdre le problème. A la suite de nombrerrses expériences, il a trouvé une relation qui doit exisler entre le diamètre d'une corde et sa densité (ou le poids du mètre courant), d'une part, et sa tension pour que, porrr une longueur donnée, elle rende un son déterminé. D'autre part, il a dressé un tableau 1res complet indiquant quelle doit être la composition d'une corde filée poui' que, pour un diamètre déterminé, elle ait une densité également déterminée

Partant de ces données, on a pu monter des instruments dont les tensions des cordes variaient continûment suivant rrne loi qu'on s'imposait à l'avance; quand les résultats n'étaient pas salisl'aisants, quand certaines cordes présentaient une sonorité mauvaise ou fout antre défaut, on modifiait la loi qu'on s'était imposée à prinri; il fut possible alors d'obtenir des instruments devenus melilerir-s que ce qu'ils étaient avec les cordes employées primitivement.

Une épreuve fut particulièrement concluante à ce "Siujet (et c'est à cette occasion que M. Lyon fut conduit à faire les recherches que nous signalons) ; il s'agissait de déterminer à quelles conditions devait satisfaire une cinquième corde qu'on ajouterait à la contrebasse pour produire le contre-ut (t(<-i). Les tableaux dont nous venons de parler permirent d'abord de déterminer le diamètre et la densité d'une telle corde, puis de faire connaître de quels éléments elle devait être constituée, puisqu'on connaissait sa longueur et le son qu'elle devait rendre. La corde fut établie d'après lesconditiorrs indiquées et fournrt le résultat cherché d'une manière complètement satisfaisante.

11 semble donc résulter de ces recherches qu'il ne faut pas prendre les cordes à peu près au hasard et les tendre jusqu'à ce qu'elles rendent le son cherché, la tension étant alors quelconque; mais qu'il convient, au contraire, de faire choix à l'avance d'une tension pour chaque corde et de déterminer le diamètre et la derrsilé de telle façon que, pour cette tension, le son rendu soit celui qui doit être entendu.

Voici les formules qui, d'après M. Lyon, font connaître la relation qui doit exister entre la tension T de la corde exprimée en kilogrammes et le poids P exprimé en grammes par mètre courant pour le violon (longrreur de la corde 325 mm.) et pour le violoncelle (longueur de la corde 70S mm.).

\ lOI.ON

Siil F = 0,61688 T

Uc 1' = 0,27505 T

lin 1'= 0,1 2209 T

Mi P=:0,05iOO T

MOLONCKLr.IC

Ut p=i,i!);;:; t

Sol P = 0.527 lil T

/(,■ l> = 0,2;i5IO T

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